Sollicitation sexuelle au Cégep : un Victoriavillois prend le chemin de la prison

Au palais de justice de Victoriaville, Gaétan Lamontagne, un résident de Victoriaville, a été condamné, jeudi après-midi, à six mois d’emprisonnement pour avoir sollicité, dans les vestiaires du Cégep de Victo, les services sexuels d’un adolescent de 17 ans.

La juge Dominique Slater de la Cour du Québec a entériné la suggestion commune des parties, à savoir l’imposition de la peine minimale prévue dans le Code criminel pour ce type d’infraction.

Récemment, la Cour Suprême du Canada a confirmé la constitutionnalité de cette peine alors qu’elle était contestée.

Les faits reprochés au Victoriavillois âgé dans la soixantaine sont survenus en soirée le 22 mars 2023. Dans les vestiaires de l’établissement collégial, Gaétan Lamontagne a sollicité auprès d’un jeune homme de 17 ans des faveurs sexuelles moyennant de l’argent.

L’adolescent ayant refusé la proposition, le sexagénaire a quitté les lieux, mais il a rapidement été arrêté par les policiers moins de 24 heures après un avis de recherche publié dans les médias.

Lors d’une audience au début du mois de mars 2025, Gaétan Lamontagne a reconnu sa culpabilité à l’accusation d’avoir sollicité, moyennant rétribution, les services sexuels d’une personne de moins de 18 ans.

Si la conclusion du dossier survient beaucoup plus tard, c’est que les parties attendaient la décision du plus haut tribunal du pays relativement au bien-fondé de la peine minimale.

L’avocat de Lamontagne, Me Guy Boisvert et le procureur aux poursuites criminelles et pénales, Me William Sohier se sont entendus pour proposer la peine minimale.

“Le rapport présentenciel est plutôt favorable, a exprimé Me Boisvert. Mon client a toutefois encore besoin de cheminer et il est prêt à s’y investir.”

Avant d’imposer la peine, la juge Slater a invité le Victoriavillois à prendre la parole.

“J’accepte les conséquences de mes gestes, je les assume, a-t-il dit. Mais je ne suis pas un pédophile. Le jeune homme avait 17 ans. Jamais je n’ai eu d’attirance pour les enfants. J’ai beaucoup cheminé. Je regrette profondément mes gestes déplacés.”

Gaétan Lamontagne a aussi précisé qu’il suivait déjà une thérapie depuis deux ans. “Je suis déjà engagé dans un cheminement”, a-t-il souligné.

Il a de plus demandé à la présidente du tribunal s’il pouvait bénéficier d’une protection en détention. “Je n’ai pas le pouvoir de déterminer l’endroit où vous serez détenu ni le secteur, mais vu la nature de l’accusation, il y a normalement un secteur réservé aux détenus pour ce type de délit. Votre avocat pourra entreprendre des démarches auprès des autorités carcérales”, lui a fait savoir la juge Slater.

Le représentant du ministère public, Me William Sohier, a confié, pour sa part, que le plaignant, dans cette affaire, n’a subi aucune séquelle, aucun traumatisme. “Il a surtout trouvé cette situation particulière dans un établissement scolaire et a été surpris de voir l’homme dans le vestiaire”, a-t-il signalé.

En plus de la peine de six mois d’emprisonnement, Gaétan Lamontagne, à sa sortie de l’établissement de détention, sera soumis à une période de probation de deux ans, dont 12 mois avec suivi. Il devra suivre toutes les directives de l’agent de surveillance en lien avec sa problématique.

Durant la durée de sa probation, il lui sera interdit de communiquer avec le plaignant. Il ne pourra non plus se trouver dans un parc, une zone publique où on peut se baigner, un terrain d’école, une garderie et un centre communautaire où pourraient se trouver des personnes de moins de 16 ans.

Gaétan Lamontagne fait face également à des ordonnances obligatoires, dont celle de se soumettre à un prélèvement d’ADN.

De plus, il verra son nom inscrit au registre des délinquants sexuels pour une période de 20 ans.