Des compressions de 2,1 M $ qui font mal au Cégep de Victoriaville

Une dizaine de postes dans toutes les catégories de personnel sont touchés au Cégep de Victoriaville à qui le ministère de l’Enseignement supérieur demande une compression de 2,1 M $ dans son budget de fonctionnement 2025-2026 adopté, lundi soir, par le conseil d’administration à sa dernière séance de l’année.

“Je tiens à réitérer ma préoccupation à l’égard de la situation, a commenté la présidente du conseil d’administration, Christine Beaulieu. Ces coupures portent atteinte à notre mission.”

L’effort demandé au Cégep de Victoriaville découle des compressions de 150 M $ dans le réseau collégial annoncées par le ministère de l’Enseignement supérieur.

“Je suis dans le réseau collégial depuis 25 ans et jamais je n’ai vu une telle coupe massive, a indiqué le directeur général Denis Deschamps. J’ai déjà vu des compressions de 150 M $ au début des années 2010, mais sur une période de quatre ans.”

Le Cégep de Victo n’a jamais été confronté à une telle situation dans la dernière décennie. “Ça fait plus de 10 ans qu’on avait peu ou pas aboli de poste ou effectué des attritions, a observé le directeur général. On a toujours été en développement au cours de la dernière décennie.”

La compression de 2,1 M $ représente une réduction de quelque 3% de l’ensemble du budget de fonctionnement du collège qui s’élève à près de 60 millions de dollars.

“Ce budget vient avec des décisions déchirantes et importantes. On a dû malheureusement abolir quelques postes et projets, l’équivalent d’une dizaine de personnes incluant du personnel enseignant, du personnel de soutien dans certains services et du personnel professionnel également en plus de certains postes de gestionnaires non reconduits dans les prochaines années”, a indiqué Denis Deschamps, ajoutant que les dirigeants ont tenté le plus possible d’amenuiser les impacts sur le personnel. “Mais on n’a pas eu le choix, a-t-il expliqué puisque les salaires représentent 85% de notre budget de fonctionnement. On ne peut pas couper seulement dans le 15%, on ne peut faire seulement de petites économies pour aller atténuer les compressions de 2,1 M $. Il fallait y aller à coup de 50 000, 60 000 et 100 000 $. Et ce sont des salaires.”

L’effort vient donc de toutes les catégories de personnel et fragilise, selon lui, plusieurs des équipes de travail. “Ça vient freiner, momentanément on le souhaite, plusieurs initiatives qu’on avait à l’interne, par exemple, le plan de transformation numérique.”

Les compressions affectent aussi la direction des études, a exposé la directrice Chantal Dufresne. “Dans nos décisions, on n’a pas voulu aller vers les coupures d’effectifs ayant un impact sur les services directs aux étudiants”, a-t-elle précisé.

Toutefois, des impacts se font sentir en matière d’accompagnement pour le personnel enseignant. “On a un projet Ensemble en classe pour rapprocher les services des classes, là où on peut faire une différence sur la motivation, la persévérance, la réussite de notre population étudiante. Ce n’est pas terminé, mais il faudra faire différemment avec les personnes encore en place. Il y aura un impact sur la vitesse à laquelle on peut aller parce qu’on aura moins de bras pour accompagner”, a-t-elle expliqué.

Le service des communications est aussi touché, a-t-elle fait savoir. “Parmi les membres de cette équipe, deux personnes sont touchées par les coupures. Ça nous amène à faire un pas en arrière pour réorganiser ce qui avait été fait en termes de développement, de réorganisation.”

Les compressions, a souligné Chantal Dufresne, obligeront la prise de décisions.

“On devra prioriser, faire des choix. Et cela signifiera parfois de devoir dire non à certaines initiatives parce qu’il va nous manquer des gens.”

L’année 2024-2025 en aura été une de grands bouleversements, a rappelé Denis Deschamps. “Les compressions dans le budget de fonctionnement s’ajoutent à tout ce qu’on a vécu durant la dernière année. On parle de budget d’investissement en lien avec le matériel, l’outillage et l’appareillage, du budget pour le maintien d’actifs, ces sommes qu’on avait pour réparer nos bâtiments, le gel d’embauche, les coupures dans les centres collégiaux de transfert technologique et la limitation du nombre d’étudiants internationaux, a-t-il énuméré. Vraiment beaucoup d’éléments sont venus nous bousculer au cours de la dernière année.”

Malgré tout, le directeur général fait preuve d’un certain optimisme. “On va quand même y arriver, on va réussir à développer des projets, de belles initiatives au Cégep, mais on ne le fera peut-être pas à la vitesse qu’on aurait souhaitée”, a-t-il exprimé.

“Oui, c’est un pas en arrière, a renchéri Chantal Dufresne, mais on va continuer d’avancer différemment. On va le faire. Au Cégep de Victoriaville, on est bon, on a une approche, on est très humain, à l’écoute des besoins, on veut ce qu’il y a de mieux.”

La directrice des études se dit bien consciente du climat d’inquiétude et insiste sur l’importance d’être bienveillant et de prendre soin des gens. “Il y a des impacts sur les équipes qui voient partir des collègues”, a-t-elle signalé.

Le budget de fonctionnement, qui a été présenté et adopté, prévoit un déficit de quelque 290 400 $ que le Cégep pourra absorber en pigeant dans son surplus de fonds accumulé qui s’élève à 2 579 000 $.