Démystifier l’itinérance, un objectif de la Nuit des sans-abri

La Nuit des sans-abri, ayant comme thème Sans toit, ni choix, se déroulera le vendredi 20 octobre, de 18 h à minuit, dans le stationnement Saint-Louis, voisin de la Vélogare à Victoriaville.

Cette nuit poursuit notamment un objectif bien précis : démystifier l’itinérance. « On souhaite briser les tabous sur l’itinérance, rappeler que ça peut arriver à n’importe qui. Nul n’est à l’abri. En plus d’accompagner les personnes itinérantes,

une partie de mon travail consiste à sensibiliser la population », indique Julie Barabé, travailleuse de rue pour la clientèle adulte chez Répit jeunesse.

Bien des gens éprouvent des craintes en présence d’une personne itinérante. « Ça part de l’inconnu », note-t-elle, ajoutant que l’itinérance rime bien souvent avec des problématiques de santé mentale et des troubles de consommation

Portée par la Maison Raymond-Roy, Répit jeunesse et l’Ensoleilvent (unité de débordement d’urgence en itinérance), l’événement rejoint d’autres organismes qui apportent leur soutien.

« On est plusieurs organismes à y travailler, comme le Restaurant populaire et l’Office municipal d’habitation Victoriaville-Warwick. Tout le monde met son grain de sel. Il y a vraiment un beau mouvement d’entraide dans tout ça », exprime Isabelle Drouin du Restaurant populaire.

Programmation

Cette 27e Nuit des sans-abri s’ouvrira dès 18 h avec des activités à caractère familial, comme le cirque de rue. « On voulait faire en sorte cette année que les familles se sentent les bienvenues. On se faisait demander si les enfants pouvaient venir », explique Julie Barabé.

Durant la soirée, des discours à portée politique et communautaire se feront entendre en plus du témoignage d’une personne qui a réussi à se sortir de l’itinérance.

Soupe populaire servie par des policiers, muffins et biscuits, de même que des hot-dogs offerts par des étudiants figurent à la programmation.

Un feu et des prestations musicales agrémenteront aussi la soirée.

La réalité de l’itinérance

La situation n’est pas rose. Le phénomène de l’itinérance prend de l’ampleur à Victoriaville, constate Julie Barabé. « D’avril à la fin septembre, j’ai rencontré et aidé 90 personnes itinérantes. C’est beaucoup, signale-t-elle. L’année n’est même pas terminée et le temps froid est à nos portes. »

La réalité du logement, sa disponibilité et le coût de la vie, autant de facteurs qui rendent la vie difficile pour un nombre grandissant de gens.

« On a aussi vu arriver cette année beaucoup de gens d’autres villes en quête de services. Beaucoup plus que les autres années », fait remarquer la 

travailleuse de rue. Tout cela sans compter l’itinérance cachée, tous ces gens qui crèchent ici et là chez les amis ou dans la famille. »

À la Maison Raymond-Roy, on constate aussi que d’anciens résidents tentent de revenir. « Avant, les gens en quittant la Maison Raymond-Roy étaient en mesure de s’en aller en appartement. Mais ce qu’on voit maintenant, ils quittent pour les amis ou la rue et refont une autre demande d’hébergement à la Maison. On a plusieurs demandes d’hébergement qui se succèdent l’une après l’autre, ce qu’on voyait plus rarement avant », fait savoir Kassandra Couture-Lavigne, intervenante en suivi individuel.

La nouvelle ressource, l’unité de débordement d’urgence l’Ensoleilvent, ne connaît pas de répit. En place depuis un an, elle affiche toujours complet.

Répit jeunesse, depuis environ un an, accueille aussi les personnes en matinée pour les accompagner dans différentes démarches, dont l’aide au logement. Les personnes peuvent profiter aussi d’un service de buanderie et de douches.