Robert Godbout voit sa requête refusée

Robert Godbout, condamné pour le meurtre crapuleux en janvier 2008 de Renée Vaudreuil, alors directrice générale de la Municipalité de Saint-Rémi-de-Tingwick, ne pourra obtenir une réduction du délai préalable à une libération conditionnelle.

Dans une décision rendue par écrit le 21 mai, le juge Raymond W. Pronovost de la Cour supérieure du Québec a rejeté sa requête estimant qu’il n’avait pas démontré l’existence “d’une probabilité marquée qu’un jury décide de réduire entièrement ou partiellement le délai préalable à la libération conditionnelle”.

“Le requérant n’a pas évolué tel qu’en font foi les différents rapports, souligne le juge. Il a presque les mêmes problèmes qu’au début de son incarcération.”

Le magistrat note que la conduite de Robert Godbout durant l’exécution de sa peine n’a pas toujours été linéaire. “Il a eu des problèmes avec d’autres détenus. Il a occupé quelques emplois, mais des litiges avec d’autres personnes l’ont amené à quitter ses emplois, écrit-il. Il ne semble pas avoir fait d’études particulières lors de sa détention.”

Dans sa requête, Robert Godbout soutenait que le Service correctionnel du Canada lui avait permis de changer considérablement et de comprendre ses agirs délinquants, qu’il n’était plus une personne violente, qu’il ne représentait plus un danger pour la société, qu’il avait bénéficié de tous les acquis de programmes disponibles et que si sa requête était acceptée, il pourrait bénéficier de la supervision de la Commission des libérations conditionnelles du Canada afin d’intégrer graduellement la société en citoyen honnête et respectueux des lois.

Or, le juge Pronovost relève, dans sa décision, que le requérant a bien suivi quelques programmes. “Mais aucune preuve ne confirme qu’il n’y ait plus de programmes disponibles en institution pour lui. Aucun des motifs allégués dans sa requête n’a été prouvé. Le requérant prétend qu’il a changé, indique le juge, mais il refuse toujours de reconnaître sa culpabilité, même après toutes ces années.”

Évoquant les différents rapports déposés, le juge affirme “qu’on ne retrouve pas un changement important chez le requérant qui continue de ne pas admettre sa responsabilité”.

“Depuis son incarcération, le requérant n’admet pas sa responsabilité dans le crime, observe le magistrat. Il n’a aucune empathie pour la victime et sa famille, aucun regret significatif… On voit qu’il reste beaucoup de travail à accomplir au requérant.”

Cette décision rendue par le juge Pronovost découle d’une audience d’un peu moins de trois heures tenue le 21 avril au palais de justice de Trois-Rivières au cours de laquelle les filles de la victime, s’opposant à la requête, ont lu avec émotions les lettres qu’elles avaient rédigées.

Me Julien Beauchamp-Laliberté pilotait le dossier pour le ministère public tandis que Me Cynthia Chénier représentait Robert Godbout.