Dossier Citadelle : le gouvernement sommé d’agir

À la suite de l’annonce de l’intention de la coopérative Citadelle d’investir au Nouveau-Brunswick, le député d’Arthabaska-L’Érable Alex Boissonneault “trouve inacceptable” que ce projet d’agrandissement de près de 40 millions de dollars se concrétise ailleurs qu’au Québec, ailleurs que dans la capitale de l’érable. La Ville de Plessisville, quant à elle, se dit déçue qu’aucune solution n’ait été proposée par les différents ministères pour remédier à la situation.

Ce projet de construction d’une usine d’embouteillage avait déjà été mis sur la table, tandis que le besoin de modernisation se fait de plus en plus grandissant. Pourtant, les démarches entreprises par la Ville de Plessisville pour dénicher une place à ce projet de 28 000 mètres carrés n’ont jamais débouché. “Nous avons écrit au premier ministre, aux ministères des Affaires municipales, de l’Agriculture et au ministre des PME. Nous n’avons eu aucune nouvelle. Nous avions fait des demandes à la CPTAQ, Paroisse et Ville ont fait une demande conjointe, mais nous n’avons pas réussi à obtenir de terrains à offrir. C’est majeur. Nous sommes extrêmement déçus”, a souligné le maire Jean-François Labbé.

Selon le député d’Arthabaska-L’Érable, le blâme reviendrait au gouvernement provincial. “C’est déplorable que le gouvernement se soit traîné les pieds dans ce dossier-là. La coopérative avait déjà annoncé ses plans et il semble que le gouvernement n’ait jamais été proactif de façon à faciliter le développement économique régional. Maintenant, nous nous retrouvons avec une coopérative qui pourrait possiblement privilégier le Nouveau-Brunswick plutôt que la capitale de l’érable pour construire une usine d’embouteillage de sirop d’érable. Il y a quelque chose d’assez surréaliste dans tout ça. Je trouve que c’est inacceptable. Suspendre le développement économique régional n’est pas une option”, a lancé Alex Boissonneault.

Selon la Ville, la coopérative Citadelle souhaite investir à Plessisville depuis plusieurs années. L’entreprise, qui célèbre ses 100 ans cette année, l’aurait également réaffirmée aux maires, que “s’il y avait du terrain, ils resteraient”. “C’est au gouvernement de trouver une voie de passage et de rassembler les gens autour de la table pour que ce projet-là ne nous échappe pas. C’est un beau projet qui aura des retombées sur la région évidemment. J’en ai discuté avec les maires. Nous sommes là pour talonner le gouvernement et nous assurer qu’il fasse son travail. Il faut que Geneviève Guilbault aux Affaires municipales et Donald Martel à l’Agriculture fassent de cet enjeu une priorité. Il y a un aspect d’aménagement aussi là-dedans, de développement urbain et agricole, c’est un travail qui doit se faire en termes de développement économique régional. Nous comprenons que nous avons un gouvernement qui est en fin de régime, que le moral des troupes n’est pas extraordinaire à la CAQ présentement, mais il reste encore un an à ce gouvernement-là, alors il va devoir se retrousser les manches”, a insisté M. Boissonneault.

Dans une lettre envoyée à François Legault, au ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (et ministre responsable du Centre-du-Québec), Donald Martel, à la ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Christine Fréchette, à la ministre des Affaires municipales, Geneviève Guilbault et au ministre délégué à l’Économie et aux Petites et Moyennes Entreprises, Samuel Poulin, les maires de Plessisville dénoncent la situation. “L’entreprise avait signé un protocole d’entente confirmant son intention de poursuivre sa croissance à Plessisville dès que des terrains industriels seraient disponibles. Cette démarche s’inscrivait dans la continuité de la stratégie qui avait déjà convaincu les Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) d’ériger leur réserve stratégique mondiale de sirop d’érable chez nous en 2023. La rigidité du Québec contraste avec l’agilité et la rapidité d’action démontrées par le Nouveau-Brunswick, qui a su offrir un cadre favorable à l’industrie acéricole représentée par Citadelle. Bien que le sirop d’érable soit partie intégrante de l’identité québécoise, la lenteur et la complexité administratives du Québec poussent ainsi nos entreprises à considérer l’exil”, peut-on lire dans cette lettre.   

Mis à part une réaction et une consultation urgente du gouvernement, Alex Boissonneault ne voit pas d’autres solutions. “La première chose, c’est d’asseoir les principaux acteurs, donc la CPTAQ, l’Union des producteurs agricoles, le gouvernement, la coopérative Citadelle et la Municipalité. Pour voir de quelle façon on peut s’entendre. Il faudra commencer par ouvrir les canaux de dialogue et voir de quelle façon on peut faire en sorte que ce projet soit réalisé ici. À partir de là, le gouvernement devra être l’entremetteur”, a conclu le député.

Par Marion Carey