Un Tingwickois souhaite la conservation d’un barrage de castors

ENVIRONNEMENT. Jean-Pierre Ouellet a vu le jour à Tingwick. Depuis 1988, il habite sur une propriété de 100 acres sur le chemin de la Station. Voilà qu’il y a trois ans, des castors ont construit un barrage pas très loin de chez lui, à une centaine de pieds, sur un terrain appartenant à la Municipalité qui a entrepris de détruire ce barrage.

M. Ouellet apprécie l’étang, le petit lac que produit sur son terrain le barrage des castors. «J’habite ici parce que j’aime la campagne, la nature. La présence du petit étang amène aussi des canards, des oiseaux», note-t-il en entrevue avec le www.lanouvelle.net.

Concernant la gestion des barrages de castors, la MRC définit ces barrages comme des obstructions à la libre circulation de l’eau et qu’un jour ou l’autre, tous les barrages vont céder. La MRC considère les barrages de castors comme une menace réelle à la sécurité des biens et des personnes.

Mais le résident s’interroge sur ce qui pousse les autorités (la MRC et la Municipalité) à vouloir démanteler le barrage en question qui, selon lui, ne présente aucun danger. «De l’autre côté, sur le terrain municipal, c’est un milieu humide. Chez moi, il n’y a aucun danger d’inondation. Le barrage ne menace aucune route, aucun pont non plus», affirme M. Ouellet.

«Même si le barrage venait à céder, il n’y aurait pas de danger, ici. Ils ont déjà démantelé, en partie, le barrage à l’automne. Et il ne s’est rien passé», mentionne Jean-Pierre Ouellet.

Le citoyen a contacté le Centre régional de l’environnement du Centre-du-Québec (CRECQ) à Drummondville. «Une dame m’a confié qu’ailleurs, certaines MRC font preuve de tolérance concernant ces barrages s’ils ne présentent pas de danger et si aucune plainte n’est déposée. Mais à la MRC d’Arthabaska, on ne fait aucune exception, aucun barrage de castors», dit-il.

Parce qu’elle considère les barrages comme une menace, la MRC demande à la municipalité, qui agit comme personne désignée en son nom selon une entente signée au sujet de la gestion des cours d’eau, de procéder au trappage des castors et au démantèlement des barrages.

Et en vertu de cette entente, la municipalité assume les coûts reliés au trappage et au démantèlement.

Le citoyen reconnaît que «ce n’est pas la fin du monde» le démantèlement d’un barrage. Mais il trouve la situation un peu ridicule et souhaiterait que les autorités fassent preuve du gros bon sens dans ce cas qui, soutient-il, ne présente aucune menace.

Réaction de la MRC

«La MRC gère l’argent public, elle gère aussi des risques. Et l’eau, c’est puissant», a fait valoir le directeur général de la MRC d’Arthabaska, Frédérick Michaud, rappelant justement les importants dommages survenus en 2003 dans le secteur de Tingwick lors des inondations.

Une période sèche, a-t-il noté, ne présente peut-être aucun problème. Mais un épisode brusque et soudain de précipitations, avec un barrage qui peut céder, peut mener à des conséquences importantes.

L’inaction d’une MRC à démanteler des barrages de castors peut amener des poursuites. Elle peut être tenue responsable de dommages causés, comme le révèle la jurisprudence avec le cas de la MRC Charlevoix-Est, condamnée à verser près d’un demi-million de dollars aux propriétaires d’une auberge lourdement endommagée par des inondations en août 2005.

Une option pour la conservation

Il n’existe qu’une seule option, indique la MRC d’Arthabaska, pour conserver un barrage, soit la mise en place d’un programme de suivi des barrages relevant de la municipalité.

«Cela nécessite une inspection annuelle de la structure par un ingénieur, ce qui représente des coûts importants», a confié le directeur général de la MRC d’Arthabaska.

Les rapports d’inspection doivent faire état de diverses informations, à savoir, notamment, l’état de la solidité du barrage, de sa hauteur et de sa longueur, de la présence de castors actifs ou non, des signes d’érosion, de la distance des infrastructures d’accès et des infrastructures d’hébergement.

Une telle option engage toutefois la responsabilité civile de la municipalité.