Un rapport fait état de la situation accablante du lac à la Truite

Le lac à la Truite situé dans la municipalité d’Irlande disparaitra progressivement, selon le récent rapport de l’ingénieur Miroslav Chum, réalisé dans le cadre d’une expertise professionnelle sur la réhabilitation du plan d’eau. L’Association de protection du lac à la Truite d’Irlande (APLTI), a fait appel à ces services professionnels pour confirmer que la charge importante de sédiments présents dans le lac a bel et bien fait diminuer de 30 centimètres (un pied) la profondeur de celui-ci, et ce, en 10 ans.

L’ingénieur a effectué son rapport en se basant sur la période entre mars et juin 2025, en comparant avec les données recueillies en 2015. En effet, selon ce rapport, le lac à la Truite est en état d’eutrophisation avancé. Si aucune action n’est entreprise, il pourrait y avoir des conséquences graves sur les cours d’eau environnants, selon l’APLTI. ” Étant donné que la capacité de rétention de l’étang Stater a déjà été atteinte, le lac à la Truite d’Irlande continuera de se dégrader et, par conséquent, une fois qu’il sera comblé, ce sera au tour du lac William de jouer le rôle de bassin de rétention “, a mentionné l’organisation, pour qui le statu quo revient à accepter la mort lente et progressive de la haute rivière Bécancour.

L’activité minière qui se déroule à la tête du bassin versants de la rivière Bécancour aurait également contribué à la perturbation du régime hydrologique et sédimentologique du lac à la Truite. De plus, la présence de plantes aquatiques, dont les nombre est supérieur à celui enregistré en 2015 auraient aussi eu un impact. Ces végétaux, qui remontent souvent jusqu’à la surface, captent les sédiments fins et consolident les sédiments déjà en place. ” En dix ans, nous avons perdu 30 cm de profondeur, malgré la restauration du barrage de l’étang Stater en septembre 2017 et l’installation d’un bassin de rétention à la mine Normandie en octobre 2021. Comme l’ensablement s’accélère avec une végétalisation plus dense d’année en année, le résultat risque d’être encore beaucoup plus rapide et alarmant. Nous craignons qu’une autre perte de 30 cm se fasse bien avant dix ans “, a expliqué le président de l’Association de protection du lac à la Truite d’Irlande, Réjean Vézina.

Possibilité de réhabilitation ?

Dans le rapport de M. Chum, trois débouchées ont été suggérées. La première action à considérer serait le dragage des sédiments. Toutefois, cela présente quelques contraintes compte tenu du volume énorme de matières à porter et des possibles traces d’amiante dans ces sédiments, les certificats d’autorisation sont difficiles à obtenir.

La seconde hypothèse, qui semble être la plus envisageable, serait de réduire les sédiments. Il s’agirait d’une gestion moins dispendieuse, plus facile et plus respectueuse de l’écosystème. Il serait donc avantageux de retirer les sédiments avant qu’ils atteignent le milieu, que de procéder au dragage du plan d’eau. ” La gestion des sédiments provenant des résidus miniers devrait demeurer la priorité d’intervention. De plus, le retrait des sédiments provenant de certains tributaires pourrait grandement améliorer la situation (par exemple les sédiments accumulés dans l’embouchure de la rivière Bagot) “, peut-on lire dans le communiqué.

Depuis 10 ans, l’APLTI pose des actions afin de démontrer l’urgence d’agir. ” Si le passé est garant de l’avenir, les vraies actions gouvernementales et municipales vont se prendre lorsque le lac sera devenu un étang, même un marécage, ce qui peut arriver plus vite qu’on le pense. À ce moment-là, tous les Irlandois verront leur compte de taxes augmenter dû à la baisse foncière des résidences riveraines. Et, plus tard, l’histoire se répétera pour les deux autres lacs en aval “, a déploré M. Vézina.