«Fred, en haut, va nous aider tous les deux»

VICTORIAVILLE. Jean Goulet de Sainte-Hélène-de-Chester, père de Frédérick D’Amour, ce jeune homme de 21 ans tué dans un tragique accident, a pris la parole, mercredi après-midi, au palais de justice de Victoriaville. Il a témoignait lors des représentations sur la peine dans le dossier de Michael Dufour qui conduisait la voiture dans laquelle son grand ami a perdu la vie dans la nuit du 1er juin 2013 sur la route de la Grande-Ligne.

Michael Dufour, en fait, était plus qu’un ami pour Frédérick D’Amour. «Michael est comme un demi-frère. C’était des amis d’enfance, ils étaient toujours ensemble», a indiqué l’homme de 51 ans qui avoue traverser une épreuve difficile. «J’ai perdu Fred, ça me fait de la peine, ça me crée des soucis. Mais je suis ici pour épauler Michael pour dans son épreuve, pour le soutenir dans son futur. Fred, en haut, va nous aider tous les deux. Il va être là pour nous autres», a-t-il exprimé.

Jean Goulet, dans la boîte des témoins, s’est adressé à l’accusé. «Je tiens à te dire que je serai toujours là pour toi. Si tu as besoin de quelque chose, demande-le. Tu es comme mon gars», a-t-il dit.

Questionné par le procureur de la poursuite, Me Maxime Laroche, à savoir s’il lui pardonnait, la réponse n’a pas tardé. «Oui, je lui pardonne. Je pardonne aussi à l’autre conducteur, Raphaël Valois, qu’on ne connaissait pas du tout. C’était un étranger. Je ne leur en veux pas. La vie est assez courte. J’ai autre chose à faire que de haïr», a fait savoir M. Goulet qui est toujours demeuré en contact avec Michael Dufour à la suite de l’accident.

«On n’a jamais reparlé de l’accident. Il a aussi de la peine, je sais que c’est difficile pour lui. On vit le moment présent. On s’accepte comme ça», a confié le père de la jeune victime.

Le juge Bruno Langelier, qui préside l’audience, a salué le témoignage de l’homme. «Vous avez beaucoup de courage, de résilience, Monsieur. Vous démontrez une grande force intérieure qui vous vient peut-être de votre maturité, de votre cheminement», a-t-il dit.

«J’en ai vécu des épreuves, mais celle-là, c’est la cerise sur le sundae», a ajouté M. Goulet.

Le magistrat a remercié le père de Frédérick D’Amour. «Merci beaucoup, vous êtes un exemple parce que vivre avec la haine n’amène pas d’évolution», a souligné le juge.

«Non, ça détruit», a conclu Jean Goulet.

«J’espère, a renchéri le président du Tribunal, que la vie vous rendra ce que vous êtes, ce que vous faites, j’espère que la vie vous récompensera.»