Élections partielles : des jeunes réunis dans un débat au Cégep

Élections partielles : des jeunes réunis dans un débat au Cégep

Les participants au débat : Keven Brasseur (CAQ)

Quatre représentants de l’aile jeunesse de la Coalition avenir Québec (CAQ), du Parti québécois (PQ), de Québec solidaire (QS) et du Parti libéral du Québec (PLQ) ont croisé le fer, en début de soirée, mardi, à l’occasion d’un débat organisé au cégep de Victoriaville par l’association étudiante et le département des Sciences humaines.

Entre les discours d’ouverture et de fermeture, Keven Brasseur de la CAQ, Camille Arsenault-Brideau du PLQ, Marc-André Bouvette du PQ et William Fortier de QS ont été soumis à un débat thématique, à un débat ouvert et à une période de questions, échangeant ainsi pendant près de 75 minutes devant un auditoire d’une trentaine de personnes.

Les représentants des partis ont fait valoir leurs idées, leurs propositions sur différents sujets, traitant notamment des actions à privilégier pour faciliter l’adaptation des immigrants dans la région, des mesures à prendre pour pallier au vieillissement de la population dans Arthabaska.

Ils ont abordé aussi ce projet de hausser à 15 $ l’heure le salaire minimum, proposition chère à Québec solidaire. «Pour nous, c’est très clair, a indiqué William Fortier. Il est aberrant, inadmissible, qu’une personne travaille 40 heures par semaine sans réussir à sortir de la misère. Il faut y remédier.»

Marc-André Bouvette du PQ partage aussi cet avis. «Il faudra aussi intervenir dans les secteurs fragilisés, une bonification du financement par l’État», a-t-il dit.

Le représentant du PLQ, Camille Arsenault-Brideau, lui, a rappelé la position du premier ministre Philippe Couillard à l’effet qu’il fallait envisager avec prudence une hausse drastique. «Il faut s’assurer que la hausse n’amène pas d’effets importants comme des fermetures de PME et des pertes d’emplois», a-t-il souligné.

La CAQ, de son côté, estime qu’on prend le problème à l’envers. «Il faut plutôt se demander quoi faire pour relancer l’économie et générer des emplois de qualité», a fait valoir Keven Brasseur.

L’importance de cours d’éducation sexuelle au primaire et au secondaire ressort, par ailleurs, lors des échanges sur les mesures pour contrer la violence sexuelle et la culture du viol.

Débat ouvert

Les participants au débat ont pu questionner leurs opposants, des questions variées, touchant, entre autres, l’impact de l’accord de libre-échange avec l’Europe, la centralisation des échantillons avec Optilab et la réforme du monde de scrutin.

Le représentant du PLQ a notamment interrogé son vis-à-vis de la CAQ sur leur article 1 que le parti veut se donner. «On veut affirmer clairement qu’on veut un Québec fort dans un Canada uni, revendiquer des pouvoirs sur l’éducation, sur la langue, là où le PLQ n’a rien fait depuis des années, alors que le PQ se fait plutôt abstrait avec la souveraineté», a soutenu Keven Brasseur.

Questionné sur l’avenir du PQ, Marc-André Bouvette a rappelé que sa formation comptait le plus de membres au Québec. «À chaque élection, on prédit notre mort. Mais le PQ est là pour rester. Je suis convaincu que si nous présentons l’enjeu correctement, misant notamment sur l’ouverture sur le monde, les jeunes embarqueront», a-t-il souligné.

L’environnement a aussi été abordé quand le représentant du PQ a voulu savoir de son vis-à-vis du PLQ ce qui motivait l’hésitation du gouvernement à s’opposer au pipeline d’Énergie Est. «Nous adhérons à l’énergie verte, mais toute transition doit se faire graduellement à moyen et à long terme. À court terme, on doit continuer de «dealer» avec le pétrole», a répondu Camille Arsenault-Brideau.

Le thème de la place des femmes et de la difficile reconnaissance des compétences et des diplômes des immigrants ont été discutés à la suite de questions du public.

Tous ont reconnu le problème et l’importance, pour la plupart, de travailler avec les différents ordres professionnels pour trouver des solutions et accélérer la reconnaissance.

Mots de la fin

Premier à s’exprimer pour clore la soirée, Camille Arsenault-Brideau a fait valoir l’importance des idées des jeunes. «Les idées exprimées à la Commission jeunesse du PLQ font leur chemin jusqu’au gouvernement.»

Keven Brasseur, lui, a dit trouver «emballant» le défi de bâtir un parti avec la CAQ. «Le papier est sur la table à dessin. On peut construire, travailler à faire changer les choses. C’est possible», a-t-il signalé.

La porte du PQ est grande ouverte aux jeunes, a confié Marc-André Bouvette. «Les prochains mois, a-t-il dit, seront importants. Il y aura un congrès jeunesse où il est possible d’élaborer des propositions.»

Quant aux élections dans Arthabaska, il a insisté sur l’importance de se prononcer. «Faites valoir votre voix», a-t-il terminé.

Enfin, William Fortier de QS a conclu, mais en refusant de parler de son parti. «Il y a de quoi de plus important que la politique partisane, a-t-il exprimé. Utilisez votre raison. Osez le courage de vous lever contre l’injustice.»

«On ne veut pas forcer les gens à voter pour nous, a expliqué la candidate de Québec solidaire, Sarah Beaudoin, qui a assisté au débat. Mais en utilisant leur raison, les gens sauront qu’ils devraient voter pour nous.»

La candidate de QS dans Arthabaska dit avoir bien apprécié la rencontre. «Je trouve qu’ils ont fait preuve de beaucoup de respect. Tout le monde gagne à pratiquer la politique avec respect», a commenté Sarah Beaudoin qui a trouvé intéressante cette idée de recourir à des représentants jeunesse. «Parce que les partis politiques, ce ne sont pas seulement les candidats», a-t-elle noté.

Un autre des candidats à la campagne dans Arthabaska, le péquiste Jacques Daigle a été vu aussi en début de rencontre.

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