L’engagement de Donat Bouffard et de Robert Godbout immortalisé

La Ville de Plessisville a officiellement nommé la caserne de pompiers et sa salle de formation. Grâce au travail du comité de toponymie, Donat Bouffard prêtera son nom à la caserne et Robert Godbout à la salle de formation. Ce geste d’honneur marque l’engagement de ces deux anciens pompiers pour protéger la communauté, et ce, pour l’ensemble des sapeurs qui œuvrent aujourd’hui au sein du Service de sécurité incendie de L’Érable (SSIRÉ).

C’est en présence des membres des familles Bouffard et Godbout, à même la caserne 43 de Plessisville, que deux plaques commémoratives ont été dévoilées. Le directeur du SSIRÉ, Éric Boucher, a pris la parole pour témoigner de sa fierté, mentionnant au passage qu’un pompier laisse toujours sa trace. M. Boucher en a profité pour rappeler le travail de conciliation, le désir de protéger, la transmission des connaissances et, surtout, le grand cœur de ces deux hommes. “Bien que je n’aie pas eu la chance de les rencontrer, comme plusieurs ici, j’ai l’impression de les connaître grâce à ce qu’ils ont laissé derrière eux. Ces hommes ont bâti bien plus qu’un service incendie, ils ont bâti une culture de courage et d’entraide qui fait toujours partie des opérations aujourd’hui. Je suis convaincu que messieurs Bouffard et Godbout étaient animés par cette flamme qui nous pousse à aider les autres et de répondre à l’appel, peu importe l’heure, peu importe le risque. Cette volonté les a poussés à servir leur communauté avec courage, malgré les sacrifices et les réalités de l’époque. Une caserne, ce n’est pas qu’un bâtiment, c’est un lieu de vie où l’on apprend à se faire confiance. La salle de formation voit à la transmission de valeurs et des connaissances pour nos futures générations de pompiers et pompières. Le Service incendie est fier de porter cette mémoire”, a-t-il soutenu.

Donat Bouffard a servi comme pompier dès 1912. Originaire de Sainte-Hélène-de-Chester, il s’est installé à Plessisville, où sa carrière au sein du Service incendie durera une cinquantaine d’années. De 1943 à 1962, M. Bouffard a également été chef de brigade, reconnu pour son sens du devoir et son leadership incomparable. Impliqué comme conseiller municipal, commissaire scolaire et marguillier, en plus d’une carrière parallèle à la Forano, Donat Bouffard a reçu la médaille d’argent de la Reine pour reconnaître tous ces engagements au service du bien commun. Aujourd’hui décédé, la caserne plessisvilloise portera dorénavant son nom.

Son petit-fils, Jean-Guy Bouffard, était présent lors de l’inauguration en compagnie des membres de sa famille. Il a remercié la Ville et le SSIRÉ pour cet honneur porté à Donat Bouffard. “Pour notre famille, c’est un immense honneur, mais surtout c’est une reconnaissance pour un homme qui a consacré la majeure partie de sa vie au bien-être des autres. Être pompier, ce n’est pas seulement de répondre aux appels, c’est aussi d’accepter de veiller sur les autres. Ceux qui l’ont connu se souviennent probablement de son sens du devoir et de son humanité. Aujourd’hui, je peux dire avec fierté que quatre générations de Bouffard ont servi comme pompiers à Plessisville. C’est un héritage qui vaut autant que le dévouement que mon grand-père portait à sa communauté. Je crois qu’il aurait été profondément touché par cet honneur”, a-t-il confié.

Robert Godbout, quant à lui, a débuté sa carrière à titre de pompier volontaire en 1952. Mettant à profit ses connaissances comme forgeron, il deviendra capitaine, puis chef du Service incendie. M. Godbout a d’ailleurs piloté quelques projets de transformation à la caserne : modernisation des équipements, acquisition de nouveaux véhicules et développement de techniques de pointe. Son parcours inspirant et exemplaire comme pompier durera 28 ans. Il laisse aujourd’hui son nom à la salle de formation, un lieu d’apprentissage et de développement pour mieux protéger la population.

Sa fille, Lucie Godbout, a adressé quelques mots, relatant ses souvenirs, notamment les Noëls à la caserne, où le père Noël arrivait à la gare de train. “Un grand merci au personnel de la Ville d’avoir entrepris cette démarche pour qu’on se rappelle nos bâtisseurs. Mon père n’a jamais cessé de se former, d’apprendre pour protéger les citoyens et surtout pour la sécurité de l’équipe avec laquelle il partageait sa passion. Le fait que la salle de formation porte son nom, c’est un doux rappel. À cette époque, lorsque le système d’alarme était activé au coin d’une rue, ça sonnait dans la garde-robe de la maison. Il y a eu toutes sortes d’incendies, mais j’en garde le souvenir de l’implication hors pair de mon père. Merci à ceux qui continuent de tenir le flambeau”, a-t-elle partagé.

Le maire de Plessisville, Marc Morin, a expliqué que le comité de toponymie avait arrêté son choix sur ces deux hommes il y a de cela quatre ans. “Nommer la caserne et la salle de formation, ce n’est pas qu’un simple acte administratif. C’est une façon de dire haut et fort que certains engagements méritent d’être gravés dans la pierre. Que ces noms doivent continuer à résonner longtemps. En attribuant leurs noms à ces endroits, nous faisons le choix collectif de préserver leur mémoire et de transmettre leur héritage aux générations futures. C’est dans cet esprit que nous nous sommes réunis ce soir, pour honorer ceux qui nous ont précédés et pour rappeler à ceux qui portent aujourd’hui l’uniforme que leur sacrifice sera reconnu”, a mentionné M. Morin.

“Nous sommes aujourd’hui un service unifié et porteur d’une vision régionale pour la sécurité et la protection des citoyens. C’est donc au nom des dix villes et municipalités faisant partie du SSIRÉ que je me joins à cette initiative de désignation de la caserne et de la salle de formation, afin de mettre en lumière l’implication exceptionnelle de messieurs Bouffard et Godbout. Félicitations à Plessisville et merci aux membres des familles, il s’agit d’une désignation qui peut tous nous rendre fiers”, a ajouté le préfet de la MRC, Gervais Pellerin.