Diabète : Petit Cactus, une application d’ici pour simplifier la vie
L’application a pour nom Petit Cactus. Elle combine des outils innovants pour la gestion du diabète. Ce projet revient à Alain Simard, un résident de Kingsey Falls. Natif de Québec, il travaille chez Cascades depuis 28 ans. “J’ai le sang vert, je suis un vrai cascadeur”, confie-t-il en entrevue avec le www.lanouvelle.net.
Un événement spécifique a mené à la création de l’application. Deux de ses quatre enfants, deux filles, ont reçu, lors du même week-end, un diagnostic de diabète de type 1.
“J’avais vu une statistique montrant que les gens qui ne gèrent pas bien leur diabète peuvent réduire de huit ans leur espérance de vie. C’est venu me chercher”, raconte-t-il.
L’aventure a pris son envol à ce moment-là. Et pourquoi le nom Petit Cactus pour l’application? Les deux filles d’Alain Simard ont reçu deux petits cactus d’une infirmière, un symbole pour la vie dans des environnements difficiles.
Le fondateur s’est associé à deux autres personnes, dont Alexandre Landry, un développeur chez Cascades à ce moment. “Nous sommes trois avec chacun nos forces”, souligne-t-il.
Petit Cactus a pour mission de permettre aux personnes aux prises avec le diabète de retrouver une vie aussi normale que possible. L’application souhaite leur redonner le contrôle sur leur santé et sur leur vie quotidienne grâce à des fonctionnalités innovantes.
Plus qu’un outil, on imagine Petit Cactus comme un véritable compagnon dans le voyage quotidien des personnes vivant avec le diabète.
Petit Cactus combine différents outils : un journal alimentaire, un assistant virtuel pour des conseils personnalisés, un calculateur de glucides de repas par photo et la recherche de glucides, un suivi simplifié de la glycémie.
Petit Cactus, c’est aussi une plateforme pour les chercheurs et les professionnels. “C’est nouveau, ça n’existait pas, dit Alain Simard. Par exemple, le professionnel peut cliquer le nom de ma fille et a accès à sa courbe glycémique, à ce qu’elle a mangé.”
Alain Simard travaille à ce projet depuis plusieurs années. Et il a suivi le précieux conseil d’une sommité en la matière, l’endocrinologue, le Dr Rémi Rabasa-Lhoret qui lui avait fait savoir que s’il voulait réussir avec son application, il devait être soutenu par la science et la recherche. “Voilà pourquoi nous sommes entrés en contact avec l’Université McGill. Je travaille avec plein de gens qui ont des doctorats. Quand tu décides de lancer une plateforme axée sur la santé et les enfants, tu n’as pas le choix d’être hyper solide. Tu ne peux pas te tromper. Alors, nous nous sommes bien entourés”, assure-t-il.
Visibilité
L’application Petit Cactus peut être téléchargée depuis le mois de décembre sur Applestore et Google Play.
Elle s’adresse aux patients ayant le diabète de type 1 et 2. Les personnes aux prises avec le type 1 doivent s’injecter de l’insuline aux repas. “Le type 1 représente 10% de tous les gens qui ont le diabète, signale Alain Simard et le type 2 sans insuline touche 90% des diabétiques. Avec l’application, les patients entrent leurs données et les médecins y ont ensuite accès.”
Le passage récent d’Alain Simard et d’Alexandre Landry à l’émission télévisée Dans l’œil du dragon a permis de mettre la lumière sur l’application, dont le nombre de téléchargements a grimpé, passant de 400 à 1200 à la suite de la diffusion de l’émission. “Le but n’était pas tant l’obtention d’un soutien que la visibilité que l’émission amène. Ils ont tous tripé sur l’idée. On a reçu de bons commentaires, mais l’un des dragons a dit qu’on ne demandait pas assez. Pas question pour nous de tout donner à des étrangers quand ça fait quatre ou cinq ans qu’on travailler corps et âme à ce projet”, plaide Alain Simard.
Qu’à cela ne tienne, peu après ce passage devant les dragons, Petit Cactus a déniché un intéressant investisseur. “Quelqu’un qui connaît mes deux filles et qui investit avec son cœur”, observe-t-il.
À l’honneur
L’équipe de Petit Cactus a de quoi se réjouir. Après ses victoires sur la scène locale, puis régionale, voilà qu’elle a remporté les grands honneurs au niveau national du concours OSEntreprendre dans la catégorie Services aux individus, méritant ainsi un prix de 10 000 $.
“On ne le fait pas pour ça, mais cela fait chaud au cœur quand on est reconnu”, exprime Alain Simard.
À l’international
Petit Cactus n’entend pas se limiter au pays. L’entreprise a participé, en février, à Amsterdam, au congrès de l’ATTD. “Il s’agit du plus gros congrès technologique au monde en diabète. On y a tenu un kiosque pour parler de l’entreprise. À un moment, se souvient Alain Simard, il y avait des endocrinologues de la Grèce et des psychologues d’Allemagne qui se sont montrés fort intéressés. Tous ces gens veulent qu’on les recontacte.”
Petit Cactus travaille aussi avec le Carrefour Québec international. “Ils nous aident à exporter notre truc. Ils ont analysé les critères, regardé quels pays pourraient correspondre et la France et l’Espagne ont été identifiées. Ce serait les premiers, indique Alain Simard. On est en train de déposer une marque de commerce pour eux.”
Mais le cofondateur ne cache pas que l’idée est de desservir l’Europe au complet. “Plein de choses se passent auxquelles je n’aurais jamais pensé”, exprime-t-il.
Planter des bambous
Petit Cactus n’engrange pas des millions de dollars, pour le moment, du moins. Mais l’idée, c’est d’abord de bien s’implanter.
À cet effet, Alain Simard a en tête cette histoire d’un père qui donne son héritage à ses deux fils : l’un décide de planter des épinettes qui poussent vite et l’autre, des bambous qui mettent un certain temps avant d’apparaître. “Et le bambou repousse quand on le coupe. Nous, depuis quatre ou cinq ans, image-t-il, on plante des bambous. Je vois de pousses sortir avec un enracinement solide. L’enracinement, pour moi, ce sont tous les scientifiques et les médecins qui nous entourent.”
Savoir bien s’entourer, cette recette, Alain Simard la retrouve chez Cascades. “J’ai appris chez Cascade, en gérant différents projets, qu’on doit s’entourer des meilleurs, parler avec ton cœur et être vrai. C’est un peu notre recette. La culture Cascades m’a aidé”, reconnaît-il, tout en saluant au passage les dirigeants, dont Alain Lemaire, qui l’ont supporté dans son projet. “Tout ce qu’Alain a pu mettre en place avec ses frères, je m’en inspire avec mon entreprise. Les valeurs, la culture, placer l’être humain avant tout et parler avec son cœur. Et si on peut aussi inspirer les gens, c’est encore plus payant à mes yeux que d’avoir du succès avec mon entreprise”, conclut-il.
