Maman à la maison grâce aux coupons

Katheryne Aubert n’a que 21 ans, mais maîtrise parfaitement l’art de faire des économies. Quand elle s’y met, il y a plus de deux ans, elle souhaite simplement combler tous les besoins de sa fille. Aujourd’hui, cela lui permet de rester à la maison.

L’épicerie avec moins de 20 $ par semaine, rien de plus normal. Depuis janvier, Katheryne Aubert, résidente de Saint-Samuel, a réussi à se procurer 3873,07 $ de marchandises pour 192,30 $, tout en amassant 899 515 PC points, factures à l’appui. D’ailleurs, elle ne se gêne plus pour publier ses tickets de caisse sur sa page Facebook Miss Coupon et dans son groupe privé.

«J’ai commencé à m’intéresser aux coupons pendant ma grossesse. J’avais 18 ans et ça nous a pris par surprise. Mon conjoint travaillait, mais j’ai débuté le couponing parce que je ne voulais pas que ma fille manque de rien, que j’étais jeune et qu’on habitait dans un petit appartement», se rappelle-t-elle. Pendant longtemps, elle y consacre quelque 10 heures par semaine pour ses achats personnels. Or, elle se rend compte qu’il ne sert à rien d’en faire autant, car elle ne peut consommer plus que ses propres besoins. Aujourd’hui, Katheryne Aubert voue cinq heures hebdomadairement à cette activité, devenue une passion.

Un groupe

La jeune femme souligne que bien des gens peinent à s’offrir tous les biens essentiels au quotidien. «Dans les journaux, on voit à quel point les prix augmentent, dont celui de la nourriture. Plusieurs n’y arrivent pas financièrement», se désole-t-elle. Elle décide alors de proposer ses services de coaching. «On pense que le couponing, ça se passe aux États-Unis et qu’ici c’est impossible. Je voulais montrer aux gens comment ça marche», raconte-t-elle. Un bout de temps, elle le fait gratuitement et observe le peu de motivation des aidés. L’idée de demander un cachet initial germe, puis d’ouvrir une page pour son groupe. Elle le fait en février 2019. À présent, Katheryne conseille une cinquantaine d’acheteurs. Ceux-là ont d’abord reçu un document explicitant ses meilleures astuces, des coupons-rabais d’une valeur équivalant à leur mise de départ (50 $) et un accès au groupe où elle expose les spéciaux de la semaine tout comme les liens pour obtenir des bons de réduction et des échantillons. Qui plus est, elle répond presque en tout temps à leurs questions.

Les trucs

Dans le cahier qu’elle a rédigé, qu’elle tient à jour et dont elle ne veut pas révéler les secrets, elle ne traite pas simplement des coupons, mais aussi des programmes de fidélité. «Souvent, les gens pensent que ce n’est pas payant et qu’après un an, tu n’épargnes que 5 $. En fait, c’est qu’ils ne savent pas l’utiliser adéquatement. Ils ne connaissent pas les promotions et tout ce qu’on peut faire grâce à ces programmes», constate-t-elle.

Katheryne y aborde également des manières de faire des économies sans coupon, comme la loi du meilleur prix ou «les imbattables». Dans certaines chaînes comme Maxi, Tigre Géant et Walmart, il suffit d’amener une preuve que le produit se vend moins cher ailleurs pour l’obtenir au même prix. «Avec ça, on peut sauver facilement 40 $ par épicerie», soutient-elle. Il s’agit de comprendre leur différente politique pour réaliser de bonnes affaires.

Quant aux coupons, on peut les trouver en magasin, dans le Publisac, en ligne et se les faire livrer. «On peut écrire des compliments à des compagnies et recevoir des coupons en retour et des gratuités», exemplifie-t-elle.

Des paniers d’épicerie à 500 $, payés moins de 5 $, c’est possible. Pour y arriver, les programmes de fidélité deviennent des alliés, car ils permettent de défrayer des articles sur lesquels il y a peu d’économies à faire, comme les fruits, les légumes et la viande. Doit-on visiter plusieurs marchés pour faire ses emplettes? «Non, je me rends au même endroit», plaide-t-elle.

Pour épargner gros, il faut troquer ses aubaines avec d’autres adeptes, provenant d’aussi loin que l’Ouest canadien. «Il y a des groupes d’échanges de coupons. Parfois, ils ne sont offerts que dans d’autres provinces, par exemple en Alberta. Si je le veux, je dois l’échanger contre un qui n’est pas en circulation là-bas, car ces coupons sont utilisables partout au Canada», note Katheryne. Ainsi, pour faire son épicerie gratuitement ou presque, il faut étendre ses tentacules à la grandeur du pays.

Beurre de peanut

La couponneuse admet devoir faire fi du jugement des autres clients, lorsqu’elle se présente à la caisse avec 200 coupons. Plus de la moitié des clients derrière elle dans la file réagissent mal, selon elle. Certaines caissières n’apprécient guère plus ce dérangement. «Au début, j’en <@Ri>shakais<@$p>. Souvent, les caissières sont stressées à cause des clients impatients et non des coupons. Mais la plupart du temps, cela les épate. On crée des liens avec elles et elles deviennent contentes de nous voir», relate-t-elle.

Des insultes, Katheryne Aubert en a reçu. «Avant, ça me faisait quelque chose. Dorénavant, je me dis que je paye mon épicerie le prix de son beurre de peanut, donc ça ne me dérange plus», rigole-t-elle.