Un grand coup pour le Groupe Puitbec
Spécialisé principalement dans les puits artésiens, le Groupe Puitbec de Saint-Samuel a récemment conclu une vente importante avec un client du Vermont aux États-Unis : une foreuse incluant le camion et la remorque pour une somme de 1,4 M $.
“Nous n’avions jamais réalisé une telle vente jusqu’ici”, se réjouit le président de l’entreprise Simon Massé.
Une telle transaction, croit-il, ne serait pas étrangère à la présence de plus en plus grande du Groupe Puitbec sur les médias sociaux au cours des dernières années. “Les réseaux sociaux nous ont permis de montrer notre savoir-faire familial qui fait l’envie de bien des gens”, souligne le président.
La récente transaction avec le client américain s’est effectuée très rapidement. “Il est venu nous voir ici, mais il a à peine jeté un œil sur la foreuse. Il voulait surtout, je pense, voir qui on était, du bon monde. Nous l’avons emmené manger une poutine à la Fromagerie Victoria. On a à peine parlé de la foreuse. Le lendemain, il effectuait un dépôt de 400 000 $”, raconte Simon Massé.
L’entreprise effectuera la livraison de la foreuse vers la mi-octobre.
Foreuse usagée
Le Groupe Puitbec, explique le président, n’est pas intéressé à devenir un fabricant de foreuses. “Nous n’avons pas l’intention de vendre des foreuses neuves. Nous sommes un petit joueur, la compétition est trop grande”, note-t-il
À même son département de fabrication (appelé Nordic Drill), le Groupe Puitbec fabrique ses foreuses sur place à Saint-Samuel, faisant affaire pour différentes composantes à des entreprises de la région, notamment de Victoriaville.
“La foreuse neuve est intégrée dans notre flotte. On l’utilise un certain temps, puis on la revend”, indique le président. “On en a fabriqué 11 à ce jour et on les a tous vendues usagées. Et tous les acheteurs sont devenus des amis”, observe-t-il.
En plus de fabriquer des foreuses, Groupe Puitbec convertit des foreuses standards en double rotation. “C’est la méthode de forage que nous préconisons, étant convaincus que c’est la façon de faire aujourd’hui”, assure Simon Massé ajoutant que l’entreprise vend énormément d’équipements de double rotation chaque année aux États-Unis, notamment.
Des montages en double rotation qui, dit-il, se vendent chacun entre 150 000 $ et 200 000 $.
Le Groupe Puitbec, en fait, dessert un marché nord-américain. La guerre tarifaire a-t-elle un impact? Difficile à évaluer, répond Simon Massé. “C’est un marché nouveau en expansion pour nous et qui continue de monter. On n’a pas de comparatif pour mesurer, signale-t-il. Mais je sens tout de même que ça a un impact. On l’entend. On nous dit qu’on devrait s’installer aux États-Unis, que ce serait plus simple.”
Simon Massé laisse entendre qu’une présence en sol américain n’est peut-être pas exclue. “Peut-être avec un centre de distribution, mais certainement pas une usine de fabrication. De toute façon, tranche-t-il, il n’y a pas lieu pour le moment d’y établir un centre de distribution. Nous sommes encore petits, mais le marché est en expansion.”
Chez nous, le Groupe Puitbec démontre son savoir-faire un peu partout au Québec, mais principalement dans les régions du Centre-du-Québec, de la Mauricie, de l’Abitibi et de Lanaudière.
L’entreprise enregistre une croissance annuelle de son chiffre d’affaires d’environ 15% depuis quelques années. “Notre croissance est stable et contrôlée, tout comme nos finances. Je ne suis pas certain qu’on a ce qu’il faut pour tripler notre chiffre d’affaires, par exemple”, souligne le président.
Une histoire de famille
L’histoire du Groupe Puitbec remonte à près de 80 ans. Le grand-père de Simon, Jean-Marie, a démarré l’entreprise JM Massé en 1947 à Saint-Samuel.
C’est véritablement une histoire de famille, mais aussi de village. Aujourd’hui, Simon et ses deux frères Jonathan et Donnald, tous natifs de Saint-Samuel, sont les actionnaires de l’entreprise. “Nous sommes la troisième génération, mais le printemps 2026 marquera la phase un du passage à la quatrième génération dans l’actionnariat”, annonce-t-il. Même qu’une cinquième génération se pointe à l’horizon.
Parmi les 40 employés de Puitbec, dont 16 résidents de Saint-Samuel, on retrouve deux cousins, ainsi que six neveux et nièces, à savoir les enfants des trois actionnaires.
C’est au tournant des années 2000 qu’on a vu apparaître le nom Groupe Puitbec qui a assuré une présence d’une quarantaine d’années à Victoriaville à partir de 1984.
Mais en 2024, l’entreprise emménage dans de nouveaux locaux flambant neufs à Saint-Samuel. “On s’est rapproché de nos sources, de nos racines”, mentionne Simon Massé.
Le président rappelle aussi qu’il y a 10 ans, en 2015, l’entreprise décide de réorienter son marché vers les puits résidentiels et agricoles. “Des clients de campagne, comme nous sommes nous-mêmes des gens de campagne. Avant, on faisait beaucoup de géothermie et beaucoup de puits municipaux. On en fait encore un peu, mais c’est un plus petit marché. Notre clientèle se trouve principalement en campagne. C’est notre monde”, indique-t-il, ajoutant que depuis une dizaine d’années, Puitbec réalise le plus grand nombre de puits au Québec dans son domaine.
La main-d’œuvre
Le Groupe Puitbec, fait savoir Simon Massé, est toujours en mode recrutement, à la recherche de jeunes talents. “On a beaucoup de jeunes au sein de l’entreprise, fait-il remarquer. Le métier de foreur en est un passionnant. Tu vis d’aventures, il n’y a pas deux puits pareils, tu voyages. On est constamment à la recherche de jeunes qui veulent faire des puits, un métier qui ne s’apprend pas à l’école.”
“On recherche des électromécaniciens, des chauffeurs et des foreurs. On recherche des jeunes motivés, curieux, intéressés d’apprendre un métier, on les forme sur place”, ajoute Ella Pucheu, directrice des ressources humaines et des opérations.
“Stéphane, notre foreur le plus ancien, renchérit Simon, on l’a sorti du forage pour soutenir et accompagner les jeunes qui commencent dans le métier.”
Réputation enviable
Le Groupe Puitbec jouit d’une excellente réputation dans son domaine. Pas étonnant donc qu’un forage démonstratif effectué à Saint-Samuel ait attiré des entreprises non seulement du Québec, mais aussi de l’Ontario, du Nouveau-Brunswick, de l’État du Maine, du New Hampshire et de l’État de New York. “Plusieurs d’entre elles sont devenues des clientes, confie-t-il. On a organisé aussi une telle journée au Maine en raison de notre forte présence dans le nord-est des États-Unis.”
Il a décliné l’invitation, mais on avait même invité Simon Massé comme conférencier à Las Vegas lors d’un rassemblement de l’industrie.
Simon Massé a beau avoir le titre de président de l’entreprise, mais il est bien loin de passer toutes ses journées derrière son bureau. “J’ai étudié en géologie, c’est dans le forage de puits et la compréhension du sol que je suis le meilleur”, révèle-t-il.
Manque d’eau
Le peu de précipitations cet été au Québec s’est traduit par une demande accrue auprès du Groupe Puitbec.
Son président constate toutefois que des situations de sécheresse surviennent assez régulièrement. “On n’est pas si loin de la normalité des choses. Mais il est vrai que je n’ai pas vu la rivière aussi basse pendant aussi longtemps à Saint-Samuel, constate-t-il. La situation actuelle rend plus vulnérables les puits de surface.”
