Élection dans Arthabaska : un débat empreint de respect

À l’invitation d’Arsenal Média, les cinq candidats des principaux partis à l’élection partielle du 11 août dans Arthabaska se sont retrouvés, lundi midi, pour un débat radiophonique dans les locaux des stations O 97,3 et Viva 101,9 de la rue Saint-Jean-Baptiste à Victoriaville.

Un débat où les échanges ont été cordiaux, respectueux entre Alex Boissonneault du Parti québécois (PQ), Keven Brasseur de la Coalition avenir Québec (CAQ), Éric Duhaime du Parti conservateur du Québec (PCQ), Pascale Fortin de Québec solidaire (QS) et Chantale Marchand du Parti libéral du Québec (PLQ).

Au cours de ce débat d’une heure, animé par le coordonnateur de l’information chez Arsenal Média, Michel Scarpino, les candidats se sont exprimés sur quatre thèmes principaux : la santé, l’immigration et les travailleurs étrangers, le logement et l’économie.

La formule retenue a permis des échanges entre les participants après que chacun et chacune aient pu exposer sa vision, ses idées en lien avec les sujets.

Le temps a été bien respecté et l’animateur n’hésitait pas à s’interposer pour s’assurer d’un droit de parole à tous.

En fin de débat, les candidats et candidates disposaient d’une minute pour conclure.

Le respect a donc marqué les échanges, mais certains éléments comme le privé dans le domaine de la santé et la question de la taxe carbone ont suscité de plus vives discussions. 

Réactions

Une fois le débat terminé, les candidats, tour à tour, ont défilé devant les journalistes, à commencer par Pascale Fortin de Québec solidaire.

“C’est un très beau débat. Ça a été de belles discussions. On a quand même réussi à parler des enjeux locaux importants, comme l’agriculture et le logement”, a-t-elle souligné.

Pour sa part, le candidat caquiste Keven Brasseur a dit ne pas avoir eu l’impression d’avoir un bilan difficile à défendre. “La raison pour laquelle je me présente pour la CAQ, c’est que je suis fier de ce qu’on a fait au cours des sept dernières années. Mon implication pour la CAQ remonte à une dizaine d’années, a-t-il rappelé. Je prônais des changements au Québec. Depuis sept ans, on a brassé le temple, on a fait des avancées majeures dans différents secteurs au niveau de notre langue, de la laïcité, de l’éducation et de la santé. Et je dirais même que le développement économique se porte très bien.”

À son tout premier débat, la candidate du PLQ, Chantale Marchand a apprécié l’expérience. “J’ai trouvé que ça se passait plutôt bien, qu’il y avait beaucoup de respect entre les candidats. Un bon débat où on a pu débattre des idées”, a-t-elle commenté.

Pour Alex Boissonneault du PQ, un tel débat revêt son importance. “C’était important que les gens puissent nous entendre discuter ensemble des enjeux. Les électeurs auront l’ensemble du tableau. J’ai été content de pouvoir faire valoir qu’on a une myriade de propositions pour les gens de la région”, a-t-il précisé.

Et si “certaines attaques” se dirigeaient vers Éric Duhaime, c’est qu’il y avait, selon lui, des positions à éclaircir, notamment sur la question de la taxe carbone.

“J’ai été heureux de pouvoir rectifier des choses. C’était important de mettre cela au clair. Bref, ça a été un débat équilibré”, a souligné Alex Boissonneault qui voit dans le chef conservateur son principal adversaire.

“On l’entend jour après jour, c’est une lutte à deux. C’est très clair.”

Éric Duhaime se réjouit d’avoir pu échanger à l’occasion de ce débat. “Pour les électeurs, il aurait été regrettable qu’il n’y ait pas de débat. Merci à Arsenal et aux candidats de s’être prêtés au jeu. C’est un exercice démocratique extraordinairement important”, a-t-il fait valoir.

Quant aux attaques vers lui, Éric Duhaime les considère comme de bon augure.

“J’ai assez d’expérience en politique pour savoir que lorsque les attaques sont toutes contre nous, ce n’est pas nécessairement un mauvais signe, au contraire.

Ils sentent l’engouement sur le terrain pour notre campagne. On a fait une très belle campagne positive depuis le début”, a-t-il soutenu.

L’importance du 11 août

Pour le chef conservateur, la partielle d’Arthabaska constitue l’occasion d’envoyer un message clair au premier ministre François Legault. “Ça ne peut plus continuer ainsi : un déficit historique, une décote, des scandales à répétition, un système de santé en décrépitude, des aînés laissés à eux-mêmes, des routes désuètes, des écoles vétustes, alors que nous sommes les contribuables les plus taxés du continent, a-t-il soulevé. Seul le PCQ a le courage de présenter des solutions audacieuses pour un meilleur accès aux soins de santé, pour laisser plus d’argent dans vos poches en abolissant la taxe carbone, pour permettre aux jeunes d’accéder à la propriété.”

Éric Duhaime dit vouloir être “la voix de la ruralité, des régions, la voix du Québec qui se lève tôt, qui travaille fort et qui nourrit les Québécois”. “J’ai besoin de vous, le Québec a besoin de nous”, a-t-il plaidé.

Pour le péquiste Alex Boissonneault, la confiance est au cours de l’élection partielle. “En qui avez-vous confiance pour vous représenter, pour connaître vos enjeux? Quelle est la personne qui est là pour les bonnes raisons? Je ne me suis pas découvert une passion pour Arthabaska au détour d’une partielle, a-t-il observé. Je suis un gars de Saint-Ferdinand, j’ai étudié à Victo. J’ai toujours été présent dans la région, c’est mon point d’ancrage. Pour moi, un député, c’est quelqu’un qui sert son monde, qui porte les couleurs de son monde sur le terrain.”

Et il voit poindre à l’horizon une bonne occasion pour la population d’Arthabaska-L’Érable. “On se prépare à former un gouvernement en 2026. Ce serait bien qu’Arthabaska-L’Érable soit dans le bateau”, a-t-il noté.

De son côté, Keven Brasseur de la CAQ insiste sur l’importance d’un député provenant de la région. “La vraie question de cette élection : qui veut-on comme député local pour nous représenter? Notre communauté mérite un élu local qui ne va pas confondre Plessisville et Princeville, car notre région n’est pas une halte routière pour les candidats qui se présentent un peu partout”, a-t-il indiqué, ajoutant qu’il habite la région et qu’il s’y implique depuis plusieurs années.

“Je les connais nos enjeux, en santé, en économie et en agriculture. En votant pour moi, vous élisez un gars d’ici pour les gens d’ici. La région a une tradition d’élire des élus locaux, accessibles qui connaissent leur monde. Quelqu’un qui vit nos enjeux et qui va se lever pour nous. J’ai le goût de changer le monde et faire du bien pour notre communauté”, a-t-il mentionné.

Pour Chantale Marchand du PLQ, tout ce dont elle a parlé, santé, économie, logement, accueil et avenir, parle d’une seule chose, en fait. “Ça parle de nous.

Nous, les gens d’Arthabaska et de L’Érable qui travaillent fort, qui veulent des soins accessibles, des logements pour tous, des PME prospères, et une communauté accueillante, a-t-elle exprimé. Ça fait 40 ans que je vis ici et je veux continuer avec vous d’améliorer la qualité de vie des gens de notre région.”

La candidate libérale est d’avis qu’il est possible de bâtir un réseau de santé humain et efficace, où chaque personne est soignée, sans attendre des années.

“Je crois aussi qu’on peut offrir à nos jeunes des logements où s’enraciner et un avenir dont ils peuvent être fiers. Je crois en une économie qui soutient nos PME, nos agriculteurs et chaque personne qui se lève tôt pour faire vivre cette région.

Et je crois en une immigration bien intégrée et surtout bien planifiée pour enrichir notre histoire commune : moins de paperasse, plus d’actions, moins de politique et plus de résultats. Ensemble, faisons d’Arthabaska un endroit où chacun peut se dire ici, je suis reconnu, écouté et respecté pour qui je suis.”

Enfin, la solidaire Pascale Fortin a dit être sur les rangs pour représenter les gens d’ici qui veulent être écoutés, respectés et traités avec dignité. “Ceux et celles qui n’en peuvent plus de voir la santé, le logement, le coût de la vie se détériorer pendant que les grandes entreprises s’enrichissent. Chez Québec solidaire, a-t-elle lancé, on a un plan concret pour améliorer le quotidien des gens et pas juste en période électorale. On veut des services publics accessibles, solides partout sur le territoire. On veut s’attaquer de front à la crise du logement. En ce moment, tout ce qui se construit est hors de prix. On a besoin de logements réellement abordable, pas juste de nouvelles constructions de luxe. On veut une économie locale qui fait passer les gens avant le profit des grandes corporations.”

La candidate souhaite faire de la politique autrement  “près des gens, dans le respect et avec notre cœur”.