Sentier Les Pieds d’Or : 25 ans d’embellissement et de bénévolat

Cette année, cela fait 25 ans que le Sentier Les Pieds d’Or de Tingwick accueille les marcheurs dans son environnement. Tout cela grâce au travail de quelques bénévoles passionnés, dont la fondatrice des lieux, Antoinette Paradis.

Celle-ci, du haut de ses 86 ans, ne compte pas les heures passées à l’entretien de ce sentier qu’elle a fondé en l’an 2000. En parcourant les 2.5 km que propose l’endroit, elle rappelle l’histoire de la naissance du lieu qui accueille toujours les visiteurs d’un peu partout. Dès l’entrée, l’anniversaire est souligné. En effet, Antoinette a mis en place une installation avec une dame (qui a son visage d’ailleurs) avec un corps fabriqué de grillage à poule. Bien en vue, un gros “25 ans” souligne l’anniversaire de ce jardin art et nature dont elle est si fière.

En déambulant, elle se souvient qu’aux environs de 1985, elle était allée danser avec son mari, Hertel Crète, et que l’animateur de la soirée avait demandé s’il y avait un club de marche à Tingwick. Il n’en fallait pas plus pour qu’Antoinette se lance dans la fondation d’un tel club qui a rapidement accueilli un bon groupe de marcheurs. “Nous faisions des visites d’industries et un été nous sommes allés à Warwick au parc Étoile d’Or. Là quelqu’un a dit qu’à Tingwick, on était trop pauvre pour avoir ça”, se souvient Mme Paradis. Prenant cette remarque pour un défi, la femme s’est lancée dans l’aventure, souhaitant offrir initialement un boisé pour ses marcheurs afin qu’ils profitent de l’énergie de la forêt.

“Au départ on est partis avec 1500 $ provenant de la Municipalité et du Rodéo mécanique”, rappelle-t-elle. Tingwick a également accepté que le terrain derrière le bâtiment municipal, un dépotoir comme l’appelle Mme Paradis, serve de lieu de marche.

“Il n’y avait rien à ce moment. On a rapidement délimité les chemins et ensuite une vingtaine d’hommes sont venus les faire bénévolement”, se souvient-elle. C’est ainsi que les premiers visiteurs ont été accueillis en l’an 2000. “Il y a eu beaucoup d’entraide dans tout ça”, soutient la fondatrice. C’est encore le cas alors que l’organisme reçoit différents dons de personnes pour qui l’endroit est important.

Quelques bénévoles demeurent aussi fidèles à l’endroit même si plusieurs sont aujourd’hui décédés. Mme Paradis peut ainsi compter aujourd’hui sur Jean-Claude Caron, son bras droit comme elle le qualifie, Léo Pouliot, Lucien Roy et Louise Plourde. Chaque personne a sa spécialité et œuvre au maintien et à l’entretien du sentier.

Actuellement, 80 différents aménagements, initiés par des individus ou des groupes, racontent la vie de Tingwick et de ses gens. Il y en a pour tous les goûts. À cela s’ajoutent des bancs, des tables à pique-nique, un grand chapiteau, bref de quoi passer un bon moment. Le Sentier, qui est désormais un OBNL, est même entièrement électrifié depuis peu. En effet, un investissement important a été réalisé afin d’installer des poteaux avec des lumières DEL partout dans les sentiers et ainsi offrir un éclairage nocturne. La toilette a également été entièrement rénovée et aménagée au goût du jour.

Si les visiteurs sont toujours heureux de venir y marcher et découvrir les nouveautés, les bénévoles ne se bousculent pas pour venir sarcler ou ramasser les feuilles. Pourtant, l’endroit est toujours très propre, ce qui demande beaucoup de travail aux fidèles bénévoles.

La fondatrice, bien qu’elle soit toujours en grande forme (elle suit même des cours de country et de hip-hop avec les jeunes comme elle le dit si bien et anime aussi des soirées de danse en ligne), craint pour la suite lorsqu’elle ne pourra plus donner autant de temps. Elle y vient tous les jours, offre des visites guidées et s’assure que tout est bien en ordre. Elle ne ménage pas les investissements non plus pour toujours améliorer les lieux. Antoinette raconte aussi les histoires derrière chaque aménagement, elle qui connaît tout le monde à Tingwick, sa municipalité.

Même si elle ne sait pas quel avenir est réservé à ce sentier qu’elle a vu naître et grandir, elle est tout de même bien fière de le voir célébrer ce 25e anniversaire.

C’est grâce au dévouement de bénévoles et aux généreux donateurs (Antoinette a aussi largement contribué financièrement) que ce lieu, que certains qualifient de petit coin de paradis, perdurera dans le temps. “Mais ce ne sera pas possible s’il n’y a pas de relève. À ce moment, les gens ne pourront plus en profiter”, craint-elle.

Les visiteurs sont donc invités à venir découvrir ou redécouvrir cet endroit accessible gratuitement (les dons sont acceptés naturellement et servent à l’entretien ou l’amélioration). Plusieurs amateurs de vanlife y viennent d’ailleurs pas mal en été, l’endroit figurant dans le réseau Terego. L’argent ainsi recueilli, aussi, est réinvesti dans le lieu.