Retour d’une fructueuse mission à l’île Maurice

Avec un impressionnant total de 700 entrevues réalisées et plusieurs postes pourvus par les entreprises participantes, la toute première mission de recrutement international, menée à l’île Maurice par la Corporation de développement économique de Victoriaville et sa région (CDEVR), a été couronnée de succès.

« Il s’agissait de notre premier test de crédibilité pour une telle mission de recrutement à l’international. Et ce test, on l’a passé haut la main », commente le directeur général de la CDEVR, Frédérik Boisvert. Des représentants d’une vingtaine d’entreprises ont pris part à cette mission d’une semaine. À l’unanimité, dit-il, les participants ont souligné la qualité de la mission. « Une organisation impeccable sur le terrain. Tout était minuté au quart de tour. Un retentissant succès du point de vue logistique », mentionne M. Boisvert.

Après les entrevues, le directeur général de la CDEVR, Frédérik Boisvert, et le maire de Victoriaville et président de la CDEVR, Antoine Tardif, ont échangé avec les candidats présélectionnés pour leur parler de la ville, de la région, de la MRC. Parmi les constats relevés, la qualité des candidats. « La qualité était telle que pas une, mais plusieurs entreprises ont recruté plus de travailleurs que ce qu’elles anticipaient », fait valoir Frédérik Boisvert en citant l’exemple de l’entreprise Excavations Yvon Houle qui a engagé quatre employés supplémentaires en raison de la qualité des candidats.

« Ça en dit long sur le partenariat stratégique qu’on voulait établir avec l’île Maurice, exprime le DG de la CDEVR. Cela démontre que notre pari était le bon. » Le recrutement visait un large spectre avec des postes variés, de pâtissier à mécanicien automobile, en passant par chargé de projet, ingénieur civil, soudeur, conducteur de camion, dessinateur, machiniste et préposé aux bénéficiaires. « On a vraiment trouvé de tous les corps de métiers inimaginables », indique Frédérik Boisvert.

On saura à la mi-décembre le nombre exact de travailleurs mauriciens recrutés. Durant la mission, bon nombre de contrats ont été signés. Les autres le seront d’ici la mi-décembre. « Ce sera une récolte exceptionnelle, historique pour une mission en termes de recrutement pour une mission privée si on se fit à d’autres missions financées par le gouvernement. On va se démarquer de belle façon pour notre première mission », se réjouit le directeur général de la CDEVR. Frédérik Boisvert assure qu’on répétera l’expérience l’an prochain avec une ou peut-être même deux missions.

Des rencontres importantes

En plus des entrevues réalisées par les entreprises participantes en quête de main-d’œuvre, Frédérik Boisvert et Antoine Tardif, ont rencontré, durant leur séjour, des acteurs-clés du gouvernement. « Je trouvais nécessaire d’avoir un lien important avec la ville de Port-Louis, la capitale, un lien ville à ville », précise M. Boisvert. « On a rencontré le vice-premier ministre, le ministre des Finances, le ministre du Travail et l’équipe du ministre de l’Environnement. Ils ont compris notre démarche, à savoir qu’au-delà du recrutement de travailleurs, nous souhaitons développer une relation gagnante pour tous », explique-t-il.

Ainsi, avec le Cégep de Victoriaville et le Centre de services scolaire, on souhaite établir un programme de formation offert sur place. « Ce qui ferait qu’en amont, les travailleurs seraient qualifiés avec nos propres qualifications québécoises et canadienne, permettant d’accélérer le processus de sélection, d’embauche et de venue des nouveaux immigrants dans notre région », fait remarquer Frédérik Boisvert, tout en faisant valoir l’impact important aussi pour les employeurs mauriciens de pouvoir compter sur des travailleurs ayant une formation reconnue. « Le gouvernement voit cela d’un très bon œil et on a noué des relations intenses et profondes avec les membres du gouvernement, assure-t-il. On va maintenir le contact. On ne fait pas que recruter des travailleurs, mais on veut nouer une relation à long terme et démontrer le sérieux de notre démarche. »

D’autres pays en vue?

Pour la CDEVR, l’île Maurice demeurera toujours un partenaire important. Elle y a trouvé un intéressant bassin de travailleurs. « Ce sont des gens bilingues, impressionnants, qui aiment vivent dans les régions et pour qui la famille est importante. Ils viendront avec la famille. Imaginez l’impact pour une région comme la nôtre! », mentionne Frédérik Boisvert. Mais pour le DG de la CDEVR, il convient aussi de regarder ailleurs puisque la pénurie de main-d’œuvre perdurera encore un bon moment. « Une bonne stratégie pour la prochaine décennie vise à s’assurer que notre approche est diversifiée et qu’on ne compte pas juste sur un pays. Il faut toujours être à l’affût des autres pays francophones de l’Afrique qui connaissent une explosion démographique, qui ont des travailleurs qualifiés et qui ne demandent pas mieux que de venir travailler au Québec », expose-t-il.

Les intervenants économiques considèrent le potentiel de pays comme Madagascar, la Côte d’Ivoire et le Sénégal, advenant que les entreprises d’ici éprouvent des besoins concernant des métiers très spécialisés et qu’on ne retrouverait pas à l’île Maurice, par exemple. Le maire Antoine Tardif est lui aussi revenu enchanté de cette mission. « Ça a été une excellente mission sur toute la ligne. Il y aura très certainement d’autres missions de la sorte. Tant que nos entreprises éprouveront des besoins de main-d’œuvre, on voudra les soutenir en organisant des missions comme celle-ci », fait-il savoir.