Brisca à l’œuvre à La Myriade

Depuis le 7 septembre, l’école La Myriade de Victoriaville, dédiée aux élèves à cheminement atypique, compte un nouveau membre dans son personnel. En effet, le chien d’assistance scolaire Mira, nommé Brisca, accompagne le personnel ainsi que les élèves et chaque jour fait la différence. C’est le petit bonheur de l’école.

Dès l’entrée, une affiche à la porte du secrétariat avise les visiteurs que Brisca fait partie de l’équipe et que lorsqu’elle porte son harnais (c’est une femelle labernois de 2 ans), il ne faut pas la nourrir, la toucher et même lui parler puisqu’elle est au travail. On peut la voir, avec sa responsable, Audrey Guay (qui est également technicienne en éducation spécialisée au Centre d’aide pour les élèves du primaire), se promener dans les couloirs ou aller dans les classes. Peu importe où Brisca passe, un grand sentiment de calme et d’apaisement s’installe comme par magie.

C’est Audrey qui a initié ce projet de chien Mira à La Myriade. Depuis quelques années, elle a entamé le processus rigoureux qui a mené Brisca à l’école. C’est elle qui en est responsable et qui a suivi la formation intensive de neuf jours chez Mira pour accompagner le chien dans ses tâches. Et une fois la journée d’école terminée, elle la ramène chez elle où Brisca habite et peut vivre sa vie de chien normale. « Elle se doit d’avoir ses périodes de jeu et de repos », note Audrey. Et pour tout ce qui est commandement, nourriture, besoins, grands jeux, c’est elle qui doit s’en occuper, tous les jours. Toute sa famille a dû aussi passer à travers un processus pour accueillir le chien Mira. « Quand elle arrive à la maison et qu’elle enlève son harnais, elle devient un chien de famille, mais à restrictions », souligne sa responsable.

Pour l’éducatrice spécialisée, c’est donc un contrat à temps plein qu’elle a accepté, mais déjà, après seulement un peu plus de deux mois, elle est convaincue que cela en vaut grandement la peine. « C’est incroyable ce qu’elle fait pour moi, pour les élèves et même pour le personnel. La douceur, le bien-être, les sourires et la sécurité qu’elle apporte », indique Audrey d’entrée de jeu. D’ailleurs, elle répètera à plusieurs reprises, ne trouvant pas de mot plus approprié, que la chienne d’assistance scolaire réalise un travail incroyable. 

La directrice de l’école, Julie Boissonneault, abonde dans le même sens et ajoute même l’apaisement, la motivation et la persévérance scolaire aux bienfaits attribués à sa présence. Qu’il s’agisse de situations où un élève ressent de l’anxiété, a besoin d’apaisement ou d’autorégulation, refuse de faire une tâche ou autre, on fait appel à Brisca qui vient rapidement, avec son caractère calme et doux, améliorer la situation. L’éducatrice spécialisée, faut-il le rappeler, peut également utiliser d’autres outils ou interventions selon le cas.

Une entrée progressive

Brisca a fait une entrée progressive à l’école en septembre et y vient maintenant à temps plein. Au départ, le duo a été accompagné du maître-chien et de la psychoéducatrice responsable au programme chez Mira. Audrey a également habitué le chien aux lieux, au cours de l’été, en venant y faire plusieurs visites. « Pour qu’elle s’acclimate à l’école, on a marché tous les corridors, entrés dans les classes, le secrétariat, dans mon local pour qu’elle se sente bien. J’ai même simulé des interventions que j’ai filmées et envoyées chez Mira pour analyse », explique-t-elle. Rien n’a donc été laissé au hasard pour assurer le succès de son intégration tout en répondant à ses besoins.

Une certaine routine s’est intégrée et elle commence toujours sa journée en allant faire un bonjour du matin dans deux ou trois classes où la coupure avec la maison est plus difficile. « Des copains qui ne voulaient pas aller dans la classe y entrent maintenant, super calmes et vont à leur bureau. Brisca va les voir, ils peuvent s’asseoir à côté d’elle, la flatter. Ils ont une douceur en commençant la journée », exemplifie-t-elle. Puis Audrey et Brisca s’en vont dans le local de l’éducatrice spécialisée et demeurent en communication avec les classes pour différentes interventions. Tous les élèves de l’école peuvent avoir des interactions avec le chien Mira. « On fonctionne beaucoup en prévention », ajoute Audrey. Il faut ajouter qu’ils sont peu nombreux à ne pas être touchés positivement par sa simple présence. Brisca est ainsi rapidement devenue une collègue, une amie des élèves, un réconfort pour tous.

« Tous les élèves ici sont à besoin particulier. On connaît les signes précurseurs en lien avec leurs difficultés et également quand une émotion forte peut monter. C’est là que Brisca intervient beaucoup », précise la directrice. Cela avant que la situation ne soit à son point culminant, ce qui permet de protéger autant Brisca que l’élève en cause. « Si jamais on se rend à ce point, d’autres techniques seront utilisées, mais Brisca interviendra à la récupération qui suivra », dit Mme Boissonneault. Les interventions peuvent se faire en individuel ou en groupe, tout dépendant de la situation. « On y va selon ce qui est plus approprié », indique l’éducatrice spécialisée.

Le chien d’assistance scolaire a encore des situations à apprivoiser. « Il faut y aller tranquillement afin qu’elle vive et intègre bien les choses », note Audrey. Ainsi, depuis peu, elle s’installe le vendredi, tout près de la porte d’entrée avec Brisca et les élèves peuvent ainsi leur souhaiter une bonne fin de semaine. 

Dans son quotidien, l’éducatrice spécialisée travaille également dans la classe des découvreurs sur l’heure du midi. Une classe où les élèves ont de multiples handicaps. « Brisca a appris à marcher au fauteuil, elle monte parfois dans le lit avec les élèves pour les apaiser », explique-t-elle. « Elle leur apporte un petit moment de bonheur. C’est tellement beau », ajoute la directrice avec émotion.

Dans toute cette aventure, Audrey insiste pour dire qu’elle reçoit de Mira un soutien de tous les instants. « Avec Mira, on est suivis et soutenus », apprécie-t-elle. Pour avoir accès à ce chien d’assistance scolaire, qui fait tellement de bien à toute l’école, La Myriade a pu compter sur un appui financier important de la part de la Fondation Les Amis d’Elliot, la Fondation Auger et des donateurs anonymes.