Quatre municipalités s’unissent pour la distribution alimentaire

SOLIDARITÉ. Dès le 11 février, les résidents de Chesterville, de Notre-Dame-de-Ham, de Ham-Hord et de Saints-Martyrs-Canadiens, qui ont besoin d’un dépannage alimentaire, n’auront plus à parcourir tous ces kilomètres pour se rendre à la Sécurité alimentaire de Victoriaville. Ils pourront obtenir l’aide nécessaire dans leur milieu, à Notre-Dame-de-Ham.

Ce projet émane de la Sécurité alimentaire de Victoriaville qui souhaite ainsi rendre le service plus accessible aux résidents éloignés de la grande ville. «On a souvent entendu, c’est loin, c’est loin. Notre priorité était de devenir plus accessible, de se rapprocher des gens pour lesquels il est compliqué de venir à Victoriaville pour un dépannage alimentaire. Comme organisme, on a la prétention de couvrir la MRC d’Arthabaska. Alors, si on veut être à la hauteur de cette réputation, on se doit d’être accessible», a fait valoir la coordonnatrice de la Sécurité alimentaire, Isabelle Voyer, en conférence de presse, lundi après-midi, à Notre-Dame-de-Ham, aux côtés notamment des élus des municipalités participantes au projet.

«Nous étions prêts pour un tel projet dans ce milieu de vie dynamique et vivant doté d’une volonté de garder leurs gens», a souligné Mme Voyer.

Les citoyens du milieu, a précisé la coordonnatrice, bénéficieront du même service que la Sécurité alimentaire propose à Victoriaville. «Nous allons préparer les mêmes paniers avec la même qualité et diversité de denrées que nous apporterons toutes les deux semaines. Mais ce sont les bénévoles du milieu qui assureront la distribution», a indiqué Isabelle Voyer.

Pour assurer ce service, le milieu a créé un comité intermunicipal appelé Service d’entraide des Hauts Reliefs. «C’est intéressant parce qu’il regroupe des représentants de chacune des municipalités. Cette nouvelle entité verra à la gestion financière et des bénévoles. Ce comité pourrait mener à d’autres projets et événements afin de pousser encore plus loin l’entraide intermunicipale», a confié Geneviève Boutin, chargée de projets à Notre-Dame-de-Ham avec Christelle Leclerc.

«C’est un beau projet, un projet de cœur, a ajouté Mme Leclerc. Déjà, on a vu des gens s’inscrire, ce qui démontre un réel besoin.»

Le fonctionnement

La Salle communautaire de Notre-Dame-de-Ham, au 25, rue de L’Église, a été choisie comme point de distribution qui s’effectuera les jeudis, aux deux semaines, à compter du 11 février.

Les utilisateurs devront réserver leur panier en matinée entre 9 h 30 et 11 h 30 au 819 344-5010, panier qu’ils récupéreront en après-midi en présentant une preuve de résidence et de revenus.

Les ménages qui en sont à une première utilisation du service doivent s’inscrire auprès de l’une des deux chargées de projets au 819 344-5806 ou encore projets@notre-dame-de-ham.ca.

Les responsables tiennent à assurer qu’il s’agit d’un service entièrement confidentiel. «Dans un petit milieu, certains peuvent peut-être se montrer réticents. Mais les personnes dans le besoin ne doivent pas avoir honte. Tout est confidentiel, et sans jugement. Nous sommes très heureux de donner», a signalé Geneviève Boutin.

Le nouveau comité, par ailleurs, envisage aussi aider ces personnes qui ne peuvent se déplacer. «On se penche sur une stratégie pour assurer une accessibilité à tous, mais on ne connaît pas la forme que cela pourrait prendre encore», a fait savoir la chargée de projet qui n’exclut pas une livraison à domicile.

Des réactions enthousiastes

Le préfet de la MRC d’Arthabaska, Lionel Fréchette, a salué cette «belle solidarité». «Je suis très heureux de ce projet, d’amener la nourriture plus près des besoins et qui permet de réduire le kilométrage. Une initiative qui pourrait se répéter ailleurs», a-t-il noté.

La mairesse de Chesterville, Maryse Beauchesne, se réjouit également de ce projet commun. «Nous en sommes très fiers. À l’avenir, pour avancer, l’entraide est importante», a-t-elle souligné, ajoutant qu’elle ajouterait des rangées de plus à son grand jardin pour soutenir la Sécurité alimentaire. «Et je lance l’invitation à en faire autant aux citoyens des quatre municipalités», a-t-elle dit.

La mairesse de Notre-Dame-de-Ham, France Mc Sween, a salué cet échange entre la ville centre et la région.

Le maire de Ham-Nord, François Marcotte se dit aussi très heureux de cet esprit de collaboration qui permet aux citoyens de profiter d’un service d’aide de proximité.

Et la conseillère municipale de Saints-Martyrs-Canadiens, Christine Marchand, pour sa part, qualifie de «génial» ce projet. «Il est fort important de faire vibrer nos villages, pour que les gens soient bien et qu’ils aient l’envie d’y demeurer», a-t-elle exprimé.

Avec la mise en place de ce service de proximité, la Sécurité alimentaire s’attend à une augmentation de la demande. «Nous sommes prêts à y faire face», a fait savoir Isabelle Voyer.

Actuellement, quelque 25 ménages du territoire de ces quatre municipalités font appel à la Sécurité alimentaire qui, au total, vient en aide à environ 200 ménages par semaine. «Ce qui représente de 400 à 500 bouches à nourrir sur une base hebdomadaire», a conclu la coordonnatrice.