Le milieu communautaire souligne ses bons coups

Pour une 27e année, un déjeuner tenu au Carré 150 de Victoriaville a permis de souligner des bons coups, des réalisations marquantes relevant de différents organismes communautaires. Pas moins de 11 bons coups ont été mis en lumière devant plusieurs acteurs des milieux politique, socioéconomique et communautaire réunis dans le cabaret Guy-Aubert.

“Un bon coup, c’est plus que le succès d’un seul organisme, c’est le signe qu’une communauté peut encore se mobiliser, prendre soin d’elle-même et des autres. Ce matin, célébrons, mais surtout engageons-nous à faire en sorte que le communautaire ait les moyens de continuer à faire ce qu’il fait de mieux”, a lancé Marc-Antoine Breault, président de la Corporation de développement communautaire des Bois-Francs (CDCBF) et directeur général du Centre de prévention suicide Arthabaska-Érable.

La reconnaissance des bons coups, a-t-il poursuivi, doit également devenir un engagement. Le président de la CDCBF a d’ailleurs salué, dans le contexte du mouvement Le communautaire à boutte, l’appui unanime exprimé par le Conseil de la MRC d’Arthabaska envers les organismes communautaires.

“Cet appui signifie quelque chose de fort, comme quoi le communautaire constitue une force concrète, enracinée dans nos municipalités, présente auprès des citoyens et essentielle à la vitalité de notre territoire. Le communautaire est fier, créatif et résilient, mais il ne peut constamment être appelé à faire plus, plus vite et avec moins. Il ne peut être reconnu dans les discours, mais fragilisé dans les conditions réelles”, a-t-il fait valoir.

Marc-Antoine Breault a invité les élus, les partenaires et les institutions à continuer de travailler ensemble pour faire en sorte que “les bons coups que nous soulignons aujourd’hui ne reposent pas uniquement la débrouillardise et le dévouement exceptionnel des équipes, mais sur des conditions durables, structurantes et respectueuses de l’autonomie du communautaire”.

Pour sa part, la directrice générale de la CDCBF, Tania Fontaine a rappelé que le Déjeuner des bons coups constitue une précieuse occasion de reconnaissance de tout ce qui se vit sur le terrain. “C’est l’occasion de rendre visible cette impressionnante richesse  que représente le milieu communautaire. Une richesse qui ne se mesure pas toujours dans nos budgets. Aujourd’hui, on a l’occasion de démontrer tout ce qu’on peut faire avec peu. Mais imaginons ce que nous pourrions faire avec beaucoup”, a-t-elle exprimé.

Une nouvelle formule

L’an dernier, près de 30 bons coups avaient été soulignés. Depuis quelques années, la CDCBF reçoit de plus en plus d’initiatives à mettre en lumière. “Cela témoigne du dynamisme de notre réseau, de notre créativité, de notre capacité de répondre à des besoins qui évoluent rapidement et surtout de l’engagement profond envers les personnes que nous accompagnons tous les jours”, a-t-elle observé.

Pour continuer à faire rayonner les bons coups et à leur procurer la place qu’ils méritent, la formule a été revue. “L’objectif demeure de mettre en valeur le travail accompli, de raconter ce qui se cache derrière ces actions, de faire comprendre leur portée et de leur offrir une vitrine à la hauteur de l’énergie, du temps et de la passion investis, a expliqué Tania Fontaine. C’est ce qui nous a amenés à revoir la formule et à accorder du temps à chaque initiative.”

De plus, pour que la reconnaissance rayonne, qu’elle soit connue de la population, les organismes honorés feront l’objet d’une entrevue radiophonique à VIVA 101,9 FM et d’une émission spéciale à la Télévision communautaire des Bois-Francs.

La CDCBF avait confié au Théâtre Parminou l’animation de son événement placé sous le thème Gens de terrains, architectes de demain

“Ce thème illustre bien ce renouveau et ce que représente le milieu communautaire. Vous êtes là chaque jour au plus près des réalités vécues par les gens et vous faites bien plus que répondre à l’urgence du moment. Vous bâtissez, vous imaginez des solutions durables, développez des projets porteurs et contribuez à construire une communauté plus forte, plus inclusive et plus humaine pour demain. Merci d’être cette force vive de notre communauté, leur a dit Tania Fontaine. Merci aux partenaires d’être au rendez-vous année après année, de répondre aux appels lorsqu’on a besoin d’alliés, car on a besoin de plusieurs voix pour soutenir toutes les causes touchant nos milieux.”

Les bons coups

Le Déjeuner des bons coups a permis de reconnaître les actions de 11 organismes dans quatre catégories.

Parrainage civique des Bois-Francs, Aide et support aux aînés et la Maison des jeunes des Hauts-Reliefs ont été salués dans la catégorie Partenariat-collaboration.

Parrainage civique a tenu un premier Salon de l’inclusion à l’occasion de la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle (DI), un événement réunissant les organismes œuvrant auprès des personnes vivant avec une DI. “On a toujours à se faire connaître, à se faire voir davantage. Les besoins sont toujours là”, a confié Maryse Bouchard.

Aide et support aux aînés participe à une recherche-intervention sur trois ans avec le Centre collégial d’expertise en gérontologie du Cégep de Drummondville. “Une recherche sur la prévention du suicide chez les aînés. Il s’agir de voir comment on peut adapter aux aînés des outils conçus pour les jeunes”, a confié Marie-Claude Baril.

À la Maison des jeunes des Hauts-Reliefs, un comité a été formé dans lequel quatre jeunes sont impliqués depuis plus d’un an pour doter Ham-Nord d’un skateparc. “Les jeunes participent à toutes les étapes. Un bilan a été déposé en mars au conseil municipal et on est présentement en recherche de financement pour concrétiser le projet”, a fait savoir Marie-Lou Boisvert.

Dans la catégorie Expertise, Action Toxicomanie, le Bureau de lutte aux infections transmises sexuellement et par le sang (BLITSS) et le Comité d’accueil international des Bois-Francs (CAIBF) ont vu leur travail reconnu.

Action Toxicomanie a organisé un premier Sommet sur les saines habitudes de vie qui a réuni près de 250 personnes. “Nous sommes fiers. On a pu regrouper une grande qualité de conférenciers. Un deuxième sommet sera tenu à l’automne 2027”, a annoncé la coordonnatrice clinique Audrey-Ann Lecours.

Le BLITSS, pour sa part, afin de promouvoir les autotests de dépistage du VIH, a tenu une journée de distribution d’autotests et de dépistage sans rendez-vous. “Tout se faisait rapidement en moins de 10 minutes, sans tabou. On a pu rejoindre la population en général. C’était l’objectif”, s’est réjoui la directrice générale Mylène St-Pierre.

Avec son initiative Ici Homme, le CAIBF a pu, par le biais du sport (le soccer), aller à la rencontre d’hommes immigrants et ainsi créer un lien de confiance pour les inviter à des cercles de parole. “Pas moins de 33 hommes y ont participé et on a pu, dans trois cas, intervenir avant une crise majeure”, a souligné Stéphanie Wohlschlegel.

Pour la catégorie Impact significatif, les honneurs vont au Centre d’entraide Contact de Warwick, aux Cuisines collectives des Bois-Francs et à la Maison Le Coudrier.

Après la mise en place d’une banque alimentaire, d’un plateau de réinsertion sociale en transformation alimentaire et d’un resto économe, le Centre d’entraide Contact a procédé à l’ouverture de l’Épicerie Économie. “Toute la population y est invitée. On ne veut stigmatiser personne. On redonne de la dignité aux gens”, a fait remarquer la directrice générale Diane Lefort.

De leur côté, les Cuisines collectives des Bois-Francs ont initié un groupe inclusif destiné aux personnes autistes et vivant avec des limitations intellectuelles. “Les participants éprouvent un grand sentiment d’appartenance et de fierté. Ils y vont à leur rythme. C’est très valorisant pour eux”, a signalé Patricia Valois.

Et puis, quatre locataires de la Maison Le Coudrier ont vécu, du 18 au 25 avril, l’expérience d’un voyage à Punta Cana en République dominicaine. Un périple qui représentait un grand défi pour ces personnes vivant avec des limitations physiques importantes.

Enfin, Albatros Bois-Francs/Érable et Ô Rivage ont été salués dans la catégorie Rayonnement.

Les bénévoles de l’organisme Albatros, en vertu d’une entente avec l’Hôtel-Dieu d’Arthabaska, se rendent maintenant tous les jours de la semaine à l’hôpital pour accompagner des personnes en fin de vie. “Nous allons maintenant au-devant des gens plutôt que d’attendre d’être appelés. Parfois les mots ne sont pas nécessaires, une présence suffit”, a mentionné la coordonnatrice aux services, Natalie de Bellefeuille.

Quant à l’organisme Ô Rivage, qui œuvre en prévention des dépendances et dans la promotion des saines habitudes de vie, il a organisé un rallye pédestre pour permettre aux gens de briser l’isolement et de faire de l’exercice. “C’était beau de voir les gens se promener dans les rues de Plessisville et s’entraider à la recherche des réponses aux questions du questionnaire. Ça a aussi permis de faire découvrir notre organisme”, a observé le directeur général Anthony Pelletier, tout en confirmant le retour de l’activité en septembre vraisemblablement de concert avec d’autres organismes.