Le four d’argile de Daniel Martineau complété
En compagnie de plusieurs bénévoles, le céramiste-sculpteur Daniel Martineau a mis près d’un an à confectionner un four d’argile extérieur. Après plusieurs mois de dur labeur, l’homme de 75 ans a complété au cours des derniers jours sa toute nouvelle création, en compagnie de quelques personnes.
Lorsque rencontré à sa résidence de Saint-Norbert-d’Arthabaska, le septuagénaire était bien fier du travail réalisé au cours de la dernière année. On pouvait notamment y ressentir dans son visage la satisfaction du devoir accompli. Bien qu’heureux, M. Martineau a voulu préciser que le four d’argile appartient principalement à tous ceux et celles qui ont mis la main à la pâte sur le projet et aux personnes qui vont utiliser le four à l’avenir. Une vingtaine de bénévoles au total ont aidé à confectionner cette oeuvre. Il faut dire que la réalisation de ce projet n’était pas une mince tâche.
“Ça prenait du jus de bras pour pétrir l’argile. Ce n’est pas quelque chose de facile. Le pire était le bran de scie. Ça assèche l’argile. Il fallait toujours rajouter de l’eau. J’ai eu de bons bénévoles”, a souligné celui qui pratique le métier de céramiste-sculpteur depuis 47 ans. Daniel Martineau, pour sa part, a conçu le four, a fait les plans et a accumulé de l’argile contaminée pendant plus d’un an avec l’aide de quelques personnes. “On en a fait un tas et on l’a fait vieillir pendant un an. On a ensuite travaillé le four. Ça n’a pas toujours été facile. Il a fallu l’attacher à un certain moment donné parce qu’il était en train de s’effondrer. C’était complexe”, a raconté l’artiste.
Malgré tout, le travail a été si bien fait que le four d’argile a été en mesure de traverser les intempéries de l’hiver sans trop de difficultés. Au printemps, Daniel Martineau a notamment pu retirer le surplus d’eau causé par la neige et assécher l’intérieur du four.
Cette nouvelle création, appelée “l’Igloo”, comprend sept épaisseurs, atteignant un total de 30 centimètres. Du sable, du bran de scie très fin et du torchis (paille hachée avec de l’argile) composent notamment la structure du four. “Ça rend le tout très résistant”, a expliqué M. Martineau.
Dans ce four d’argile, on peut y fabriquer divers objets, dont des bols d’argile, notamment. Précisons qu’on ne peut pas y faire cuire de nourriture. Le four d’argile pourra, entre autres, servir aux étudiants de céramique-sculpture de Daniel Martineau.
Tisser des liens
Pour M. Martineau, le but premier de la création de ce four d’argile est de “rendre les gens heureux et de créer des contacts entre céramistes”. “À mon âge, je n’ai pas besoin de four. J’ai fait des centaines de milliers de cuissons. J’ai réalisé plus de 150 000 œuvres dans ma carrière. Des kilos d’argile m’ont passé entre les mains. C’est sans compter les 15 000 enfants que j’ai rencontrés au cours de ma carrière. J’ai fait plus de 2000 expositions à travers le Canada. J’ai fait ce que j’ai toujours voulu tout au long de ma vie”, s’est remémoré Daniel Martineau en terminant, visiblement fier de son parcours.
