Des installations pour petites et Grandes oreilles

Des installations pour petites et Grandes oreilles

L'œuvre de Marc Fournel qui a collectionné des sons de l'environnement victoriavillois.

Crédit photo : www.lanouvelle.net

Toute la semaine, jusqu’au 20 mai, le public est invité à un étonnant circuit, celui des installations sonores du Festival international de musique actuelle de Victoriaville (FIMAV). Un parcours tout aussi accessible aux petites qu’aux grandes oreilles.

«Les grandes oreilles», c’est d’ailleurs le titre de l’œuvre de Marc Fournel qui a collectionné des sons dans l’environnement victoriavillois et qui les offre à entendre par un dispositif qui ressemble à d’immenses jumelles dotées… d’écouteurs.

L’œuvre est installée à la Place Sainte-Victoire. Les petits comme les grands y capteront des sons que l’artiste a enregistrés dans un rayon de deux kilomètres, sur le bord de la rivière, à l’usine de filtration, même à l’hôtel de Ville, etc. On y reconnaîtra le bruit des tracteurs, même la voix du maire.

En compagnie du groupe d’élèves de maternelle de l’enseignante Sonia Laporte et avec la guide et médiatrice culturelle Marie Vaillancourt-Laporte, on a pu prendre contact avec l’ingéniosité des artistes qui, par leurs œuvres, créent des univers fascinants.

Les enfants voulaient tous actionner les boutons sons et images de l’œuvre «À la frontière du songe» de Louis-Robert Bouchard installée dans une pièce sombre de la bibliothèque Charles-Édouard-Mailhot. Leur guide leur a expliqué que ces images et ces sons rappelaient celles et ceux que l’on peut voir et entendre juste à l’orée du sommeil. «Comme un hélicoptère, comme un feu d’artifice, comme un arc-en-ciel… comme un monstre qui éteint les lumières», ont répondu les écoliers à la question de leur guide «À quoi cela vous fait penser?».

Ce n’était pas la seule œuvre interactive, puisque celle de Tom Jacques, «Trajet pas pareil» sollicitait aussi l’intervention des enfants. En tournant les manivelles, plus ou moins rapidement et sur des surfaces différentes, ils ont pu créer toute une gamme de sons avec de fins grattoirs.

Autre œuvre interactive, celle de Jean-François Laporte intitulée «êkhô», laquelle, avec ses grandes plaques d’acier, finissent par vibrer par le son qu’on leur imprime. Les enfants étaient trop timides pour chanter, mais se sont amusés à lancer leur voix… et à se mirer dans les plaques métalliques.

Autre «Écho», cette installation sonore de Caroline Gagné où les enfants ont eu l’impression de se retrouver à bord d’une embarcation nautique avec, entre autres, toute la diversité des sons que peut faire l’eau.

Ils ont également tendu l’oreille au «Panopticon» de Claude Périard, une composition musicale qu’émaillent, en temps réel, les conversations des radios de police de Chicago et de New York.

Enfin, «Sept objets» disposés dans la salle d’exposition du Carré 150 de Motel Hélène (là où se sont rencontrés Frédérique Laliberté et Philippe Lauzier formant un couple) a probablement été la plus troublante des œuvres sonores aux «yeux» des enfants. Il faudra ouvrir grand les oreilles pour entendre l’histoire que ces objets suggèrent. Et faute d’entendre, le public pourra se créer un récit, avec cette forme métallique qui respire, ces livres qui fuient.

Cette 9e édition des installations sonores, à la fois prélude et toile de fond au FIMAV, s’est attiré l’inscription d’une quarantaine de groupes d’écoliers et d’élèves, un record a souligné Jordie Vézina-Levasseur. Ils sont appelés à devenir eux-mêmes des guides pour leurs parents!

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