Projet Solutions Rivières : les Victoriavillois et Nicolétains interpellés
Victoriaville fait partie des sept municipalités et territoires, avec Nicolet, à participer au projet Solutions Rivières de la Fondation Rivières et visant à élaborer collectivement des solutions pour adapter les territoires aux inondations et à l’érosion.
L’organisme veut susciter une réflexion collective sur la manière de vivre avec les rivières afin de mieux habiter le territoire et limiter les impacts des catastrophes naturelles. La Fondation Rivières prend donc la route pour aller à la rencontre des citoyens, des élus et des acteurs locaux dans le but de redéfinir la cohabitation avec les cours d’eau. “Il s’agit d’un projet de mobilisation des citoyens et des élus pour trouver des solutions d’adaptation aux inondations et à l’érosion. L’idée vient du besoin de mobiliser les citoyens pour trouver des solutions afin d’adapter le territoire”, explique la responsable de projet pour Solutions Rivières, Élia Auer, détentrice d’une maîtrise en sciences de l’environnement.
Dans un contexte de changements climatiques, un tel besoin, note-t-elle, se fait de plus en plus sentir. “On peut penser à des glissements de terrain, des pertes de parcelles de terrain qui surviennent un peu partout”, souligne-t-elle. Victoriaville, avec ses rivières Gosselin, Nicolet et Bulstrode, constitue un lieu tout désigné. Et alors que le printemps se pointe avec la saison des inondations, le projet Solutions Rivières arrive à point, observe Élia Auer. Pour réaliser ce projet, la Fondation Rivières avait entrepris en 2023-2024 ses démarches auprès de différentes municipalités. Victoriaville et Nicolet sont les premières villes à participer à la démarche. À l’automne, la Fondation Rivières visitera New Richmond en Gaspésie, avant de se rendre, en 2027, dans les MRC de Maskinongé et de Matawinie, de même qu’à Val-David dans la MRC Les Laurentides et à Saint-Victor en Beauce.
Le projet
La démarche repose sur la tenue d’ateliers pour entendre les citoyens, connaître leurs expériences, leur connaissance du milieu, comprendre leurs préoccupations et leur vécu et réfléchir à l’avenir des rivières. “On veut tâter le pouls pour savoir ce qui se passe sur le terrain. Quels problèmes vivent les gens? On veut vraiment connaître leurs préoccupations et leurs besoins. C’est le but du premier atelier”, précise la responsable du projet. Au deuxième atelier, les participants se placent en mode solution. “On réfléchit. Qu’est-ce qu’on pourrait faire pour se mettre en marche, pour s’activer. Ce serait quoi nos demandes à la municipalité? Mais aussi qu’est-ce que nous-même pouvons faire sur notre territoire en tant que citoyen. Nous privilégions vraiment des solutions collectives. On essaie de sortir un petit peu du MOI et on va plus vers le NOUS”, fait valoir Élia Auer.
Le fruit des réflexions, par la suite, sera acheminé à la Municipalité, mais aussi à l’organisme de bassin versant COPERNIC également impliqué dans la démarche. Un atelier est justement réservé aux élus et aux différents acteurs territoriaux comme COPERNIC. “On vient leur dire ce qui se passe sur le territoire, on leur expose le point de vue, les préoccupations et les besoins des citoyens. Puis on réfléchit avec eux à ce qu’il est possible de faire, sur ce qui est peut-être aussi déjà mis en branle par la Municipalité pour répondre aux besoins en lien avec l’érosion et les inondations. Finalement, on élabore avec eux une feuille de route, puis on revient en atelier avec les citoyens pour les informer des actions envisagées par la Municipalité et valider si cela concorde avec leurs attentes et si tout cela est réaliste”, indique Élia Auer. Cette validation représente le quatrième et dernier atelier que l’on prévoit vers la fin du mois de septembre.
Ateliers et conte
Le tout premier atelier se tiendra le mercredi 15 avril de 18 h 30 à 20 h 30 à la bibliothèque Charles-Édouard-Mailhot au 2, rue de l’Ermitage à Victoriaville. À Nicolet, cet atelier aura lieu aux mêmes heures le lendemain, le jeudi 16 avril, à la salle du Conseil des maires à la MRC de Nicolet-Yamaska, au 257, rue de Monseigneur-Courchesne. Ces ateliers seront précédés, le samedi 11 avril, d’un spectacle Le conte de la rivière proposé en collaboration avec Contes vivants. Ce conte sera présenté en matinée (10 h 30) à Victoriaville et en après-midi (14 h) à Nicolet aux mêmes endroits que les ateliers.
Comprenons-nous réellement comment fonctionne la rivière dans toute sa liberté, sa spontanéité et son courant naturel? On abordera cette question avec Félix Morissette dans ce conte qui invite à redécouvrir la rivière autrement et à réfléchir à la manière de vivre avec elle afin de mieux habiter le territoire et ainsi limiter les impacts des catastrophes naturelles. “C’est vraiment une activité plus ludique pour toute la famille et qui sert aussi à annoncer la démarche quelques jours plus tard sur le territoire pour qu’on ait le plus de gens possible qui y participe”, mentionne Élia Auer.
Solutions diverses, selon les milieux
Le projet Solutions Rivières vise l’aménagement d’espaces le long des rivières que les scientifiques appellent “espaces de liberté pour les rivières”. De tels espaces peuvent prendre une multitude de formes, comme l’aménagement de parcs, d’accès aux berges, de milieux humides ou l’adaptation des habitations ou des terres agricoles au nouveau contexte, par exemple. Avec la population et les élus, le projet souhaite identifier des solutions pérennes d’adaptation aux inondations et à l’érosion.
Solutions Rivières n’arrive pas avec des solutions toutes faites, toutes décidées d’avance. “Ce qu’on veut, c’est vraiment de croiser les différents savoirs des gens, que ce soit un projet de co-construction. On amène les gens à réfléchir eux-mêmes aux solutions, mais nous avons tout de même des idées, certaines solutions basées sur la nature. Mais il reviendra aux participants de réfléchir à ce qui serait possible sur le territoire, à ce qui profiterait à la collectivité et qui pourrait vraiment avoir un impact positif”, soutient la responsable qui cumule diverses expériences en lien avec la protection et la restauration des milieux aquatiques et humides.
“Les solutions, ajoute Élia Auer, risquent d’être différentes selon les milieux, qu’ils soient plus urbains ou agricoles. Mais l’idée, c’est qu’on laisse vraiment de l’espace pour tout le monde, puis qu’on ait des solutions adaptées en fonction de leurs problématiques, de ce qui se passe réellement chez eux sur leur terrain.”
Les inscriptions
Pour participer à la démarche, les intéressés peuvent s’inscrire en ligne en allant sur le site solutionsrivieres.org.
On y retrouve deux liens, l’un pour Victoriaville (https://fondationrivieres.org/ateliers-victo/) et un autre pour Nicolet (https://fondationrivieres.org/ateliers-nicolet/).
