L’Arterre : un facilitateur pour l’accès aux terres agricoles
Au Centre-du-Québec, les aspirants-agriculteurs et les propriétaires de terres ou d’exploitations agricoles peuvent compter sur les services gratuits et confidentiels de l’Arterre et de ses deux agents de maillage dont le but est de les accompagner et les jumeler.
Sarah Parent et Shawn Paré sont ainsi, depuis un peu plus d’une année, à la barre de cet organisme à titre de conseillers et se veulent des facilitateurs dans des processus qui sont souvent complexes et délicats. L’Arterre, comme l’indique sa mission, privilégie l’établissement de la relève et la reprise de fermes qui n’ont pas de relève identifiée afin d’assurer la pérennité des entreprises et du patrimoine agricole au Québec et du Centre-du-Québec aussi.
Si le duo est basé à Victoriaville, il couvre toutefois les cinq MRC de la région administrative. Les deux ont de l’expérience dans le domaine agricole et connaissent ainsi les réalités des deux côtés (aspirant ou propriétaire). Leur rôle est d’accompagner les aspirants agriculteurs ou les propriétaires et initier des maillages entre eux pour une suite qui répondra aux besoins et attentes des deux parties.
Il ne faut donc pas hésiter à faire appel à leur expertise. Ils sauront guider les candidats dans les dédales du transfert, d’une vente ou location de terre et diriger vers les organismes compétents si nécessaire. Il s’agit d’une démarche qui peut s’étendre sur une certaine période de temps, mais qui permet des jumelages souvent réussis. “Nous ne sommes pas une agence de rencontre ni un agent d’immeuble”, lancent-ils.
Ils suivent un processus rigoureux et bien établi qui leur permet de mieux connaître les participants candidats à la démarche et ainsi faire en sorte que le maillage soit un succès. “On pose beaucoup de questions. Il faut donc créer un lien de confiance”, indique Sarah en ajoutant qu’il faut aussi avoir une certaine curiosité et surtout être passionné d’agriculture.
Les deux répondent aux critères et sont ainsi en mesure d’accueillir les parties en cause, vérifier la qualification, identifier des jumelages potentiels, préparer des visites et des discussions, soutenir lors de la détermination des conditions de l’entente avant la rédaction de celle-ci. Tout cela mène à un jumelage réussi, dont le suivi sera assuré.
Pour les aspirants-agriculteurs, l’Arterre vient les aider à établir vers quoi ils doivent tendre et les moyens d’y arriver. On le sait, le prix des terres agricoles est de plus en plus élevé et il faut avoir en main tous les outils disponibles pour parvenir à une location, un achat ou encore un transfert. “Chaque histoire est unique et nous ne sommes pas là pour juger des projets”, soulignent Sarah et Shawn.
Ils bénéficient du soutien d’un large bassin d’intervenants ou de conseiller qui viennent appuyer le processus, que ce soit en ce qui concerne la relève, la gestion, le transfert, le développement agroalimentaire, le financement, le notaire ou le fiscaliste. Bref, une banque solide de gens qui visent tous la réussite du changement de main des terres agricoles de la région.
Des tendances
Si des tendances façonnent parfois les demandes, à l’Arterre Centre-du-Québec on remarque actuellement qu’il y a davantage d’aspirants qui visent la production laitière. Et de l’autre côté, on retrouve plus d’offres de maraichage et d’horticole que de demandeurs. Pour assurer un bon jumelage, l’équipe a accès à une base de données et peut ainsi faire des recherches selon différents critères afin de trouver le match parfait. “Pour cela, il faut que les gens nous parlent de leurs valeurs, besoins et attentes”, font-ils savoir.
Pour ce qui est des propriétaires terriens, une rencontre en personne est nécessaire afin de visiter les lieux et discuter de ce qu’on espère pour la suite. Du côté de l’aspirant, cette première rencontre pourra se faire par téléphone ou encore par visioconférence, mais peu importe de quel côté on se retrouve, plusieurs étapes devront être franchies avant d’obtenir un résultat. Cela peut peut-être faire hésiter quelques impatients, mais au final, ça bénéficie aux deux côtés.
Il s’agit quand même d’un gros investissement et des efforts de toute une vie, bien souvent. “Et quand il n’y a pas de jumelage, ça mène ailleurs”, dit Shawn avec philosophie. “Il y aura donc du positif même si le résultat n’est pas celui espéré”, ajoute Sarah.
Qu’il s’agisse donc d’un achat, d’une location avec option d’achat ou d’un partenariat ou d’un transfert, il faut trouver la meilleure solution pour tout le monde. “On sème des graines et des fois des germes poussent. C’est un processus”, renchérit Sarah. Il suffit de les contacter afin de se lancer dans la démarche de l’Arterre. Cela bien accompagné par des gens passionnés, patients et qui désirent seulement que les terres agricoles continuent d’être exploitées. “Pour garder un milieu rural fort”, résument-ils.
