Les employés de Citadelle en grève

À la veille du début de la saison des sucres, les travailleurs de la Coopérative Citadelle ont déclenché une grève générale illimitée, jeudi matin, après avoir rejeté l’offre finale et globale de l’employeur à 72,3%. Une ligne de piquetage est d’ailleurs érigée devant les locaux de la coopérative de sirop d’érable. Le syndicat des Métallos, représentant les employés, précise qu’aucun terrain d’entente n’a été possible avec l’employeur, lui qui a même révoqué une offre syndicale quant à l’horaire de travail.

Lors de la dernière rencontre entre l’employeur et les travailleurs (11 mars), une liste de six points avait été établie par le syndicat dans l’espoir de conclure une entente de principe idéale. Selon le représentant syndical des Métallos, Dany Maltais, la direction de Citadelle n’était pas intéressée à faire de nouvelles offres salariales, ce qui ne remplissait pas, dès le départ, le mandat demandé par les employés. Les éléments qui ont causé un litige étaient les plus importants aux yeux du syndicat. “Nous n’avons pas pris la décision de sortir les travailleurs tout de suite parce qu’il y avait des éléments qui nous permettaient de retourner consulter nos membres. Nous nous sentions mal à l’aise comme comité de négociation, pour des salaires de 20,79 $ de l’heure, en moyenne, de déclencher la grève sans considérer l’impact que ça peut avoir sur les membres. L’employeur nous a mis au pied du mur, alors nous avons donc laissé la décision à nos membres et nous les épaulons dans leur volonté”, a précisé M. Maltais.  

Un enjeu en lien avec un nouvel horaire de travail s’est présenté lors de la rencontre du 11 mars. Le syndicat avance que l’employeur avait déjà accepté la proposition des travailleurs quant à un nouvel horaire de travail, mais il aurait fait marche arrière. Cette proposition comportait un horaire de quatre jours de 10 heures, de quatre soirs de 10 heures et, un ajout, trois journées de 12 heures (fin de semaine). “L’objectif était, entre autres, d’accommoder nos membres et leur famille, en plus de faire baisser les coûts de production de l’employeur en jouant avec les taux supplémentaires. Il s’agissait d’une offre intéressante pour nos membres. Cette entente était satisfaisante pour nous, mais l’employeur est revenu à la table en disant qu’il maintenait l’horaire d’avant. À ce moment-là, nous nous sommes dit que la grève devenait inévitable”, a soutenu Dany Maltais.

La durée de la convention collective, le climat de travail et le taux horaire sont les principaux points qui séparent les deux parties. “Que ce soit de nature individuelle, de nature syndicale ou avec les comités santé et sécurité, l’employeur doit travailler mieux que ça. L’employeur doit être à l’écoute, il doit faire avancer ses comités, doit faire attention à ses travailleurs. Il doit prendre des engagements et les respecter. L’hiver, les gens ont froid, les employés ont des pauses de chaleur, car il fait trop froid. L’été aussi il y a des pauses, en raison de la chaleur. Nous observerons des problèmes de santé-sécurité récurrents que l’employeur n’a pas la volonté de redresser”, a dénoncé le représentant syndical.

Le temps de sucres menacé?

Dany Maltais confirme que l’objectif n’est pas de nuire aux membres de la Coopérative Citadelle, surtout à l’approche de la saison du sirop d’érable, mais que le moment est bien choisi pour faire pression. “Nous ne voulons pas faire souffrir les membres de la Coopérative, nous ne recherchons pas cela, nous ne voulons pénaliser personne, mais c’est notre moyen de pression. Il faut quand même que le conseil d’administration prenne acte de tout ça et que les membres de la Coopérative en prennent acte aussi.”, a-t-il dit.

Selon lui, la cueillette de sirop d’érable aura bien lieu, comme c’est une entente avec les membres. L’enjeu se présentera surtout dans les entrepôts, qui seront bondés. “On ne sera pas capable de sortir le produit fini à temps pour décharger les entrepôts, alors je pense que le désagrément pour les producteurs, éventuellement, ce sera qu’on ne sera peut-être plus capable d’aller chercher ce sirop pour l’entreposer. Ça occasionnera peut-être des frais de transport supplémentaires”, a ajouté M. Maltais. Il soutient que les tâches s’accumuleront avec le temps et deviendront sans doute plus lourdes.

Le www.lanouvelle.net est toujours en attente des commentaires de l’employeur face à ce conflit de travail.