Et si la différence était une force

Et si la différence était une force
L’artiste Sophie Chabot et six des dix participants à ses ateliers. De gauche à droite

ARTS VIISUELS. L’artiste en arts visuels Sophie Chabot présentait récemment le vernissage de son grand projet Di ou id?, à la bibliothèque Madeleine-Bélanger de Princeville. Plus d’une centaine de personnes étaient présentes, dont six des dix participants à ses ateliers, tous membres de l’Association des personnes handicapées de L’Érable (APHÉ), partenaire important de ce projet. Cette exposition pose une question pertinente : déficience intellectuelle ou intelligence différente?

«Grâce à l’APHÉ, j’ai eu la chance de m’approcher des personnes vivant avec une différence… une déficience, bref, avec une intelligence différente; nous avons partagé et créé ensemble», a souligné Sophie Chabot, qui a animé une dizaine d’ateliers créatifs auprès de personnes vivant avec une déficience intellectuelle.

L’exposition comprend certaines créations originales des participants ainsi que des oeuvres picturales de l’artiste, inspirées de son expérience avec eux. La transformation et la superposition d’images, permises par le numérique, ont réussi à unir ses réflexions et les créations des personnes marginalisées, le tout à l’intérieur d’une même oeuvre.

«Une qualité très présente chez les personnes que j’ai côtoyées est la transparence. Transparence dans l’expression de qui ils sont et, également, dans l’expression de leurs émotions. Avec eux, peu d’inhibition, peu de filtre. Ces notions de transparence et de filtre se sont imposées à moi et sont au coeur de ma création dans ce projet. J’ai appris qu’il est possible d’être différent sans pour autant être dans l’erreur. Être fièrement différent. Mes oeuvres sont inspirées de ce que, selon moi, ces personnes apportent à la société par leur différence : davantage de vérité, de transparence, d’essentiel. N’est-ce pas là ce dont notre société a besoin?», a lancé l’artiste.

Cet événement se déroulant en plein coeur de la semaine québécoise de la déficience intellectuelle, la coordonnatrice par intérim de l’APHÉ, Mélanie Aubin, affirme que c’est une formidable façon de créer des ponts entre les gens de notre communauté. «Ce vernissage, et tout ce merveilleux projet de création de Sophie Chabot, est vibrant d’espoir puisque l’art permet de transcender la déficience, d’aller au-delà des différences. L’art est beauté et vérité, des qualificatifs qui conviennent parfaitement aux personnes présentant une déficience intellectuelle. Voilà le chemin à emprunter pour se rejoindre : ouverture et respect! La déficience, ce n’est pas ce qui fera que la communication sera réussie ou manquée, mais bien notre capacité de nous adapter à la situation», a commenté Mme Aubin.

Ainsi, Di ou id?, c’est l’occasion de proposer publiquement un point de vue nouveau sur une réalité peu connue parce que mal comprise. Selon Sophie Chabot, nous pouvons tous contribuer à démocratiser l’art tout en favorisant un rapprochement entre les communautés. «Pour ma part, à travers ce projet, j’ai modifié mon regard sur le monde et je désire partager cette expérience en suscitant, chez les spectateurs, une ouverture à la différence», a-t-elle dit.

Récipiendaire d’une bourse de 15 000 $ du Conseil des arts et des lettres du Québec, Sophie Chabot est heureuse et fière du travail accompli. Réalisé dans le cadre du Programme pour les arts et les lettres du Centre-du-Québec, ce projet bénéficie de différents partenariats : l’Association des personnes handicapées de L’Érable, la MRC de L’Érable, LeBlanc Jazz Communications, le Musée Laurier et Culture Centre-du-Québec.

L’exposition est en montre jusqu’au 16 avril à la bibliothèque de Princeville. Par la suite, Di ou id? se transportera au Musée Laurier de Victoriaville dès le 2 juin. À l’automne 2016, ce sera au tour de Culture Centre-du-Québec de présenter cette exposition dans son Corrid’Art.

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