Les Grands Espaces : explorer la profondeur à travers la sculpture

Le sculpteur Marc-Antoine Côté présentera son exposition Les Grands Espaces jusqu’au 7 mars au Centre d’art Jacques-et-Michel-Auger du Carré 150. Résident d’Inverness depuis 2019, il s’est inspiré de son voyage en Suisse en 2025 pour proposer une perspective de la profondeur sous toutes ses facettes. En collaboration avec l’artiste Laurent Lamarche, les visiteurs pourront vivre une expérience sonore et visuelle intemporelle.

Habituellement plus actif dans le domaine de l’art public, Marc-Antoine Côté cumule une dizaine d’expositions en solo. Les Grands Espaces regroupe sept de ses sculptures formées d’acier inoxydable et d’aluminium. “La sculpture à l’entrée, cette boule un peu difforme, est la pièce maitresse de ce que j’ai voulu démontrer dans mon exposition. C’est avec elle que je me suis fait connaître. Je l’ai fait en 2014 et c’est un travail très aléatoire, c’est comme avoir dessiné librement dans l’espace. Ensuite, il y a une autre œuvre d’exposée avant d’entrer dans la salle, c’est celle-ci qui m’a donné envie de voyager. Comme mon frère habite en Suisse, c’est là que je suis allé et ça m’a donné de l’inspiration pour Les Grands Espaces“, a expliqué Marc-Antoine Côté.

Trois œuvres sont nées des photos de ce voyage en Suisse qui, au départ, ne devait pas résulter en une exposition. Inspiré par les montagnes, Marc-Antoine a su travailler la profondeur de ses œuvres. Les plus observateurs pourraient même apercevoir ce qui ressemble au Cervin, la montagne emblématique du chocolat Toblerone dans une des sculptures accrochées au mur. “Lorsque j’étais en Suisse en mars 2025, je ne pensais pas nécessairement à faire un projet d’art. Sur une des œuvres qui sont présentées, j’étais assis sur une terrasse au sommet d’un mont de ski. La température était parfaite, il faisait beau, et c’est là que l’effet de profondeur qu’il y a lorsque nous regardons des montagnes a disparu. Par exemple, je sais que cette montagne mesure cinq kilomètres de hauteur, mais à quelle distance est-elle de moi? C’est un peu ce rapport d’échelle que je n’avais plus dans mon observation des montagnes. C’est comme une perte d’espace et c’est mon travail de jouer avec les espaces au fond. J’ai passé l’après-midi assis là à prendre des photos”, a-t-il raconté.

Bien que ces sculptures soient davantage figuratives qu’à l’habitude, l’artiste parcourt également l’abstrait avec une sculpture au sol rappelant la boussole. “Les trois œuvres qui sont accrochées aux murs sont très figuratives et ce sont des moments précis que j’ai capturés, dont l’un a été pris par un ami. Je cherchais une pièce à mettre au sol, mais qui ne reprenait pas la même technique. Je m’intéresse au temps, à l’espace et tout, mais je cherchais quelque chose qui allait davantage vers le trou noir. C’est un sujet qui m’intéresse beaucoup, avec tous les modèles mathématiques qui viennent avec ça, l’espace-temps aussi. Nous nous figurons que ça ressemble à ces démarches mathématiques, mais personne n’a jamais vu de trou noir. Cette œuvre a des traits géométriques pour symboliser tout ça. Il y a aussi une petite référence à une boussole ou une toupie”, a soutenu l’artiste.

Le vernissage de l’exposition Les Grands Espaces se fera aujourd’hui (29 janvier) dès 17 h. Les visiteurs seront invités à se plonger dans un mélange de texture, de contraste et de profondeur graphique et structurale, dans une ambiance intemporelle. “À travers cette exposition, je m’intéresse beaucoup à la transformation, la géologie et le temps. Je travaille avec la chaleur et c’est aussi un procédé de transformation. Je contrôle des variations de mes œuvres, mais c’est surtout la chaleur qui fait toutes les petites particularités que nous voyons”, a-t-il dit.

Des effets de lumières et de sons signés par Laurent Lamarche

Le caractère ondulé et inégal des œuvres de Marc-Antoine Côté se combine avec un léger éclairage permettant à l’aluminium de refléter sur les murs. Une trame sonore a aussi été ajoutée pour créer une ambiance particulière. C’est grâce à l’artiste Laurent Lamarche que cette expérience sensorielle est possible. “Nous nous connaissions à cause de l’Atelier du Bronze, lui et moi. Nous avions déjà collaboré pour un autre projet d’art public. Je savais que je voulais travailler avec la lumière et je voulais avoir un environnement sonore aussi. Alors, Laurent Lamarche est entré en jeu pour donner cet effet à l’exposition. Nous y sommes allés avec une fine touche de lumière, juste assez pour donner une atmosphère à la pièce. C’est très réussi, je suis très satisfait de notre travail”, a-t-il souligné.

“Mon intention est d’amener les gens dans un autre lieu, c’est mon univers à moi. Ce sont des œuvres contemporaines avec des thématiques faciles d’accès, mais lorsqu’on regarde vraiment les reliefs, la profondeur, les jeux de lumière, on peut s’imprégner de l’endroit que ça représente. Habituellement, nous essayons toujours d’effacer notre soudure, pour que ça ne paraisse pas, moi je laisse tout”, a-t-il ajouté.

Originaire de Québec, mais Invernois de cœur

Marc-Antoine Côté est originaire de Québec et c’est en 2019 qu’il a déménagé à Inverness pour travailler à l’Atelier du Bronze. Il a terminé ses études en sculpture à la Maison des métiers d’art de Québec en 2001. Ayant débuté en réalisant des œuvres pour d’autres artistes, aujourd’hui, il vit entièrement de sa passion. “Chaque projet mène à un autre, ça se suit toujours. Ce qui est super avec l’art public, et c’est une des principales raisons pourquoi j’en fais, c’est qu’il est implanté dans des endroits où les gens ne s’attendent pas à voir de l’art. Par exemple, j’ai fait une sculpture récemment pour le CPE La Petite Bande à Princeville, on ne s’attend pas à voir de l’art dans un CPE ou dans un hôpital”, a mentionné l’artiste.

Il garde toutefois une certaine distance avec ses œuvres dès qu’elles sont exposées en public. “On ne voit pas mon nom nulle part dans la galerie d’exposition, je ne voulais pas que ça soit affiché. Je me crée un peu cette distance avec mes œuvres. Quand elles sont dans mon atelier, ce sont mes œuvres, mais lorsqu’elles sont exposées, elles appartiennent maintenant à l’espace public, elles sont là pour tout le monde”, a-t-il précisé.