«Les pales du mal», un parcours citoyen documenté par les frères Gagné

L’implantation d’un parc éolien dans l’Érable fait couler beaucoup d’encre. Les frères Jean et Serge Gagné ont voulu immortaliser le parcours des citoyens, les résistants de l’Érable, dans ce film d’opinion (Les pales du mal) qu’on pourra voir à Victoriaville le 17 novembre à 19 h 30 au petit auditorium du cégep de Victoriaville.

Il s’agira d’une deuxième présentation de ce film, tourné dans l’Érable puisqu’il a été diffusé en primeur au Festival des Films du Monde de Montréal en août.

«Ça fait deux ans que nous nous intéressons à cette problématique. Et au fur et à mesure nous avons été touchés par ce que vivent les citoyens. Après nous être demandé ce que nous pouvions faire pour aider, nous avons décidé de permettre à ces messagers d’être entendus et de suivre leur parcours afin de le mettre dans l’histoire», a expliqué Serge Gagné en conférence de presse annonçant le film.

Les deux cinéastes ont voulu poser une question essentielle avec leur film : a-t-on besoin de fabriquer cette énergie au Québec? Et surtout, a-t-on besoin de le faire en milieu habité? Selon les frères Gagné, l’hydre industrielle pointe le bout de son nez. «Ce qui se cache derrière la progression de cette ligne de transport éoélectrique n’est en fait que la première étape d’une industrialisation de nos terres agricoles», expliquent-ils.

C’est ainsi qu’ils ont voulu présenter des citoyens en action (regroupés sous le vocable Regroupement durable des Appalaches ou RDDA) dont les valeurs s’appuient sur des principes qui vont au-delà des revendications. Le film comprend des témoignages, des analyses, des commentaires et des dénonciations qui témoignent d’un certain ras-le-bol de tous ces grands projets.

Les frères Gagné ont une filmographie impressionnante. Dans celle-ci on retrouve un film sur l’hydroélectricité au Saguenay-Lac-Saint-Jean au début des années 1900. Même qu’ils dénotent des similitudes entre les deux projets.

Ce premier film (parce qu’il y en aura d’autres) se termine avec le décret qui annonce la réalisation du projet. «Nous travaillons sur la suite, les citoyens n’ayant toujours pas eu de réponse», note Serge Gagné.

Leur film, ils ont voulu le sortir rapidement afin qu’il serve d’outil afin de faire comprendre la situation à d’autres personnes. Un film-choc qui remet en doute la pérennité de l’exploitation à outrance en illustrant ses dommages collatéraux.

Habitant Saint-Ferdinand, les deux réalisateurs suivent de près le dossier et dans leur second volet, ils souhaitent dénoncer les «théoliens». Et dans l’Érable, ils auront témoigné de ce combat en tant que cinéastes engagés (mais pas payés ajoutent-ils en souriant).

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