Yves-François Blanchet à la rencontre des entrepreneurs de la région pour discuter des tarifs américains
À l’occasion de sa traditionnelle tournée estivale des régions, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, était de passage dans la région pour deux jours afin d’aller à la rencontre de diverses entreprises.
Le sujet de ces rencontres était à saveur économique. Les fameux tarifs douaniers imposés par le président des États-Unis, Donald Trump, ont été le principal point de discussions entre M. Blanchet et les entrepreneurs de la région. Le politicien a pu rencontrer des compagnies œuvrant dans des domaines de tout genre, dont la foresterie, l’ébénisterie et l’équipement mécanique, entre autres. “Le but était de voir comment les entreprises vivent dans l’incertitude concernant les tarifs. C’est facile d’être dans un bureau à Ottawa et de s’imaginer des affaires. Il faut toutefois se déplacer sur le terrain afin de parler aux gens qui se lèvent le matin et qui vont faire rouler leur compagnie. On peut ainsi se faire un portrait de la situation. Notre travail est ensuite de proposer des politiques au gouvernement fédéral qui vont être bonnes pour le Québec”, a-t-il expliqué.
Le chef du Bloc a apprécié ce qui en est ressorti. “J’ai constaté un côté positif alors que j’ai vu des entreprises qui réussissent à tirer avantage des tarifs américains en devenant un point de chute pour des entreprises étrangères qui veulent entrer sur le continent. Elles vont alors passer directement par le Québec plutôt que les États-Unis. Je trouve ça intéressant”, a-t-il souligné, ajoutant qu’un retour dans la région est prévu durant l’été afin d’aller à la rencontre d’autres entreprises.
Bien qu’il constate une belle capacité d’adaptation pour plusieurs entreprises lors de moments difficiles, Yves-François Blanchet remarque aussi que l’imprévisibilité des décisions économiques nuit à certaines entreprises qui pourraient éventuellement être placées dans une situation plus délicate. “J’ai vu des entrepreneurs qui disent être prêts et qu’ils ont le courage de s’adapter. Le problème est que les périodes d’adaptation sont tellement immédiates qu’il en devient difficile pour les entreprises de le faire. Il y en a qui ne sont pas capables de suivre ce rythme. Ce sont donc des emplois et des expertises perdus”, a-t-il déploré.
L’importance du commerce avec les États-Unis
Lors de son entrevue avec le www.lanouvelle.net, M. Blanchet a notamment critiqué le premier ministre canadien, Mark Carney, quant à sa gestion des tarifs depuis son entrée en poste. “Il a été élu en disant qu’il avait la compétence nécessaire pour régler la crise tarifaire et commerciale. Il parlait de régler ça la semaine après la campagne électorale. Il a ensuite parlé de juin, de juillet, de l’automne et ainsi de suite. Ça fait plus d’un an qu’il a été élu et la situation s’est malheureusement empirée”, a-t-il dit.
M. Blanchet a rappelé que les États-Unis demeurent le plus important partenaire d’échanges commerciaux du Québec et du Canada. “Il faut trouver une façon, par la négociation, à défaut d’avoir un vrai traité de libre-échange, d’avoir au moins une entente commerciale prévisible. Il faut aussi mettre fin aux tarifs illégaux qui sont imposés aux produits de matières premières”, a affirmé le politicien.
Le commerce international, estime-t-il, n’est pas une solution pour remplacer les échanges avec les entreprises américaines. “Si tu veux vendre le même produit de l’autre côté de l’océan, tu vas devoir le vendre plus cher et avec une différence plus importante que celui des tarifs américains, sans oublier l’impact environnemental dont plusieurs ne semblent plus avoir envie de parler”, a mentionné M. Blanchet.
Ce dernier aimerait également que le gouvernement de Mark Carney intervienne davantage dans le domaine du bois et de l’aluminium. “Les mesures qui sont prises sont essentiellement aux bénéfices des secteurs pétroliers et automobiles, a-t-il dit. Il n’y a rien pour le Québec et pour les PME. Ces dernières sont les plus fragiles et sont victimes des politiques américaines.”
Enjeu de la main-d’œuvre
Lors de sa visite dans la région, Yves-François Blanchet a aussi abordé le sujet de la main-d’œuvre étrangère dont plusieurs entreprises ont recours. “Les entreprises doivent composer avec tous les changements qui s’accumulent sur les programmes de main-d’œuvre étrangère. Cela fait en sorte que les entreprises ne savent plus sur quel pied danser”, a-t-il dénoncé.
Élections provinciales
Dans un autre ordre d’idées, Yves-François Blanchet, lors de son entretien avec le www.lanouvelle.net, a aussi abordé le sujet des prochaines élections provinciales, qui auront lieu le 5 octobre. Le politicien a fait savoir qu’il comptait aider le Parti québécois. Il fera ce qu’on lui demande. “Il s’agit de notre parti frère. C’est Paul St-Pierre Plamondon qui sera en avant-scène. Pour ma part, je vais rencontrer le monde et je vais être un peu plus discret. J’ai déjà des demandes de candidats dans les régions du Québec et je vais aller les voir”, a-t-il indiqué.
Yves-François Blanchet a souligné en terminant la qualité du travail qu’effectue le député d’Arthabaska pour le Parti québécois, Alex Boissonneault, ainsi que ses autres collègues à travers la province. “Ils sont présentement sept députés à l’Assemblée nationale. Ils réussissent à occuper davantage d’espace politique que des formations qui ont plus de députés. C’est très révélateur de la qualité de leur travail”, a conclu le chef du Bloc québécois.
