Paul-Émile Therrien acquitté sur toute la ligne

Au palais de justice de Victoriaville, le Victoriavillois Paul-Émile Therrien a été acquitté sur toute la ligne, mercredi. L’homme de 85 ans faisait face à neuf chefs d’accusation de nature sexuelle et à un chef de menace.

L’octogénaire subissait un second procès. Lors d’un premier procès, il avait été trouvé coupable par un jury le 30 mars 2019. Il avait porté le verdict en appel.

Ainsi, la Cour d’appel du Québec a cassé les verdicts de culpabilité le 21 décembre 2021 et ordonné la tenue d’un nouveau procès.

Paul-Émile Therrien a alors fait le choix d’un procès devant juge seul, procès qu’a présidé le juge Pierre Lortie du 9 au 12 décembre 2024.

Les parties se sont retrouvées devant la cour le 4 avril 2025 pour les plaidoiries, après quoi le magistrat a pris l’affaire en délibéré.

Dans sa décision, le président du tribunal a rappelé que la preuve du poursuivant reposait essentiellement sur les témoignages des deux plaignantes qu’on ne peut identifier en raison d’une ordonnance de non-publication.

En défense, l’accusé a été le seul témoin entendu et il a nié tous les faits allégués.

Après l’analyse de la preuve, le juge Lortie a conclu que le tribunal ne pouvait rejeter la dénégation de l’accusé. “Devant le tribunal, précise-t-il dans un jugement écrit, l’accusé s’est exprimé calmement et clairement en donnant beaucoup de détails. Sa mémoire est très bonne. Il n’a pas tenté de se défiler (…) Il a parlé sans détour et de façon crédible de ses dysfonctions sur le plan sexuel qui rendent incompatibles les versions des plaignantes concernant les érections et les éjaculations.”

Le magistrat estime aussi que le témoignage de l’accusé, appuyé à certains égards par la preuve documentaire, a tenu la route malgré un contre-interrogatoire serré. “Sa dénégation quant aux gestes reprochés est claire et directe”, souligne le juge.

Le magistrat poursuit en soulevant une question : dans la mesure où le tribunal ne croirait pas l’accusé, existe-t-il un doute raisonnable? À cela, le juge Lortie signale que “le témoignage de l’accusé en lui-même suscite un doute raisonnable”.

Se penchant ensuite sur le témoignage des plaignantes, le président du tribunal soulève que, pour l’une, “plusieurs éléments affaiblissent la fiabilité de son récit”, tout en soulevant une certaine “contradiction importante”.

Au sujet de l’autre plaignante, le tribunal fait valoir qu’il “doit faire preuve de prudence concernant le témoignage au chapitre de la crédibilité”, évoquant son ressentiment envers l’accusé.

Le juge Pierre Lortie note que, pris isolément, des éléments comme les trous de mémoire, les hésitations et les imprécisions doivent être relativisés. “Toutefois, écrit-il, passé une certaine limite quantitative et qualitative, le doute s’installe dans l’esprit du juge. Le courage démontré par les plaignantes ne doit pas détourner l’attention des principes fondamentaux. Pour paraphraser la Cour d’appel dans le récent arrêt Chaouachi, le juge ne peut choisir les faits de manière à façonner un récit d’agression. Tous ces éléments conduisent à un acquittement.”