Martin Garneau met à vendre Le Luxor

Véritable institution au centre-ville de Victoriaville, le restaurant Le Luxor est maintenant à vendre. Martin Garneau, l’unique propriétaire, a remis le dossier dans les mains du courtier Max Sévégny de Via Capitale Expertise, désireux de profiter de la retraite pour passer davantage de temps avec ses proches.

L’annonce sur le site Centris.ca indique un prix de vente de 895 000 $ plus taxes. Martin Garneau considérait que le moment était arrivé. “J’ai 62 ans. Il faut profiter de la vie un peu et puis on a quatre petits-enfants. Je veux profiter de la famille. Cette perspective aide à la réflexion”, confie-t-il en entrevue avec le www.lanouvelle.net. Martin Garneau aura passé pas moins de 47 ans de sa vie au restaurant Luxor fondé en 1953. “J’y suis depuis 1978. Je suis devenu actionnaire 10 ans plus tard et seul propriétaire depuis 11 ans maintenant”, précise-t-il.

Il a commencé comme étudiant, travaillant certains soirs et les fins de semaine. “J’étudiais à l’extérieur, mais je faisais les deux. J’ai toujours gardé Le Luxor”, raconte le natif de Victoriaville. Il a tout fait dans le restaurant. “Et je peux encore tout faire, même la cuisine”, dit-il en souriant. La renommée du Luxor s’est établie au fil du temps. “C’est un endroit où tout se passait, la ville était ici. De nombreuses rencontres d’affaires ont eu lieu au bar du restaurant, des contrats s’y sont signés, de nombreuses fêtes y ont été célébrées, souligne-t-il. Un paquet d’événements s’y sont tenus de génération en génération. Aujourd’hui, on voit les petits-enfants des parents. C’est ce qui fait l’institution. On veut fêter, on veut souligner quelque chose? On va au Luxor.”

Martin Garneau n’a jamais pensé faire autre chose de sa vie professionnelle, même s’il a étudié un an en décoration. “J’ai rapidement compris que ce n’était vraiment pas ma place.” Au cours de toutes ces années dans le monde de la restauration, ce qu’il a apprécié le plus, ce sont les discussions et la rencontre avec les gens. “Les gens viennent ici pour souligner des événements, c’est toujours la fête.” Mais tout n’a pas toujours été au beau fixe. Des coups durs sont survenus ces dernières années : le décès de son fils, la pandémie et le contexte économique actuel. “Il faut se le dire, on est en récession”, note-t-il.

La pandémie a changé bien des choses. “Il n’y a plus rien comme avant. Les gens ont changé leurs habitudes. Ils ont appris à cuisiner et ils sortent moins”, observe-t-il. Malgré tout, les affaires se sont maintenues. “Ça remonte lentement”, fait-il remarquer. L’emplacement du restaurant au centre-ville et à proximité du Carré 150 joue en sa faveur. “L’achalandage a augmenté avec le Carré 150. Les gens viennent souper avant d’aller au spectacle.” Le Luxor emploie une quarantaine de personnes. “Ça va bien du côté du personnel. On a recruté des travailleurs étrangers dans la cuisine. On a une équipe solide, se réjouit Martin Garneau. On a un noyau fidèle. Certaines serveuses sont avec nous depuis une quarantaine d’années.”

Un souhait : que tout continue

Sa décision qu’il a prise il y a quelques semaines, Martin Garneau l’a profondément mûrie. “Le moment était venu. Il n’y a jamais de bons ni de mauvais moments, philosophe-t-il. Mais à un certain moment, on prend une décision et il faut l’annoncer.” Il avoue toutefois un certain pincement. “On ne laisse pas aller ça de même. On veut que ça se perpétue, que ça se poursuive comme étant LE restaurant de Victoriaville.”

Il se dit convaincu que Le Luxor a toujours sa place dans le paysage. “Si on a viré je ne sais combien de milliers de dollars, c’est encore possible de le faire, soutient-il. On a la place pour le faire, 250 places disponibles. C’est un beau et grand restaurant, bien entretenu.” Martin Garneau se dit convaincu que Le Luxor saura trouver un nouvel acheteur pour la suite des activités. Entre-temps, le restaurant demeure ouvert et le propriétaire y consacre pas moins de 80 heures par semaine.

“Aujourd’hui, je n’ai aucun regret, exprime Martin Garneau. Je peux dire mission accomplie. On a fait un bout de chemin et on souhaite la poursuite. La clientèle est là, elle est fidèle. Je reçois des messages d’appui, les gens comprennent très bien la situation.” À la retraite, Martin Garneau, un sommelier, disposera d’un peu de temps pour ses proches, mais aussi pour la visite de vignobles comme il l’a fait à près d’une dizaine d’occasions avant la pandémie. Il n’exclut pas donner un coup de main au nouvel acheteur s’il réclame un peu d’aide.

Un peu d’histoire

À ses débuts, Café Luxor, comme il s’appelait, se situait au 324, rue Notre-Dame Est, peut-on lire dans le bouquin Victoriaville : Une histoire à se raconter. Détruit par le feu, Le Luxor rouvre ses portes officiellement en octobre 1954 à l’emplacement actuel au 213, rue Notre-Dame-Est. Un autre incendie, dans la nuit du 19 décembre 1995, détruit non seulement le restaurant, mais aussi la Place Luxor regroupant plusieurs magasins. Le restaurant Le Luxor renaît de ses cendres et procède à sa réouverture officielle le 14 octobre 1996 en présence d’une centaine de personnes, dont le maire de l’époque, Pierre Roux.