Une action antipauvreté en plein cœur de Victoriaville
Ils portaient un message clair : le discours doit changer et la lutte contre la pauvreté doit devenir une véritable priorité. En ce sens, plusieurs personnes, de différents milieux se sont fait entendre, mercredi midi, au coin des rues De Bigarré et Notre-Dame Ouest en plein centre-ville de Victoriaville.
Ces gens ont répondu à l’invitation du Collectif de lutte contre la pauvreté Centre-du-Québec en participant à cette action de visibilité s’inscrivant dans la tournée panquébécoise de mobilisation du Collectif pour un Québec sans pauvreté.
Munis de plusieurs affiches, les manifestants ont scandé et chanté plusieurs slogans.
La représentante du Collectif de lutte contre la pauvreté Centre-du-Québec, Vanessa Gamboa, a été la première à prendre la parole. “Nous sommes rassemblés aujourd’hui en plein cœur de Victoriaville pour faire ce qui est essentiel, mais pas très fréquent, soit parler de pauvreté, un fléau social qui frappe le Centre-du-Québec aussi durement que le reste de la province, a-t-elle soutenu. La pauvreté est devant nos portes et il est temps de la nommer.”
Par la suite, de nombreuses personnes se sont présentés au micro à tour de rôle faisant valoir différentes revendications, réclamant notamment des revenus décents, un logement abordable et digne, un travail et des conditions de vie dignes, un accès universel et gratuit à l’éducation, de la petite enfance jusqu’à l’éducation supérieure.
Un Québec sans pauvreté passe aussi, ont dit certains, par un ministère dédié à la lutte contre la pauvreté. “Un ministère qui aurait un réel pouvoir de changer la situation au Québec et d’enrayer pour vrai la pauvreté, a expliqué une dame.
Un ministère qui agirait comme un chien de garde en s’assurant que chaque politique et chaque règlement amène une diminution de la pauvreté au Québec.”
Plus de bourses et moins de prêts étudiants, des bourses et des prêts indexés, des mesures structurantes pour lutter contre l’insécurité alimentaire font aussi partie des demandes. “Il faut des programmes adaptés aux humains”, a lancé une femme témoignant de la situation de dépendance financière qu’elle a vécue. “J’ai cependant eu la chance d’avoir un conjoint qui travaillait. Mais toutes les femmes n’ont pas cette chance”, a-t-elle reconnu.
La réduction de l’écart entre les plus riches et les plus pauvres, l’augmentation du salaire minimum, le droit à la dignité et la réduction des préjugés figurent aussi parmi les revendications.
“La pauvreté du Québec c’est assez, a exprimé l’une des femmes. Il est temps plus que jamais de se solidariser pour une cause qui touche toute notre communauté. Pour un Québec sans pauvreté, ça prend l’accès à l’alimentation pour tous et toutes, l’accès à la santé, au transport, au logement, aux vêtements, à l’éducation et à la sécurité. Ça prend une communauté mobilisée.”
Pour les gens présents, la lutte contre les préjugés, c’est lutter contre la pauvreté. Il est temps que la honte change de camp, ont-ils signalé.
Présent à Victoriaville, le co-porte-parole pour un Québec sans pauvreté, Serge Petitclerc s’est adressé à l’auditoire, affirmant que la pauvreté constitue un déni des droits et libertés. “Elle est le produit d’une société inégalitaire. La lutte contre la pauvreté stagne et le statu quo est aussi intenable qu’inacceptable, a-t-il fait valoir. On a invité les organisations de la société civile à signer un manifeste pour réclamer au gouvernement du Québec la mise en place de politiques publiques visant à améliorer en priorité les conditions de vie des personnes en situation de pauvreté.”
L’actuelle tournée, a-t-il dit, se tient dans une période préélectorale. “On veut amener les futurs candidats et candidates à prendre des engagements fermes sur les dossiers de la pauvreté, qu’on pense au salaire minimum, à l’assistance sociale, aux retraites, à l’aide financière aux études, mais aussi à l’ensemble des services publics, comme la santé et l’éducation. Ce sont des remparts contre la pauvreté”, a-t-il observé.
Le Collectif, a-t-il ajouté, continuera son travail et sa bataille au cours des prochains mois. En mai 2026, un grand rassemblement national se tiendra à Québec. “Une grande mobilisation pour montrer notre rapport de force et démontrer qu’il y a beaucoup de gens au Québec qui réclament moins de pauvreté, plus d’égalité et moins de préjugés”, a conclu M. Petitclerc, tout en précisant que la prochaine campagne électorale en septembre donnera lieu à des actions symboliques pour mettre de l’avant les revendications. “On prendra la parole pour amener un véritable changement.”
