Eau : au moins 22 M $ pour une cascade de travaux aux usines de Victo

Eau : au moins 22 M $ pour une cascade de travaux aux usines de Victo

Le directeur Serge Cyr dans le laboratoire de l'usine de filtration devenu exigu.

Crédit photo : www.lanouvelle.net

Les travaux qui se sont amorcés à l’automne à l’usine d’épuration des eaux usées de Victoriaville ne sont que le début d’un vaste chantier qui s’étalera jusqu’à la fin de 2019. Au bas mot, ils auront coûté quelque 22 millions $ selon des estimations préliminaires.

Directeur du service de l’environnement à la Ville de Victoriaville, Serge Cyr soutient que l’usine construite en 1985 devrait être adaptée aux  besoins des 20 prochaines années. Cela, précise-t-il, si l’augmentation de la population et de l’activité industrielle continue de croître au rythme actuel. Il rappelle que d’importants travaux avaient été menés – et mis en route en 2017 – quelques années avant l’amorce de l’actuel chantier. Ceux-là concernaient le système de flottation, devant servir le secteur industriel. M. Cyr détaille chacune des trois étapes de la mise à niveau de l’usine du boulevard Jutras Ouest où travaillent neuf personnes.

Première phase

Un bâtiment est en cours de construction pour abriter les nouveaux dégrilleurs qui permettront de «tamiser» plus finement tout ce qui transite à l’usine. Actuellement, précise M. Cyr, les dégrilleurs laissent passer tout ce qui mesure moins d’un demi-pouce. Les deux nouveaux dégrilleurs (1/8 de pouce) élimineront du traitement des objets comme des mégots de cigarette, des cure-oreilles, des étuis de tampons hygiéniques, des bouts de lingette, tout ce qui, par ailleurs, ne devrait pas se retrouver dans les toilettes. «On prévoit qu’on pourra ainsi réduire la quantité de ces matières de 10 mètres cubes par jour», signale le directeur.

Lors de ces travaux de la première phase, les ouvriers installeront un nouveau dessableur, l’actuel ayant perdu de son efficacité. Deux soufflantes s’ajouteront aux deux actuelles alors qu’on changera également les diffuseurs d’air. Pour ces travaux qui devaient coûter 4,8 millions $ au départ et pour lesquels la Ville avait obtenu une subvention du Fonds pour l’eau potable et le traitement des eaux usées (FEPTEU) équivalant à 83% du prix estimé, Serge Cyr admet que la facture totale sera plus importante, atteignant 5,8 millions $ en raison de l’accumulation d’imprévus. Il espère que le chantier prendra fin en mai prochain.

Deuxième phase

La deuxième phase, dont la facture est estimée à 7 millions $, devrait suivre dès mai pour s’étendre jusqu’à décembre 2018. La deuxième étape consistera à ajouter un cinquième bassin d’aération et deux bassins décanteurs aux quatre existants. Ces bassins s’ajouteront derrière l’usine Achille-Gagnon.

La troisième phase «déborde»

Enfin, la troisième phase «débordera» en quelque sorte le site de l’usine d’épuration puisqu’elle visera à installer une nouvelle canalisation sanitaire, partant du boulevard Pierre-Roux (à la hauteur de Toyota) jusqu’à la station Laflamme du boulevard Jutras Ouest. Serge Cyr explique que cette nouvelle canalisation vise à séparer égout pluvial et égout sanitaire dans le secteur industriel, selon les nouvelles dispositions du ministère de l’Environnement.

Actuellement, soutient-il, et le phénomène ne serait pas exclusif à Victoriaville, c’est un tuyau combiné de 66 pouces qui, lors de pluies abondantes et pour éviter de «noyer» l’usine, déverse tout son contenu directement dans le collecteur de la rivière. «Heureusement pour Victoriaville, nous ne possédons pas d’usine lourde, de sorte que ce qui peut se retrouver dans la rivière n’est pas toxique.»

Ce troisième chantier le plus coûteux, estimé à 9,3 millions $, devrait se dérouler du printemps 2019 à Noël 2019. Dans la foulée de ces travaux, la Ville installera une nouvelle station de pompage. La mise à niveau de l’usine sert, entre autres, les fins d’entreprises en croissance comme Parmalat et Canlac. Le directeur précise que ces entreprises contribuent à payer les factures de ces chantiers.

À l’usine de filtration

Un chantier, également amorcé à l’automne, agrandit l’usine de filtration Hamel, située tout à côté du réservoir Beaudet. Il s’agit du quatrième agrandissement pour cette usine construite en 1928. Elle l’a été en 1948, en 1968 et en 2000. Cette fois, ces travaux ne visent pas à mettre l’usine à niveau ou à augmenter sa capacité de traitement, mais à loger les employés, leur nombre ayant augmenté au fil des années. «Dix ans qu’on attendait cet agrandissement!»

Incluant le directeur, 17 personnes travaillent à cette usine, à quatre dans certains bureaux, souligne M. Cyr. Le laboratoire, par exemple, est exigu, le nombre d’analyses requises pour la filtration de l’eau du réservoir a aussi augmenté. L’ajout d’une aile de deux étages permettra d’agrandir le laboratoire, d’aménager des bureaux un peu plus grands, d’ajouter une salle de conférence. Un garage à trois portes permettra aussi d’y stationner les gros véhicules dont on n’aura plus à déneiger le toit en hiver, une autre obligation gouvernementale. Les travaux entrepris l’automne dernier auraient dû se terminer en janvier, mais la pénurie de structures d’acier, un changement nécessaire au type de fondation – les carottes n’avaient pas révélé la vraie nature du sol – ont compliqué le chantier. Du coup, la facture estimée à 400 000 $ devrait plutôt atteindre 500 000 $, avance le directeur du service municipal de l’environnement. Il espère que les travaux prendront fin en avril.

L’usine filtre en moyenne 20 000 mètres cubes d’eau quotidiennement, celle provenant du réservoir Beaudet. Sa capacité peut atteindre 40 000 mètres cubes par jour. Lorsqu’il y a panne de courant paralysant les pompes des deux puits de Victoriaville rue Poisson et à Saint-Christophe-d’Arthabaska, l’usine de filtration qui alimente environ la moitié de la population victoriavilloise peut ainsi desservir l’autre moitié de la population. Ces travaux ne représentent, finalement, qu’une portion de tous ceux que Victoriaville devra entreprendre au cours des prochaines années à même son réservoir Beaudet et pour lesquels elle attend le feu vert du ministère de l’Environnement. Elle espère aussi des subventions.