Portes ouvertes sur l’Eau vive

VICTORIAVILLE. Le jeudi 7 mai, entre 16 et 20 heures, on pourra aller jeter un œil du côté de l’École communautaire l’Eau vive pour mieux la connaître et, éventuellement, parce qu’on souhaiterait y inscrire son enfant. De cette école, on a davantage parlé ces mois-ci son possible déménagement que de la particularité de sa vocation inspirée de la pédagogie Waldorf.

Créée en 2001, l’École communautaire l’Eau vive loge à la même enseigne que l’École La Myriade J.-P.-H.-Massicotte au 57, rue Monfette.

Pour une année et parce que La Myriade a besoin de plus d’espace, deux classes primaires de l’Eau vive, la cinquième et la sixième année, s’installeront dans les locaux de l’Église baptiste évangélique, pas très loin, rue Saint-Paul.

Directrice des deux écoles, Janie Hamel admet que pendant un moment, on a craint que cette histoire de déménagement décourage des parents de maintenir leurs enfants à l’Eau vive. Ce n’est pas le cas.

L’activité de portes ouvertes permettra aux parents, au public en général de prendre la mesure de cette école qui, bon an, mal an, accueille quelque 130 enfants, de la maternelle à la sixième année.

L’Eau vive est l’une des deux seules écoles publiques au Québec s’inspirant de la pédagogie Waldorf. Deux autres sont privées.

Une secte?

Une maman comme Chantale Patneaude qui s’apprête à y inscrire son quatrième enfant, l’enseignante de cinquième année Francesca Guay, la spécialiste en travaux manuels Lorraine Blain, la directrice Janie Hamel et la directrice adjointe Geneviève Fréchette s’esclaffent quand elles entendent le mot «secte» que certains chuchotent visant l’Eau vive en particulier et les écoles Waldorf en général.

Il y a dans cette perception une méconnaissance de la philosophie qui sous-tend cet enseignement, affirment-elles. «Le différent fait peur», soutient la directrice. L’Eau vive a sa couleur pédagogique comme d’autres écoles ont la leur avec des programmes vélo, robotique, informatique, musique.

D’emblée, soulignent les porte-parole, les écoliers sont soumis au même régime pédagogique et aux mêmes examens imposés par le ministère. Le seul examen dont les écoliers de l’Eau vive sont dispensés est celui d’écriture en deuxième année. Ils y seront soumis comme les autres en quatrième. Et, à la fin de leur parcours primaire, ils auront des résultats académiques similaires à l’ensemble des autres élèves.

Cela, la directrice adjointe, Geneviève Fréchette peut en témoigner, elle qui enseignait l’histoire au secondaire.

«Je remarquais d’ailleurs que les élèves provenant de l’Eau vive possédaient toutefois une meilleure culture générale et une plus grande ouverture aux autres.»

Un programme bonifié

Mme Fréchette s’ébahit encore des cahiers de grammaire que les écoliers de l’Eau vive confectionnent. Ils apprennent autrement les règles de grammaire, les retenant par des histoires qu’ils écrivent et qu’ils illustrent. «Ils travaillent avec plus que de l’intellect. C’est du ressenti, ce qui leur permet de mieux intégrer leurs apprentissages», explique Lorraine Blain.

Si le recours aux technologies n’apparaît qu’en sixième année – «l’ordinateur est bien présent à la maison», signale Francesca Guay -, des cours d’anglais et d’espagnol sont dispensés dès la première année.

À l’Eau vive, l’expression par les arts prend beaucoup de place, l’imaginaire est aussi très sollicité. Les écoliers s’adonnent à l’eurythmie, au chant choral, au dessin de forme, à l’aquarelle, etc. On coud, construit, joue, on brode et on tricote. Même qu’au tricot, les petits garçons sont plus habiles, remarque Mme Blain. «Et les plus actifs s’apaisent par le tricot.»

Francesca Guay explique que l’enseignement respecte le rythme de l’enfant et que par toutes les activités, on intègre le français, les mathématiques, l’histoire. Elle donne l’exemple de ces Olympiades qu’on organise dans quelques semaines, ce thème ayant teinté toutes les activités pédagogiques de l’année, les écoliers ayant même confectionné leur tunique comme on la portait au temps des Olympiades. Ils en savent un peu plus sur l’histoire de la Grèce et ont manié le javelot.

Les activités reliées à un thème prennent un sens. «Et les enfants apprennent la valeur du travail puisqu’ils confectionnent tout eux-mêmes», dit encore Mme Blain.

Une «communauté»

Ce qui fait vraiment de l’École communautaire l’Eau vive une école différente, c’est l’engagement des parents, observent la directrice et la directrice adjointe.

Tous les jours, il y a des parents d’écoliers de l’Eau vive dans l’école, prêts à donner un coup de main à l’enseignante pour des activités de cuisine, des travaux manuels, des fêtes, des réunions, des opérations de financement.

Chantale Patenaude dit avoir choisi cette école parce qu’elle y sent un immense respect de ses enfants, de leur rythme, parce qu’elle croit à l’importance de la vie communautaire, parce que l’enfant doit intégrer des connaissances académiques, mais aussi développer des habiletés sociales, dit-elle.

Parce que les parents sont très présents à l’Eau vive, qu’ils se connaissent entre eux, travaillent ensemble, les enfants sentent qu’ils appartiennent à un environnement, une communauté. «Je pense que ce que nous, les parents, avons en commun, c’est cette volonté de s’engager dans l’éducation de nos enfants.»

L’Eau vive travaille avec sept enseignantes, chacune étant la titulaire d’une même classe pendant deux ans. L’équipe se complète de trois spécialistes Waldorf et de trois spécialistes pour les cours d’anglais, d’espagnol et d’éducation physique. Les écoliers ont accès, comme tous les autres, aux services professionnels dispensés par la Commission scolaire des Bois-Francs.