Pas banal le 38e FIMAV

Pas banal le 38e FIMAV
René Lussier et Koichi Makigami (Photo : Martin Morissette)

On ne peut pas dire que le 38e Festival international de musique actuelle de Victoriaville (FIMAV) aura été banal. Avec des imprévus avant même le début des concerts, toute l’équipe a fait face à la situation et présenté, malgré tout, une programmation étoffée.

En entretien téléphonique lundi, le directeur général et artistique Michel Levasseur a dressé un bilan positif de l’événement. « Cette année, on revenait avec tous les services et des équipes à 100% », a-t-il lancé d’entrée de jeu. En effet, l’an passé, le FIMAV était à sa plus simple expression en raison notamment des mesures reliées à la pandémie de la COVID-19. Ainsi le service de bar était de retour tout comme le kiosque d’articles promotionnels et les chauffeurs pour aller chercher les artistes de l’international, qui eux aussi revenaient au festival, tout cela avec beaucoup de nouveau personnel. « Nous avons redémarré la machine et sommes très satisfaits », a-t-il mentionné.

On ne peut passer sous silence le report d’une journée puis l’annulation pure et simple du concert du groupe d’Ukrainiennes (Dakh Daughters) qui, pour des motifs familiaux, à cause de la guerre dans ce pays, mais aussi en raison de problèmes de visa, n’a pu performer au FIMAV. « La moitié des gens qui avaient des billets pour ce spectacle ne venaient que pour celui-ci », a indiqué Michel Levasseur. La présence de ce groupe avait également suscité beaucoup d’intérêt et fait parler du festival un peu partout dans les médias. « Il y avait des décors déjà montés et une énorme logistique reliée à ce concert », ajoute le directeur du FIMAV. Il faut rappeler que c’est depuis 2019, soit bien avant le conflit entre la Russie et l’Ukraine, que ce spectacle se prépare. Et le directeur artistique ne baisse pas les bras et espère pouvoir les accueillir finalement en 2023 ou sinon en 2024 (pour le 40e pourquoi pas).

Il a également fallu, à quelques heures d’avis, trouver un concert pour remplacer celui de Dakh Daughters, ce que Michel Levasseur est parvenu à faire en invitant William Parker qui est venu en avion de New York alors que son batteur a fait de même, mais à partir de Boston. Le trio était complété par Ava Mendoza qui était déjà sur place pour le festival. Ainsi, au pied levé, les deux Américains sont venus passer quelques heures au Québec et au FIMAV pour présenter le projet « Mayan Space Station ».

Ajoutons à cela un autre concert qu’il a fallu annuler à un mois du festival pour des raisons de vaccination, nécessitant l’interruption de l’impression des programmes. Ainsi, ce ne sont pas les émotions qui ont manqué pour l’organisation du FIMAV 38. Malgré tout, le bilan est positif avec près de 3000 entrées en salle, comme prévu. « Nous ne nous attentions pas à un niveau de spectateurs prépandémie », a précisé Michel.

Même chose pour les Installations sonores dans l’espace public qui, de leur côté, ont accueilli 12 000 visiteurs. « En 2021, nous avions battu un record avec 14 000 personnes, peut-être à cause d’un besoin d’activités culturelles des gens », suggère le directeur. Un bon résultat en dépit d’une température difficile et de la pluie en début de festival. « Malgré cela, nous n’avons pas perdu de groupes scolaires », apprécie-t-il.

Michel Levasseur a de plus indiqué que ce circuit d’installations sonores tendait à devenir une référence au Québec. « Nulle part ailleurs il n’y a un tel événement avec des guides et une structure d’accueil », fait-il valoir. Si bien qu’il impressionne des spécialistes qui sont venus du Musée d’art contemporain de Montréal afin d’obtenir une visite guidée par le commissaire Érick d’Orion. « Nous devenons une influence dans ce secteur », ajoute le directeur général.

Des concerts appréciés

Pour ce qui est de la programmation, plusieurs concerts ont attiré l’attention et accueilli une bonne foule. Qu’il s’agisse du concert d’ouverture avec Nadah el Shazly, de celui de René Lussier ou encore de Koichi Makgami (qui, à un mois du festival, a accepté de remplacer l’artiste espagnole Fatima Miranda qui n’a pu entrer au Canada parce que, pour des raisons de santé, elle ne peut se faire vacciner contre la COVID-19), pour ne nommer que ceux-là, les expériences musicales n’ont pas manqué, au grand plaisir des festivaliers.

Des mesures sanitaires

Si le port du masque n’était plus nécessaire pour assister aux concerts, la direction du FIMAV a choisi de l’exiger pour les personnes qui venaient dans les bureaux (à cause de l’exiguïté des lieux) de même que pour les déplacements des artistes en coulisse et des techniciens. Toutes les personnes concernées ont adhéré à la demande. « Il faut ajouter à cela les tests COVID-19 qui étaient exigés pour les artistes qui rentraient aux États-Unis », précise Michel. 

D’ailleurs, jusqu’à maintenant, aucun cas de la maladie n’a été recensé, autant chez les artistes, l’organisation et même le public, cela malgré des salles assez combles. « Il y avait tout de même de l’espace pour la distanciation et les gens ont dit qu’ils se sentaient en sécurité », ajoute-t-il.

Donc après un début de festival assez stressant pour l’organisation, tout s’est bien déroulé par la suite.  

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