Des défis de taille pour le CIUSSS MCQ

Des défis de taille pour le CIUSSS MCQ

La collision s'est produite vers 9 h 45.

Confronté à une population vieillissante, à une augmentation des demandes de services et à une forte pression s’exerçant sur le personnel, le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec fait face à des défis de taille.

Son président-directeur général, Martin Beaumont, en a fait état, mardi soir, lors d’une séance publique d’information qui a réuni un peu plus d’une trentaine de personnes à l’Hôtel-Dieu d’Arthabaska.

Le CIUSSS MCQ fait face à un important problème d’absentéisme associé, non seulement, à la maladie, mais aussi aux congés de maternité et aux vacances.

«On gère de l’assurance-salaire, on demande donc du temps supplémentaire, les gens travaillent davantage, puis tombent sur l’assurance-salaire. Nous sommes dans une vrille  difficile à arrêter. On doit mettre beaucoup d’efforts pour revenir vers la stabilité», a expliqué Martin Beaumont.

«Le plus grand défi que vit le CIUSSS MCQ n’est pas financier, ni un défi de compétence, mais un défi de capital humain, au chapitre de la rétention du personnel, certes, mais également au niveau du recrutement. Le bassin de recrutement potentiel n’est pas une pêche miraculeuse», a souligné le PDG, notant que les programmes de formation n’affichent pas complets

«Il faut aller en concurrence dans d’autres régions pour recruter», a-t-il ajouté.

Voilà pourquoi le CIUSSS MCQ place le capital humain en tête de ses priorités. «Il nous faut des travailleurs en santé et en sécurité pour en assurer la disponibilité. On doit cesser de traiter des dossiers d’assurance-salaire. Nous devons gérer davantage la santé de nos travailleurs dans une logique de prévention et de santé et de sécurité au travail», a fait valoir Martin Beaumont.

L’amélioration de l’accès des services de première ligne et de proximité figure aussi dans la liste des priorités, tout comme la question de la perte d’autonomie. «Nous devons y faire face, mais la perte d’autonomie ne concerne pas seulement le vieillissement de la population, mais c’est aussi la santé mentale, la déficience intellectuelle et le trouble du spectre de l’autisme», a précisé le PDG.

Coup d’œil sur la dernière année

La séance d’information a permis à la direction du CIUSSS MCQ de tracer un bilan de la dernière année.

Ainsi, la fréquentation dans les urgences a chuté très légèrement. Par contre, le nombre de personnes sur civière a augmenté de près de 1000 usagers.

Pour la première fois depuis longtemps, on a observé une diminution de 1 h 30 la durée moyenne du séjour à l’urgence. «On continue de s’améliorer», a signalé le PDG.

On se réjouit au CIUSSS MCQ des résultats en lien avec les médecins de famille. Pour l’ensemble du territoire, le pourcentage de la population ayant un médecin de famille a grimpé, passant de 78% à près de 86%.

Dans Arthabaska-Érable, le taux a augmenté de 74% à quelque 83%.

Dans le domaine du maintien à domicile, les investissements réalisés ont mené à une augmentation de 12% du nombre d’usagers. «Les heures supplémentaires ont augmenté de plus de 20 000 en soins et services directs», a fait savoir Martin Beaumont.

L’accès aux médecins spécialistes s’améliore et les listes d’attente ont diminué dans neuf spécialisés, a-t-il dit aussi.

En chirurgie, la région, estime le PDG, se situe parmi celles qui offrent le meilleur accès. Le nombre de patients en attente a régressé de 89%. «On a des équipes hautement mobilisées menant ainsi à des résultats exceptionnels», a commenté M. Beaumont.

En matière de prévention des infections, même si l’Hôtel-Dieu d’Arthabaska a connu une importante éclosion de cas de C difficile, le CIUSSS MCQ a observé une diminution de 24% du nombre de cas d’infections diverses.

Par ailleurs, les chutes et les erreurs de médicaments représentent les principaux cas d’accident et d’incident. Les chutes ont augmenté de 3,4% au cours de la dernière année, tandis que les erreurs de médicaments sont demeurées stables.

Soins de fin de vie et aide médicale à mourir

Durant la dernière année, 2243 personnes ont pu rendre leur dernier souffle à domicile. «C’est ce qu’on préconise. Il y en a beaucoup plus qu’avant. Cela vient avec une intensification des services et du support aux familles et aux proches aidants», a confié Martin Beaumont, heureux, a-t-il dit, de ce virage s’inscrivant dans le respect du choix des gens.

Quant à l’aide médicale à mourir, le CIUSSS MCQ a reçu 35 demandes et 25 d’entre elles ont été administrées. «On a livré la marchandise en lien avec le choix des usagers», a mentionné le PDG.

Parmi les demandes non exécutées, l’une d’elles concerne un patient décédé avant que l’aide médicale ait pu lui être consentie.

Trois autres usagers ont retiré leur demande, tandis que six personnes n’étaient pas aptes à obtenir l’aide médicale à mourir.