Noël, fête de miséricorde

«Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire.» (Luc2, 10-12)

Ces paroles viennent nous rappeler le sens profond de Noël; elles nous disent pourquoi cette fête demeure pour une grande partie de l’humanité, une fête de paix, de joie, de lumière et d’espérance pour un monde meilleur.

Noël vient nous rappeler, chaque année, que malgré l’horreur de la guerre, du terrorisme, de la pauvreté, de la faim dans le monde, de nos égoïsmes et de nos indifférences, Dieu nous aime toujours, sans limites, sans condition. Il est toujours là pour nous relever, nous remettre debout, nous aider à aller plus loin, toujours prêt à nous recréer si nous le voulons bien.

N’est-ce pas pour cela qu’il est venu parmi nous, voilà plus de 2000 ans? Pour nous rejoindre dans ce que nous sommes, nous associer à ce qu’il est, nous montrer le chemin ou, plutôt, nous accompagner sur le chemin de la miséricorde : le seul chemin capable de nous sauver, de bâtir un monde meilleur.

Noël, c’est un appel à privilégier, dans nos vies, l’amour, la compassion, l’accueil, la compréhension, la solidarité, la tolérance, le partage, le pardon, la réconciliation, qui sont tout autant de facettes de la miséricorde du Seigneur. Voilà pourquoi Noël nous invite à sortir de nous-mêmes et à nous faire proches. C’est le temps des fêtes familiales, du plaisir de partager et parfois même de se réconcilier. C’est le temps de se soucier des personnes appauvries, des personnes seules, des malades, des exclus de toutes sortes. C’est le temps de se solidariser avec les personnes qui cherchent une vie meilleure, de nous ouvrir à ceux qui viennent vers nous, dont les réfugiés de la Syrie.

Noël, c’est tout autant un appel à renoncer, à choisir de chasser de nos vies toute forme de violence, de pouvoir, d’intolérance, de manipulation, de rancune, d’égoïsme. Tout ce qui brise les relations, tout ce qui détruit l’être humain. Bref, un appel à se convertir à la miséricorde.

C’est le chemin que le Seigneur nous a montré en se solidarisant avec nous jusqu’à prendre notre condition humaine pour toujours, en naissant pauvrement dans une étable, en prenant pour seul pouvoir celui de l’amour, et cela, jusqu’au don de sa vie : un chemin de résurrection, un chemin de glorification.

Noël a cette capacité, si nous le voulons bien, de nous toucher en plein cœur, de rejoindre nos aspirations les plus profondes, nos désirs les meilleurs… Et pas seulement pour quelques jours! Mais comme une nouvelle façon de vivre et d’apporter notre contribution pour un monde meilleur. Il peut être l’occasion d’une paix et d’une joie étonnantes.

En cette Année jubilaire de la Miséricorde, voilà ce que je vous souhaite et ce que je me souhaite pour le temps de Noël et pour la nouvelle année.

André Gazaille

Évêque de Nicolet