Denis « Lavis » Lavigne : la musique toujours au cœur de sa vie

Depuis la pandémie, les choses ont bien changé pour Denis « Lavis » Lavigne. Il a dû revoir la façon dont sont menés ses encans et a perdu des êtres chers. Ce qui demeure toutefois pour lui, c’est son amour de la musique qui lui apporte désormais du réconfort.

Rencontré dans sa caverne d’Ali-Baba de la rue Laurier, où il continue de mener des encans, mais en ligne désormais, Denis Lavigne, qui a maintenant 65 ans, explique que cette activité commerciale, reprise de ses parents ainsi que la musique (héritée d’eux aussi), sont partie prenante de sa vie depuis qu’il est tout petit.

Bien sûr avec le temps la façon de faire encan s’est modifiée, mais il poursuit dans ce domaine qu’il connaît très bien et qui permet à des collectionneurs de partout au Québec et même à l’extérieur d’acheter des lots. « Je fais deux encans en ligne par mois », explique-t-il. Pour lui de procéder ainsi, avec un groupe Facebook d’environ 4000 membres qui peuvent miser sur les articles proposés, est plus facile et rapporte davantage.

Cela lui laisse un peu de temps pour la musique, qui reste au cœur de sa vie. Bien entendu, il ne se produit plus devant de grandes foules comme au temps des Frères à ch’val dont il faisait partie, où avec son ami Polo, décédé en 2025, le groupe connaissait encore un engouement notoire.

La perte de ce grand ami, de même que le décès de sa conjointe des 14 dernières années à quatre mois d’intervalle, a donné un grand choc à Denis qui a mis du temps à se remettre de ces grandes émotions. « À un moment donné, je pensais que j’avais le cancer », a-t-il confié tellement ces deux départs ont miné sa santé. Mais tranquillement le temps a fait son œuvre et il retrouve peu à peu le goût de vivre et surtout de faire de la musique.

C’est donc vers son duo avec Rudy Nolette, les 2×4, qu’il s’éclate maintenant en musique. « Dans cette formation, je suis un homme-orchestre », souligne-t-il en expliquant que le nom vient simplement du fait que malgré qu’ils ne soient que deux sur scène, ils sonnent comment s’ils étaient quatre. Le duo, qui propose des interprétations de chansons variées (rock, country, etc.), est en demande pour jouer dans des bars ou encore des fêtes privées comme des anniversaires ou autres.

À cela s’ajoutent depuis peu trois trios rock qui permettent à Denis d’être sur scène. Il y a SAD et FAB, mais aussi le groupe T’Rock où il agit comme chanteur et batteur. Denis apprécie toujours cette adrénaline d’être devant la foule et de jouer de la musique, même si les spectateurs sont moins nombreux et les scènes moins prestigieuses.

Une belle carrière

La grande carrière avec le groupe Paradox et les Frères à ch’val est derrière lui, il en est bien conscient. Même Rock Station, formé en 1976 quand il était adolescent avec ses chums puis reformé plusieurs années plus tard, en 2003, est sur pause depuis la pandémie. « On a fait le Colisée des Bois-Francs avec Rock Station et ils ont manqué de bière. C’était la première fois que ça arrivait », se souvient celui qui a une excellente mémoire.

Si sa vie est plus tranquille désormais, il conserve d’excellents souvenirs autant de ses passages avec les groupes musicaux que sa carrière précédente qui lui a ouvert le monde du spectacle. Il a en effet contribué à des dizaines d’albums derrière et devant la console, fait de la tournée comme sonorisateur (notamment avec Marc Dupré alors qu’il proposait la première partie de Céline Dion), travaillé deux ans avec Gilles Latulipe au Théâtre des Variétés et bien d’autres encore.

Cela n’empêche pas qu’il s’intéresse toujours à la musique et à son histoire. Il a d’ailleurs une collection de 6000 vinyles chez lui qu’il conserve avec fierté. Lors de l’entrevue d’ailleurs, il portait son t-shirt à l’effigie du duo Angine de Poitrine qu’il apprécie particulièrement. « C’est du progressif, complexe et nouveau à l’oreille pour certains », indique-t-il en ajoutant qu’il écoute ce groupe (qu’il a vu à Victoriaville en avril) depuis plus longtemps que l’engouement actuel.

Outre cela, il veut continuer d’avoir du plaisir à jouer de la musique, même si les occasions se font de plus en plus rares. « Tout ce qui est « live » a disparu. Les gens ne sortent plus », déplore-t-il.

Malgré tout, il estime que c’est la musique qui lui permet de continuer et de passer à travers les épreuves. Maintenant qu’il a retrouvé la forme, il s’est remis à la batterie et même s’il n’a plus 20 ans comme il le dit lui-même (même si c’est l’âge qu’il a toujours dans sa tête), il espère avoir encore plusieurs années devant lui pour cette passion qui ne s’éteint pas.