«Le vrai district 31″ raconté par un ex-policier

«Le vrai district 31″ raconté par un ex-policier
Originaire de Victoriaville, l’ex-policier Philippe Paul publie son troisième bouquin. (Photo : www.lanouvelle.net - Archives)

Un ex-policier Philippe Paul, un Victoriavillois d’origine, publie un troisième ouvrage. Après « Coupable d’être policier » et « Code 4-1, le pouvoir de l’informateur », il récidive cette fois avec un bouquin intitulé « Le vrai district 31 : de la réalité à la fiction ».

Philippe Paul, rappelons-le, a bossé comme policier pendant 28 ans au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), d’abord comme patrouilleur pour ensuite devenir enquêteur, agent d’infiltration et sergent-détective.

Il a bien connu le district 31 pour y avoir travaillé à ses débuts comme jeune policier. Ce district se trouvait alors dans le quartier Côte-des-Neiges.

Auprès de sa blonde, une policière toujours active qui suivait assidûment la série télévisée de Luc Dionne, Philippe Paul, l’a aussi regardée. « Je ne pouvais m’empêcher de faire la corrélation entre le vrai district 31. J’ai décidé d’écrire un livre pour montrer aux gens ce qu’était le véritable district 31 et faire un parallèle entre la réalité et la fiction », explique-t-il en entrevue téléphonique avec le www.lanouvelle.net.

Dans son nouveau livre, l’ex-policier raconte de nombreuses anecdotes et montre certains policiers qui, note-t-il, « s’apparentaient davantage à des caricatures et des personnages qu’à des policiers ».

Philippe Paul expose aussi des histoires qui sortent de l’ordinaire. « Comme certains criminels qu’on a traqués, notamment celui qu’on a appelé Spiderman.  Il pouvait grimper 10 ou 15 étages par les balcons extérieurs pour commettre des vols. On l’a traqué pendant des années avant de lui mettre la main au collet », se souvient-il.

L’ouvrage met en lumière des faits qui ont marqué son parcours de jeune policier. « Je mets l’accent sur les premiers événements vécus, comme le premier sauvetage, la première personne à qui j’ai sauvé la vie, mais aussi le premier meurtre, ma première infiltration, les premiers décès où j’ai trouvé des corps en putréfaction », confie-t-il.

Et il est question aussi de la première taloche qu’il a flanquée à un individu. « Je l’explique ma première taloche. Certains vont dire que les policiers vont battre souvent les détenus. Ce n’est pas vrai. Mais à l’occasion, ça pouvait arriver », reconnaît-il. 

Philippe Paul explique ainsi le cas où il a donné, dit-il, « une taloche méritée » à un homme ayant aspergé sa femme d’acide pour lui brûler le visage.  « Il se cachait chez son frère. Quand on s’est présenté, il n’a pas voulu se livrer, une bagarre a éclaté, il a reçu une taloche. Je pense qu’en lisant, les gens vont se dire qu’il l’avait cherchée », estime-t-il.

Tout ce qu’il relate dans le livre est véridique. « Chaque histoire peut être vérifiée. Dans certaines parties, certaines dates ou noms ont cependant été changés pour des raisons bien évidentes », prévient-il.

Philippe Paul, par ailleurs, ne fait pas que relater des faits. Il complète parfois des anecdotes avec des propos de personnes qu’il a retrouvées des années plus tard, dont certains criminels qui ont accepté de lui parler.

« S’ils ont accepté, c’est en raison d’un respect qui s’est établi entre nous. Ça dépend, je crois, comment on agit. Ça explique peut-être pourquoi j’avais beaucoup d’informateurs.  Oui, j’arrêtais beaucoup de monde, mais je les traitais quand même avec respect même s’ils étaient des bandits, des criminels. »

En passant par un criminel en Haïti, l’auteur a pu s’entretenir avec un homme qu’il a jadis fait épingler pour trafic de cocaïne et fait déporter dans son pays. « Il m’a raconté qu’il vivait l’enfer là-bas, qu’il éprouvait des difficultés à manger et  qu’il demeurait chez des amis. À la fin de l’entrevue, il m’a même demandé de lui envoyer de l’argent », souligne-t-il.

L’ex-policier montréalais a retrouvé aussi la trace d’une employée de restaurant qui a survécu à une attaque au couteau.

Sans compter tout le travail et les démarches préalables, Philippe Paul a mis quatre mois pour écrire son livre de quelque 200 pages, un bouquin dont la préface a été signée par le comédien Gildor Roy, le commandant Chiasson de la série District 31.

Pour la couverture de son ouvrage, l’auteur tenait à ce que la photo, prise par un drone, inclut deux éléments significatifs de Côte-des-Neiges, à savoir l’oratoire Saint-Joseph et Polytechnique.

Publié par l’éditeur Druide, le livre sera disponible le mercredi 2 novembre alors que le lancement officiel s’effectuera huit jours plus tard.

Enfin, l’homme natif de Victo n’entend pas s’arrêter là. Il envisage la publication d’un livre en lien avec les ossements de bébés autochtones enterrés un peu partout au pays. « J’ai entrepris une petite enquête, mais c’est encore embryonnaire, précise-t-il. J’ai commencé à récolter des documents. Des recherches viendront sûrement au cours des prochains mois, ce qui devrait assurément mener à un prochain livre. »

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