Maurice Richard carbure toujours aux spectacles

Du haut de ses 68 ans, Maurice Richard refuse de parler de retraite à court terme. Étant fortement engagé dans les spectacles de la Série hommage Rock sur la montagne, dont il est le créateur, le Victoriavillois d’origine est toujours animé par la culture et l’événementiel.

Après avoir passé 30 ans de sa vie à Montréal, étant impliqué dans plusieurs projets sportifs (notamment représentant des ventes pour les Expos) et culturels (de la production de spectacles), Maurice Richard a pris la décision de revenir s’installer dans sa région natale en 2012. À la fin de cette même année, il a obtenu le poste de gérant de salle pour Diffusion Momentum à Victoriaville. Puisque le Carré 150 n’existait pas à cette époque, étant construit en 2015, les spectacles étaient présentés dans divers endroits de la ville.

« On a été au Pavillon Arthabaska, au cinéma Laurier, on faisait des spectacles d’humour au deuxième étage de l’Évasion et on faisait de la musique classique à l’église Sainte-Victoire. On se promenait beaucoup en attendant la construction et l’ouverture du Carré 150 », a d’abord expliqué celui qui a été le directeur de production et de tournée pour le chanteur Bruno Pelletier pendant une vingtaine d’années.

Dans le cadre de son travail, Maurice Richard a été particulièrement impressionné par la salle du Pavillon Arthabaska puisqu’elle n’existait tout simplement pas avant qu’il revienne mettre les pieds à Victoriaville. « Quand je l’ai vue, je me suis dit wow, quelle belle salle avec une âme, a-t-il partagé. À ce moment, ça faisait quelques années que je n’avais pas produit de spectacles. Je me suis dit que si l’envie me reprenait d’en refaire, cette salle allait être la place parfaite pour ça. » C’est alors que lui est venue l’idée, en 2017, alors qu’il occupait toujours le poste de gérant de salle, de créer le concept de la Série hommage Rock sur la montagne. Étant un grand passionné de musique, le principal intéressé trouvait qu’il manquait de « musique rock » dans la région. « C’était un créneau musical inexistant à l’époque », a rappelé le cofondateur des Productions Rockatak en 1984. Avec son concept, Maurice souhaitait donc combler un besoin en ramenant la nostalgie des années 60, 70 et 80 aux amateurs de musique rock de la région des Bois-Francs.

Ce souhait a finalement été exaucé le 21 avril 2018 avec la présentation de la toute première édition de Rock sur la montagne. L’événement a été un énorme succès auprès du public, étant présenté à guichet fermé. Les spectacles n’ont plus jamais arrêté par la suite, étant toujours présentés huit ans plus tard (à l’exception de l’année 2020 en raison de la pandémie).

L’infatigable Maurice Richard

Ayant délaissé son emploi de gérant de salle en 2018 pour pleinement se consacrer à son nouveau projet, Maurice Richard demeure, à ce jour, toujours autant impliqué auprès de Rock sur la montagne. L’homme s’occupe de pratiquement tout, allant de la promotion des spectacles à la vente de billets, pour assurer la tenue des événements. « Je n’ai pas d’appui majeur en termes de subventions ou de commandites », a fait savoir celui qui a autrefois œuvré à la radio comme animateur, journaliste sportif et rédacteur publicitaire.

Il accueille même personnellement les visiteurs à l’entrée de la salle du Pavillon Arthabaska lors des soirées de spectacles. À noter que le passionné ne compte que sur un seul collaborateur pour l’aider, soit un ami de longue date (établi à Montréal), qui s’occupe notamment de la gestion des réseaux sociaux, des graphismes et de l’infographie. Encore là, c’est Maurice Richard qui crée et rédige tout le contenu pour la page Facebook de Rock sur la montagne.

Ainsi, à l’occasion de deux fois par année (début du printemps et à la fin de l’été), Maurice Richard parcourt les routes de la région pour effectuer sa traditionnelle « tournée de la 122 » afin de notamment y laisser des affiches et des petits cartons promotionnels sur le pare-brise des voitures. Question de garder une belle visibilité après toutes ces années.

« J’affiche dans 40 municipalités dans un rayon de 50 kilomètres de Victoriaville. Je me tape deux fois 1000 kilomètres par année pour faire ça. Je le fais parce que je crois au travail de terrain. J’ai cinq spectacles pour la prochaine édition et j’ai imprimé 175 affiches 12 x 18 par spectacle, ce qui donne un total de 875 affiches que je distribue. J’ai aussi imprimé 9000 petits cartons 4 x 6 », a raconté celui qui profite aussi des événements publics pour faire sa promotion.

Par sa façon de procéder, Maurice Richard estime offrir un service personnalisé qui lui tient à cœur. « C’est ma façon de me démarquer dans un monde rempli de services automatisés. Je tiens encore à parler aux gens et prendre le temps de leur donner toutes les informations. Considérant le type de clientèle que j’ai, avec mon rock des années 60, 70 et 80, les gens apprécient ma façon de fonctionner », a-t-il fait valoir.

Il se dit également heureux que ses spectacles favorisent le côté social et le contact humain. « Les amateurs apprécient se retrouver au Pavillon cinq fois par année afin de rencontrer des gens qui ont écouté la même musique. Ça permet aux amateurs de partager de beaux souvenirs musicaux ou de revoir du monde qu’ils n’ont peut-être pas vu depuis longtemps », a souligné Maurice Richard.

Travailler fort

Bien qu’il soit d’avis que ses spectacles connaissent « du succès », ayant fidélisé une clientèle (elle provient aussi d’ailleurs au Québec) au cours des dernières années, Maurice Richard ne tient absolument rien pour acquis. « L’an dernier, j’ai eu une édition record. Cette année, la vente de billets est plus lente », a-t-il observé.

Il est notamment conscient que le contexte économique actuel n’est pas nécessairement favorable pour les spectacles, faisant en sorte que les gens accordent un moins grand budget pour le volet loisir. « Ce n’est pas un domaine essentiel et c’est normal. Il faut donc travailler encore plus fort dans ce temps-là », a-t-il affirmé.

De plus, la concurrence musicale et de spectacles est plus forte que jamais dans la région, a-t-il noté. « Diffusion Momentum, avec ses soirées privées, présente environ 300 événements par année. C’est énorme. C’est sans compter les autres spectacles dans la région. Il y a notamment la salle Kingsey, à environ 30 minutes de Victoriaville, qui offre aussi une centaine d’événements par année. L’offre est immense dans le coin », a indiqué Maurice Richard.

« Pour réussir à faire sa place et à vendre ses billets, il faut donc travailler fort, a-t-il continué. Je l’ai toujours fait, ayant commencé dans le milieu du métal « underground » avec le groupe saguenéen Voïvod. On partait de rien. On a appris à travailler et à être résilient. C’est ce qu’il faut faire parce que même si tu as du succès une année, ça ne veut pas dire que ça va se répéter l’année suivante. »

Passionné comme personne d’autre, ayant encore beaucoup d’énergie et misant sur une bonne santé, Maurice Richard ne prévoit pas s’arrêter prochainement. Il continuera à présenter ses spectacles de Rock sur la montagne « tant que les gens seront au rendez-vous ». « J’ai tellement mis de temps et d’énergie depuis 2017 dans ce projet que je n’ai pas l’intention de l’abandonner », a-t-il insisté. L’édition 2027, avec la présentation de cinq spectacles, étant déjà programmée, l’organisateur commence à penser à l’année 2028.

Et s’il est en mesure d’accomplir ce qu’il fait depuis des années, Maurice Richard le doit notamment à ses riches expériences variées acquises au fil de sa carrière. « Pour les gens, ça peut sembler éclectique comme carrière. En même temps, je trouve qu’il y a du bon dans le fait d’être diversifié. C’est ce qui me permet aujourd’hui de m’installer à mon bureau, d’être devant une page blanche et d’être capable de créer un concept comme la Série hommage Rock sur la montagne », a-t-il conclu.