Éric Duhaime expose ses propositions en santé

La contribution du secteur privé, l’investissement dans les soins à domicile, la création de cliniques et hôpitaux pédiatriques privés et l’augmentation des effectifs, voilà les principaux éléments que propose le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ) et candidat dans Arthabaska, Éric Duhaime, pour favoriser une meilleure accessibilité aux soins de santé.

Devant l’Hôtel-Dieu d’Arthabaska à Victoriaville, jeudi avant-midi, Éric Duhaime a tenu un point de presse pour traiter de santé, son dernier grand thème de la présente campagne électorale. “C’est un enjeu extraordinairement important dont on m’a beaucoup parlé dans le porte à porte et les assemblées de cuisine depuis le début”, a-t-il noté, d’entrée de jeu. 

Pour parler santé, le candidat conservateur était accompagné du Dr Karim Elayoubi, porte-parole en santé et président de la Commission politique du PCQ.

La proposition du parti conservateur s’inspire de modèles existant notamment en Allemagne, en Suède et aux Pays-Bas. “Ce sont des modèles performants, a souligné le Dr Elayoubi. On constate que la première chose pour améliorer l’accessibilité des soins, c’est clairement de séparer le payeur de soins, l’assureur (donc la RAMQ) du fournisseur de soins. Ce n’est pas à l’État de gérer les soins de santé, mais il revient à l’État de les payer. On prône un endroit où les gestionnaires, les administrateurs, l’équipe donnant les soins sont privés. Mais c’est l’État qui paie.”

L’expérience étrangère démontre, a-t-il soutenu, que cela améliore l’efficacité et l’efficience. “On peut ainsi voir plus de patients, et ce, soit à coûts nuls ou bien en sauvant des coûts.”

Par ailleurs, le Québec ayant une population vieillissante, le PCQ considère important d’investir massivement dans les soins à domicile. “Pour nous, il est important de respecter la dignité de nos aînés et de faire en sorte qu’on préserve leur autonomie le plus longtemps possible. Il faut investir massivement dans les soins à domicile qui coûtent moins cher que les lits institutionnels, a plaidé le médecin. Plus on investit dans les soins à domicile, plus on va retarder les lits en institution qui coûtent beaucoup plus cher.” 

Pour mieux servir les enfants malades, le parti d’Éric Duhaime favorise la création de cliniques et d’hôpitaux pédiatriques privés. “Un des modèles les plus intéressants, a souligné le Dr Elayoubi, est celui de l’Allemagne avec un temps d’attente moins long qu’ici pour voir les spécialistes. Un tel modèle commence déjà au Québec et on veut bonifier les bons partenariats publics privés en matière d’urgence et de soins pédiatriques.”

Comme il l’avait fait au cours de la campagne de 2022, le PCQ propose une hausse significative des effectifs, médecins, infirmières et super infirmières.

Pour y arriver, le parti compte augmenter les admissions dans les facultés de médecine, mais favoriser aussi une reconnaissance plus rapide des diplômes étrangers.

“L’ensemble de ces mesures, a résumé le Dr Elayoubi, permettrait de façon très importante d’améliorer l’accessibilité aux soins de santé et d’en finir une fois pour toutes avec cette lubie de vouloir avoir un monopole public. Aucun pays sur la planète, dans le monde développé, avec un temps d’attente raisonnable ne possède un monopole public. Ne cherchez pas, ça n’existe pas.”

Le recours au secteur privé fait donc partie de la solution, assure le chef conservateur qui dit observer sur le terrain une ouverture toujours de plus en plus grande. “On constate sur le terrain un appétit de plus en plus grand pour cette ouverture, car le système actuel craque de partout”, a-t-il affirmé.

Bien sûr, le PCQ, comme le propose le Parti québécois, est ouvert à la création d’une région sociosanitaire au Centre-du-Québec.

Éric Duhaime a d’ailleurs rappelé qu’il s’agissait d’une promesse non tenue de la Coalition avenir Québec. “On est le parti de la décentralisation, a fait remarquer le candidat conservateur dans Arthabaska. Chaque fois que les décisions se prennent le plus près du citoyen, c’est mieux. Et on va même plus loin en proposant des établissements autonomes qui gèrent eux-mêmes leurs offres de services en santé. C’est clair, nous sommes favorables à toute proposition prônant la décentralisation.”

Et la décentralisation, a renchéri le Dr Karim Elayoubi, passe par la contribution du privé. “Un monopole, par sa nature, c’est centralisé. On veut faire appel au réseau privé puisqu’il va aider énormément à décentraliser, car de facto, il est décentralisateur.”