Dominique Laquerre sensibilise au mécénat culturel

Dans le cadre du 10e anniversaire du Carré 150 de Victoriaville et, par le fait même, du Centre d’art Jacques-et-Michel-Auger (CAJEMA), une soirée-causerie sous le thème du mécénat culturel a été proposée. Animé par Dominique Laquerre, l’événement a permis de sensibiliser à l’importance de cet appui pour les arts.

Une trentaine de personnes, parmi lesquelles figuraient le maire de Victoriaville Vincent Bourassa et les attachés politiques des députés Boissonneault et Lefebvre, ont assisté à cette soirée, agrémentée d’un cocktail et de bouchées, organisée en collaboration avec la Chambre de commerce et d’industrie des Bois-Francs et de L’Érable.

Les personnes présentes ont ainsi eu l’occasion d’entendre Dominique Laquerre. Celle-ci, connaissant bien la culture, la réalité des artistes et organismes et le milieu culturel et ayant assuré la direction générale du CAJEMA plusieurs années, a tracé le portrait du mécénat et de la philanthropie culturelle. Les objectifs de cette causerie étaient de sensibiliser à ce moyen essentiel d’appuyer les artistes et les lieux de diffusion culturels, mais également de faire part de ses avantages.

Après avoir dressé un portrait assez évocateur de la situation au Québec, particulièrement où les dons de bienfaisance sont moindres que presque partout au Canada et où le montant de ces dons sont moins élevés qu’ailleurs, elle a précisé également qu’un faible pourcentage, 2,3%, allait du côté de la culture. “Cela démontre qu’on fait beaucoup avec peu”, a-t-elle indiqué.

Dominique voulait faire prendre conscience de la réalité des gens qui œuvrent dans le milieu de la culture et l’importance de ce qu’ils apportent à la société. Elle a également voulu déboulonner certains préjugés persistants face aux artistes et leur réalité. À ceux qui croient encore que les artistes gagnent bien leur vie grâce aux subventions, elle a rappelé qu’une petite partie d’entre eux vivaient grassement précisant que le salaire moyen s’élevait à 26 000 $.

Un autre préjugé qu’elle a soulevé est celui que les arts et la culture sont des produits de consommation, alors qu’ils sont davantage des expériences, des émotions à vivre, des lieux à fréquenter. Et à ceux qui perçoivent que les artistes sont comme des gens d’affaires, Dominique a préféré souligner que ceux-ci se considèrent davantage comme des chercheurs.

Plusieurs faits qu’elle a tenu à préciser, tout en rappelant tous les bienfaits reliés à l’art, ajoutant qu’il était aussi important que les sports. “C’est également un outil pour combattre le décrochage scolaire”, a-t-elle rappelé.

Ensuite, deux témoignages vidéo de mécènes de la région, Marthe Bourgeois (Fondation Famille François et Monique Bourgeois) et Denys Guévin (complexe Chez Boris à Saint-Léonard-d’Aston) ont permis de constater que la philanthropie culturelle donnait un sens à leur vie, apportait de la beauté, du bonheur, de l’éducation, du partage et permettait finalement de redonner à la communauté. “C’est la base des gens qui donnent et qui sont souvent discrets”, rappelle la conférencière.

Relatant deux experts en mécénat, Pauline Desautels et Anne-Marie Boucher (la sœur de la célèbre Denise Boucher originaire de Victoriaville), Dominique a insisté sur l’importance de l’effet levier afin de contribuer à la culture, de même qu’à la philanthropie de proximité qui, grâce à de petits dons de plusieurs personnes, permet d’offrir des sommes importantes à l’art et la culture. “Ça a un effet boule de neige”, note-t-elle. En plus, des avantages fiscaux non négligeables sont attribuables à ces dons.

De plus, l’artiste a insisté pour dire que les gens pouvaient poser plusieurs gestes pour soutenir la culture. Parmi eux, et dans les plus simples et accessibles, il y a de fréquenter les lieux culturels et d’en parler; signer les pétitions en rapport avec le sujet (notamment pour décrier la coupe des sorties culturelles dans les écoles du Québec); payer les droits d’auteurs et engager des artistes ou acheter des œuvres. À ce sujet, le témoignage de Katy Poisson, qui a travaillé dans le domaine de l’éducation dans la région et qui a acquis plusieurs œuvres et celui du collectionneur Alain Tremblay, est venu appuyer ses dires. “On a besoin de soutenir nos artistes et pour ceux qui ont peur de faire les premiers pas, renseignez-vous et faites-vous conseiller”, suggère-t-elle.

Si la situation décrite lors de la soirée semble peu reluisante pour l’art et la culture, il n’en demeure pas moins que la population peut contribuer, notamment en participant à la nouvelle campagne lancée ce soir-là par le CAJEMA.

Intitulé Cercle des solidaires, la nouvelle forme de “membrariat” vient remplacer l’actuelle carte de membre. Le programme permet différents avantages, tout dépendant des montants investis qui vont de 50 $ à 5000 $. “Une façon de faire un petit geste”, a mentionné la directrice du centre d’art, Alexandra Tourigny Fleury.

On peut adhérer par le site Web du Centre d’art Jacques-et-Michel-Auger.