Braquage à Princeville : une longue peine attend Letarte

Christopher Letarte, 33 ans, qui réside à l’extérieur de la région, doit s’attendre à recevoir une peine se situant entre 7 et 10 ans d’emprisonnement pour l’introduction par effraction et vol qualifié commis le matin du 24 février 2021 dans une résidence du boulevard Carignan Est à Princeville.

C’est ce qu’ont proposé les parties, 7 ans pour la défense et 10 ans pour le ministère public, lors des observations sur la peine, mardi, au palais de justice de Victoriaville. Le juge Bruno Langelier de la Cour du Québec aura à trancher. Il fera connaître sa décision le 14 juillet. En début d’audience, Me Jean-François Lauzon a fait entendre son client Christopher Letarte, rappelons-le, qui avait reconnu sa culpabilité, le 28 février dernier, aux accusations d’introduction par effraction, de vol qualifié, de déguisement dans le but de commettre un acte criminel et de port d’arme.

Letarte tenait à s’exprimer. Il a d’abord raconté une enfance difficile et ses conditions de détention difficiles durant la pandémie. En lien avec le braquage à Princeville, il a précisé que son but était d’aller voler des bijoux et de l’argent, et non pour faire du mal à autrui. « Je ne m’attendais pas à ce qu’il y ait quelqu’un (une femme) dans la maison », a-t-il dit. Christopher Letarte a pu lire les déclarations des victimes et prendre ainsi conscience des conséquences et des séquelles sur leur vie. « Je suis désolé, je m’excuse, a-t-il exprimé. Je ne pensais pas que ça pouvait laisser autant de dommages, de traumatismes. »

Au moment des événements, il était intoxiqué. La consommation n’a pas aidé au passage à l’acte, selon lui. « J’ai pris une mauvaise décision, je ne suis pas une mauvaise personne. Je suis vraiment désolé de m’en être pris à une famille qui avait une petite vie tranquille. Je m’en excuse. Je sais que j’ai causé beaucoup de torts. » Après sa détention, Christopher Letarte, prêt à retourner dans un centre de thérapie, dit vouloir reprendre sa vie en main et éviter tout ce qui le met à risque.

La poursuite

Le procureur aux poursuites criminelles et pénales, Me Michel Verville, dans sa plaidoirie, a cité certains arrêts, faisant notamment valoir qu’en matière de braquage à domicile (invasion de domicile), les critères de dissuasion et de dénonciation doivent primer. « Malgré une condamnation en 2015 pour introduction par effraction et extorsion, rien n’a changé. Il s’est attaqué au château fort d’une jeune famille en affaires. Et le fait qu’il y ait eu repérage et surveillance des lieux au préalable en dit beaucoup sur le niveau de préméditation », a plaidé Me Verville, sans compter la violence utilisée pour sortir de la résidence. « Il a menacé avec un couteau le propriétaire qui arrivait », a-t-il souligné.

Il faut aussi tenir compte, selon le représentant du ministère public, du port d’un déguisement « puisqu’il augmente le traumatisme des victimes par l’anonymat ». « Quant à l’état des victimes, je n’ai pas de mise à jour à vous faire, a ajouté Me Verville. La situation n’a pas évolué. Les conséquences et les séquelles sont importantes. Les gens sont dévastés. » Le procureur de la poursuite, en s’appuyant l’ensemble des circonstances et du fait que son complice Pierre-Antoine Talbot (qui a aussi fait irruption dans la maison) a écopé de cinq ans de pénitencier le 9 décembre, a fait valoir qu’une peine de huit de pénitencier lui paraissait justifiée. En incluant les histoires de voies de fait et menaces survenues par la suite à Trois-Rivières et Rimouski, Me Verville a réclamé une peine totalisant 10 ans d’emprisonnement.

En défense

L’avocat de Christopher Letarte, Me Jean-François Lauzon, a souligné que son client et les complices avaient planifié un vol et présumé que tous les occupants de la maison étaient absents. « Ils allaient commettre un vol qui s’est transformé en invasion de domicile », a-t-il énoncé. Oui, son client avait un couteau. « Heureusement, il n’a pas servi pour des voies de fait. Il n’y a eu aucun geste d’attaque. Le couteau a servi d’arme de dissuasion pour dire qu’on veut s’en aller. Et il a été utilisé pour crever des pneus », a signalé Me Lauzon.

De son client, l’avocat a rappelé son enfance difficile, avec peu d’affection. Et il a emprunté la voie de la facilité. « Mais il a fait des prises de conscience. Sans grande éducation, il est tout de même intelligent et s’exprime bien. Il a témoigné d’une façon sincère, sans tenter de faire de cachette. Il a été très transparent », a-t-il soutenu.

Même si rien n’est parfait, Me Lauzon a constaté que son client a amorcé une prise de conscience. « Il a beaucoup réfléchi à ses comportements. Il a le désir de s’en sortir et de reprendre sa vie en main », a-t-il observé, avant de demander une peine de six ans de pénitencier pour les événements de Princeville, mais une peine totale de sept ans en incluant les autres délits. À la peine que le juge Langelier imposera cet été, il faudra alors retrancher la détention provisoire qui, en date du 25 avril, équivalait à 1046 jours.