L’inclassable Marcel Baril en exposition au Musée de l’Hôtel des Postes

Jusqu’au 30 janvier 2028, les deux étages du Musée de l’Hôtel des Postes de Victoriaville proposent Marcel Baril : Inclassable, une exposition consacrée au peintre warwickois (1917-1999).

Déjà, le vernissage a permis à environ 80 personnes de visiter en primeur cette exposition qui permet de découvrir ou de redécouvrir ce peintre dont le style bien particulier reste encore à ce jour inclassable (d’où le titre de l’exposition).

C’est grâce à une collaboration entre la Société du Musée Laurier (SML) et la Société d’histoire de Warwick (SHW) que l’événement, qu’il ne faut pas manquer, a été mis en place. Certains objets ont été prêtés par le Musée de Charlevoix, la Société d’histoire de Warwick bien sûr, des collectionneurs privés, mais aussi certaines choses exposées proviennent du tombeau de Marcel Baril, mis en place par Philippe Baylaucq et Philippe Dubé. Grâce à cette exposition fort intéressante, les visiteurs peuvent ainsi en apprendre davantage sur cette discrète figure artistique régionale.

La directrice de la muséologie, Sara Legault, explique, en faisant découvrir l’exposition qu’elle a élaborée, qu’elle a voulu offrir aux visiteurs une occasion de connaître l’artiste qui, bien que natif de Warwick, s’est volontairement exilé à Paris où il est demeuré de nombreuses années. Cela est réalisé par des objets lui ayant appartenu (dont une impressionnante palette destinée aux rebuts, mais sauvée in extremis), des photos de différentes époques et lieux, des œuvres, mais aussi des informations écrites qui satisferont toutes les clientèles.

Tout cela permet de mieux cerner cet artiste énigmatique et original de l’art québécois. Un homme qui ne faisait que créer pour raconter ses histoires, comme il le disait lui-même. Des histoires heureuses, malheureuses qui parlent d’amour, de mort, de rêves ou de la guerre. “Une invitation à découvrir Marcel Baril autrement, dans toute la richesse, la liberté et la singularité de son œuvre”, indique Alexis Boulanger, président de la SHW. Même chose pour la présidente de la SML, Sophie Lambert. “Cette exposition permet d’entrer dans l’univers de Marcel Baril. À travers ce parcours, nous souhaitons offrir au public une rencontre vivante avec une œuvre libre, habitée et profondément marquante.”

Un artiste hors du commun

Il n’était pas un peintre qui souhaitait investir le marché de l’art, mais qui avait ce simple désir de créer, sans grande démarche ou réflexion élaborée. “Moi, ce qui m’a attiré le plus dans l’œuvre de Marcel Baril c’est le fait que ses histoires, elles sont universelles”, apprécie la directrice de la muséologie.

Et lorsqu’on dit de lui que son travail est inclassable, Sara indique que c’est véritablement le cas. “On ne peut l’associer au surréalisme ou à un mouvement un peu plus réaliste. Il n’est associé à aucun courant. Il est dans sa propre pratique”, souligne-t-elle encore. D’ailleurs, pour démontrer ce fait, l’exposition présente différents styles de Baril, associés à autant de peintres qui l’ont inspiré.

On y propose également plusieurs œuvres produites à Paris où il ne faisait que trois choses, comme le note Sara : travailler, peindre et visiter des musées. “On voit dans son œuvre que l’histoire de l’art et les grands maîtres l’ont fortement inspiré”, ajoute-t-elle en précisant qu’il ne peut être attaché à un seul courant.

Tout a été réfléchi dans cette exposition qui se veut un bel et mérité hommage à cet artiste de la région qui, au cours de sa vie, n’a fait que peu d’expositions (dont une à Paris en 1950 et une autre à Charlevoix à la fin des années 90). “Nous avons voulu présenter une exposition dont il aurait été fier et c’est ce qui nous a guidés. Il voulait être reconnu chez lui, dans sa région, mais c’était aussi quelqu’un de très pudique, intime”, exemplifie-t-elle.

Ainsi, la façon dont est élaborée Marcel Baril : Inclassable permet aux visiteurs de prendre le temps, devant chaque œuvre, de se raconter sa propre histoire, de créer un lien avec la toile. “Une expo à voir lentement, à déguster”, ajoute Sara. Et cela semble être un succès puisque des gens qui l’ont côtoyé ont déjà dit que le principal intéressé aurait apprécié.

On peut ainsi découvrir les différentes facettes de l’artiste de même que deux livres d’artistes. Pour le premier, Les plaisirs de la guerre, des reproductions des œuvres le composant sont exposées et pour le second, La nuit d’une vieille fille, une vidéo (signée Caleb Grenier) avec la narration de l’histoire et les 80 illustrations qu’il contient peut être visionnée.

Des œuvres à acquérir

La directrice de la muséologie souligne aussi qu’elle aurait bien aimé ajouter à l’exposition la cinquantaine d’œuvres de Marcel Baril qui sont actuellement en vente en France. “On aurait voulu les rapatrier ici dans la région”, espère Sara. Une opération qui pourrait coûter 50 000 $, mais que la SML n’a pas les moyens de financer pour le moment. D’ailleurs, la directrice Louise Pinard invite les gens qui voudraient contribuer financièrement à ce rapatriement, par l’achat des œuvres ou un don monétaire pour que la SML en fasse l’acquisition, à communiquer avec elle.

Une longue exposition est ainsi lancée, centrée sur le travail de ce Warwickois, une tendance vers laquelle tend l’équipe. “Il y aura beaucoup d’activités autour de l’exposition comme des visites guidées régulières ou encore une table ronde autour du documentaire Mystère B., de l’art-thérapie avec les groupes scolaires, etc.”, termine Sara Legault.