De la sculpture contemporaine à Victoriaville
Jusqu’au 8 août, le Centre d’art Jacques-et-Michel-Auger du Carré 150 de Victoriaville accueille, dans la cadre de la 12e Biennale nationale de sculpture contemporaine de Trois-Rivières, l’œuvre de Samuel Roy-Bois.
Intitulée Tiny Algorithm, l’exposition présente une impressionnante structure de bois imparfaite sur laquelle reposent des pans de tissus, des draps utilisés récupérés dans des friperies. Le tout repose sur des seaux en plastique blancs, objets utilitaires par excellence que tout le monde connaît.
Rencontré alors qu’il complétait l’installation, l’artiste récemment finaliste au prix Sobey (une des plus prestigieuses distinctions au Canada) a expliqué qu’il avait fabriqué la sculpture à laquelle il réfléchit depuis environ un an, au cours d’une résidence d’artiste réalisée récemment à l’Atelier Silex de Trois-Rivières. “Beaucoup de travail a été fait en amont”, a-t-il souligné en ajoutant que le résultat final était assez différent de ce qu’il avait en tête au départ. “C’est important dans ce genre de projet de tenir compte des conditions, du contexte, des matériaux, etc.”, fait-il remarquer.
Pour ce qui est du titre, Tiny Algorithm, l’artiste souligne que ce n’est pas dans tous ses projets que le titre est en lien avec le contenu de l’œuvre. “Dans ce cas-ci, le lien est assez fort”, note-t-il. Samuel précise aussi que la sculpture parle du rapport que l’on a aux structures, qu’elles soient physiques ou invisibles et comment on interagit avec elles, on les définit, les construit et en retour comment elles nous définissent.
L’œuvre propose donc des éléments structurants, comme la charpente en bois de même que des interventions davantage poétiques ou subjectives avec les draps. “Ils ont une trajectoire ces draps-là. Ceux qui les ont achetés neufs ont vécu avec. Je trouve intéressant qu’il y ait une chance sur un milliard que ces draps-là finissent ici au Centre d’art”, confie-t-il.
S’ajoutent à l’imposante installation de bois trois photographies prises chez Silex qui représentent des sièges (chaise ou banc) qui ont du vécu. “La structure rappelle la sculpture”, note-t-il. Tout comme le rapport au sol et à la surface. Les photos font également en sorte de détourner le regard de l’œuvre maîtresse et d’y revenir avec une autre vision.
À propos
Samuel Roy-Bois est un artiste et professeur agrégé de sculpture à l’Université de la Colombie-Britannique, campus d’Okanagan. Il a obtenu un baccalauréat en beaux-arts de l’Université Laval en 1996 et une maîtrise en beaux-arts de l’Université Concordia en 2001. La pratique de Roy-Bois inclut l’installation, la sculpture et la photographie, en se concentrant sur l’environnement bâti, les pratiques vernaculaires et l’art en tant que phénomène émergent. Son travail a acquis une reconnaissance nationale et internationale et a été présenté par des institutions prestigieuses, dont le Musée d’art contemporain de Montréal (MACM), le Audain Art Museum de Whistler et la Fondation Esker de Calgary.
Son travail fait partie de nombreuses collections canadiennes, telles que le Musée national des beaux-arts du Québec, la Vancouver Art Gallery, la Simon Fraser Art Gallery et le MACM. En reconnaissance de ses contributions, Roy-Bois a reçu le Vancouver Mayor’s Award en 2012 et le Shadbolt Foundation VIVA Award en 2021.
