Travailleurs étrangers : le député Lefebvre soutient les entreprises de la région

Face à la lourdeur administrative que les entreprises de la région vivent dans le renouvellement de permis de travail pour leurs travailleurs étrangers temporaires, le député de Richmond-Arthabaska, Eric Lefebvre, leur a apporté son soutien en interpellant le gouvernement fédéral d’agir rapidement dans ce dossier afin d’apporter des correctifs.

Dans le cadre d’une conférence de presse, tenue vendredi chez Placages Lignum, M. Lefebvre était accompagné d’élus victoriavillois et de plusieurs représentants d’entreprises concernés par la situation. “Il s’agit d’une belle preuve de mobilisation des entrepreneurs pour dénoncer une situation qui est inacceptable”, a affirmé le député, ajoutant que leur présence envoyait un message “fort et clair” de leurs préoccupations. Eric Lefebvre, dans son allocution, a surtout tenu à rappeler qu’au-delà des délais administratifs, ce sont plusieurs entreprises, des travailleurs ainsi que des familles qui sont touchés, causant ainsi des “drames humains” dans la région.

Dans le but de “rapidement obtenir des pistes de solution”, pour une situation jugée “primordiale” pour le développement économique des régions au Québec, Eric Lefebvre a écrit à la ministre de l’Emploi et des Familles, Patty Hajdu, ainsi qu’à la ministre de l’Immigration, Lena Metlege Diab, pour dénoncer les deux principaux problèmes qui placent les employeurs et les travailleurs dans des situations complexes.

Cette première problématique pour les entreprises, a exposé M. Lefebvre, concerne les délais importants dans le traitement d’études d’impact sur le marché du travail (EIMT) en plus du manque d’accompagnement offert aux employeurs lorsqu’un problème survient dans ce dossier. En ce qui concerne la deuxième problématique, le député a mentionné qu’une demande de prolongation de permis de travail pouvait être refusée lorsque la nouvelle EIMT n’est pas transmise au département de l’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada dans les 90 jours suivant le dépôt de la demande.

Et si les travailleurs étrangers devaient retourner dans leur pays d’origine, Eric Lefebvre estime que l’image du Canada serait assurément entachée lorsque viendra le temps d’en attirer à nouveau dans les prochaines années. “Il faut se souvenir que nos entreprises d’ici ont effectué des missions économiques, au coût de dizaines de milliers de dollars, pour aller chercher de la main-d’œuvre à l’extérieur du pays parce qu’on n’arrivait pas à combler les emplois ici, a-t-il rappelé. Nos entrepreneurs se sont déplacés à l’étranger, accompagnés par Destination Entreprise, en faisant une promesse à ces futurs travailleurs. On leur promettait un emploi, une vie meilleure et un pays sécuritaire où ils pourraient peut-être un jour y élever une famille. Ces gens-là ont quitté leur pays et nous ont fait confiance.”

“Alors, en raison de toute la lourdeur administrative, on les invite, du jour au lendemain, à quitter le pays, perdre leur emploi et leur nouvelle vie pour repartir à zéro. Nos entreprises, pendant ce temps, doivent revenir à la case départ et on revient avec la problématique de la pénurie de main-d’œuvre”, a dénoncé le député.

Plusieurs témoignages

Sur place, trois représentants d’entreprises ont pris la parole afin de partager leurs diverses réalités au travail, de l’importance des travailleurs étrangers en plus de dénoncer la lourdeur administrative du gouvernement.

De son côté, le président de Placages Lignum, Louis-Hans Baril, a fait savoir que l’entreprise comptait beaucoup sur les travailleurs étrangers (ils sont formés et qualifiés). Leur départ, alors que l’entreprise cherche à pourvoir une dizaine de postes, ferait grandement mal au développement et à la productivité de Placages Lignum.

Les autres employés de l’endroit se sentent également interpellés, ne comprenant pas le traitement réservé envers les travailleurs étrangers. Des membres du personnel font notamment tout en leur pouvoir pour assurer une belle adaptation à leurs collègues en s’occupant de l’hébergement et de l’épicerie, entre autres. “Si on fait ça, c’est pour espérer satisfaire les exigences de Services Canada et régulariser notre droit de faire travailler nos employés étrangers”, a exprimé M. Baril.

La présidente-directrice générale de Meubles RD, Isabelle Beauregard, a également pris la parole. Elle a notamment partagé une “histoire d’horreur” concernant l’un de ses employés étrangers. Ce dernier travaillait à l’entrepôt depuis plus de trois ans. Il était bien établi dans la région avec sa femme et ses enfants. En plus de bien maîtriser le français, il avait une superbe attitude au travail, ayant acquis plusieurs tâches au fil des années. Alors que Meubles RD était en train de renouveler son permis de travail, les délais du gouvernement ont fait en sorte que l’employé n’a finalement pu obtenir son permis.

“Du jour au lendemain, on a perdu un employé qui était compétent et dont nous avions besoin. De son côté, il a perdu le droit de travailler, tout comme sa femme. Ses enfants commençaient l’école cette semaine. Il était complètement dévasté. Imaginez, du jour au lendemain, ne plus avoir de revenus et devoir payer un appartement et l’épicerie. Je trouve ça tellement inhumain. On ne peut pas accepter ça comme entreprise. On va faire tout ce que l’on peut et se supporter, mais nous n’avons pas le contrôle. On demande au gouvernement de nous aider”, a-t-elle plaidé.

À son tour de parole, le vice-président exécutif et chef des opérations de Victoriaville & Co, Charles-Olivier Dumont, a lui aussi présenté un témoignage dans la même veine que ses pairs. Il a parlé de l’importance des travailleurs humains qui font “ce qu’un robot ou un ordinateur ne peuvent pas faire”. Il a également rappelé que ce sont les travailleurs qui ont un “impact majeur” sur l’économie de la région.

En ce qui concerne son entreprise, M. Dumont a fait savoir que 17 de ses 24 employés pourraient voir leur renouvellement de permis de travail être refusé d’ici le 31 décembre. “Cette politique migratoire que le gouvernement nous impose vient fragiliser la viabilité à long terme d’opérer ici à Victoriaville”, a-t-il mentionné.

“Dans le cadre de la guerre tarifaire, les entreprises d’ici n’ont pas besoin que leur gouvernement marque dans leur but” , a-t-il ajouté.

Solutions

Pour remédier à la situation, Eric Lefebvre a expliqué que le gouvernement canadien devait simplifier les démarches imposées aux entreprises en plus de donner davantage de “prévisibilité” aux employeurs. Des éléments que le politicien juge très importants.

Il s’est également dit d’accord à ce qu’une clause grand-père, proposée par les entreprises, leur soit accordée. “Le but serait de permettre à ceux qui sont déjà intégrés dans notre communauté et qui participent au développement économique de nos entreprises de rester ici. On se doit de pouvoir supporter nos entreprises. Les travailleurs étrangers font partie de la solution”, a-t-il assuré.

“Ces mêmes personnes qui sont ici depuis des années, qui sont des piliers importants pour nos entreprises, qui paient des taxes et des impôts et qui font rouler l’économie de la région sont maintenant devenues nos collègues, nos voisins et même nos amis”, a poursuivi M. Lefebvre.

À la fin de la conférence, la douzaine d’entrepreneurs présents ont été invités à signer deux lettres cosignées par Eric Lefebvre afin qu’elles puissent être envoyées aux deux ministres du gouvernement fédéral.