Rideau d’eau : quand la tradition acéricole devient poésie aérienne
Depuis quelques jours, les habitués de la piste cyclable autour du réservoir Beaudet ont remarqué l’apparition d’une installation aérienne dans l’allée des grands pins. C’est l’œuvre de l’artiste Alice Longpré, intitulée Rideau d’eau.
Rencontrée sur les lieux alors qu’elle avait complété la mise en place de l’œuvre, Alice a expliqué que l’installation a été créée en hommage au terroir centricois puisqu’elle est faite à partir d’objets recyclés, de la tubulure d’érablière plus précisément. “Elle fait partie du paysage forestier de notre région”, apprécie-t-elle. L’artiste a ainsi dévié de son utilisation habituelle cet objet qu’on découvre maintenant autrement, parfois avec étonnement ou émerveillement.
L’œuvre vient aussi cartographier la forêt en sillonnant l’espace tout en formant un réseau de lignes, comme elle l’explique dans sa démarche.
C’est en collaboration avec le CFER Normand-Maurice de Victoriaville qu’elle a élaboré le projet. L’établissement, qui a pour mission d’accompagner les jeunes en difficulté et leur offrir une formation préparatoire au marché du travail, a fourni la matière, mais aussi les élèves qui ont ainsi pu contribuer à un projet artistique. Ils ont en effet appuyé Alice et l’ont aidée à couper, percer et enfiler les bouts de tubes bleus avant que les guirlandes ainsi créées soient accrochées à des fils de fer en hauteur, créant ainsi des vagues à l’envers qui bougent et s’animent au gré du vent. Rideau d’eau devient ainsi, en plus, un projet de médiation culturelle qui semble avoir été apprécié autant du côté de l’artiste que de celui des élèves du CFER.
C’est donc un projet artistique, social et communautaire dont tous les passants du réservoir Beaudet peuvent maintenant bénéficier, et ce, jusqu’à la fin de l’été, moment où l’installation sera démantelée. À ce moment, les bouts de tubes qui la composent seront alors destinés à la récupération après avoir eu deux vies bien distinctes (une vocation acéricole et une autre artistique).
L’œuvre se veut ainsi un hommage à la région, à l’acériculture et à l’eau. Elle est déjà bien appréciée de plusieurs qui voient dans cette installation un bel ajout à l’environnement. Et pour Alice, d’installer Rideau d’eau dans un espace aussi fréquenté permet d’amener l’art directement vers les gens.
Pour la réalisation de cette œuvre, l’artiste a bénéficié d’une bourse du CALQ.
