Les producteurs de bovins centricois font valoir leurs besoins aux politiciens
La toute première rencontre des Producteurs de bovins du Centre-du-Québec, organisée aujourd’hui (vendredi) par le vice-président Patrick Foucher, au mont Arthabaska, a permis aux producteurs de la région de faire valoir leurs préoccupations aux représentants des différents partis politiques présents sur place.
En cette année d’élections provinciales, les propriétaires de bovins souhaitent multiplier les actions afin de faire part de leurs nombreux défis dans lesquels ils sont confrontés au quotidien. Comme le Centre-du-Québec est l’une des régions les plus importantes de la province en production bovine (16% de la production), les producteurs espèrent avoir plus d’aide de la part du gouvernement. De nombreux partis politiques ont ainsi accepté l’invitation des Producteurs de bovins du Centre-du-Québec pour entendre leurs demandes et discuter avec eux. Plusieurs enjeux ont été abordés, notamment l’aspect économique (manque de financement aux fermes), les règlements environnementaux et la relève, entre autres.
“On veut sensibiliser le plus de monde possible. En faisant part de l’importance de notre production, on espère que les producteurs de bovins seront pris en compte lors des décisions des différents partis. On veut marquer des points”, a indiqué le président des Producteurs de bovins du Centre-du-Québec, Jean-François Dion.
Ce dernier s’est dit encouragé par les différentes discussions tenues au cours de l’événement. Cette première édition, qui s’est déroulée de manière conviviale et sous un soleil radieux, a par ailleurs été un succès, selon M. Dion. “Note objectif était de créer un intérêt chez les politiciens afin qu’ils puissent venir nous parler directement. Ils ont répondu présents, tout comme les producteurs. Nous sommes très contents”, a-t-il souligné.
Étant propriétaire d’une ferme bovine à Saint-Albert, J. Alain Laroche aimerait, de son côté, que les siens soient mieux compris par la population en général. Il a notamment rappelé que les producteurs devaient produire de la qualité en grande quantité, sans nécessairement recevoir l’aide nécessaire ou la reconnaissance de l’importance de leur travail.
“On représente le monde agricole avec seulement 2% de la population et on en nourrit 98%. Du côté politique, nous sommes très faibles. Quand les politiciens veulent donner quelque chose pour accompagner les producteurs dans leurs investissements, ils se font souvent critiquer par le reste de la population. C’est toutefois ces gens qui achètent nos produits. On est un peu pris dans un entre-deux”, a-t-il confié.
M. Laroche s’est par ailleurs dit heureux de voir une telle rencontre se tenir entre les producteurs et les politiciens. “Si on n’informe pas les politiciens, qui va le faire? J’ai trouvé ça bien intéressant qu’ils aient l’intérêt de venir nous voir. De notre côté, on va analyser tout ce qui a été dit pour voir comment on va s’y prendre pour la suite. On veut continuer à sensibiliser les citoyens sur les besoins agricoles afin de mieux les servir”, a-t-il affirmé.
Présence politique
De son côté, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, s’est réjouit de voir les producteurs bovins revendiquer leurs besoins. “Je pense qu’ils ont tout intérêt à faire un lobby sympathique à l’endroit des décideurs politiques de tous les paliers gouvernementaux. De façon générale, l’augmentation de la population et de l’activité économique, la nécessité de protéger notre territoire agricole et d’innovation ainsi que les enjeux environnementaux en matière agricole font que la conversation entre les autorités politiques et le représentant du milieu agricole doit être intensifiée. Il faut qu’on se parle pour vrai sur l’avenir du municipal, du territorial et du travail du CPTAQ”, a-t-il dit.
Candidat dans Côte-du-Sud et porte-parole en agriculture pour le Parti conservateur du Québec, Frédéric Poulin a assisté à cette première rencontre entre les producteurs de bovins et les politiciens. Il est d’avis que l’économie agricole provient en grande partie de leur travail, faisant en sorte qu’il est important de s’occuper de leurs préoccupations. “On voulait les écouter pour savoir comment on peut les aider à améliorer leur situation. Je pense qu’on a eu des échanges constructifs aujourd’hui”, a-t-il assuré.
Il estime, en terminant, que le gouvernement devrait simplifier davantage la manière dont on fait l’agriculture chez les producteurs de bovins. “Dans ce secteur, il faut leur laisser de l’air pour être un producteur au lieu de leur faire gérer des papiers”, a conclu Frédéric Poulin.
