L’AEM en visite chez GRYB à Victoriaville

En compagnie du député fédéral de Richmond-Arthabaska, Eric Lefebvre, l’Association of Equipment Manufacturers (AEM), représentée par son directeur des relations gouvernementales, Alexandre Mattard-Michaud, a fait une halte, mercredi après-midi, à l’entreprise GRYB du boulevard Pierre-Roux Est à Victoriaville.

Fabricant d’accessoires pour équipements lourds destinés aux secteurs de la construction, de la démolition, de la foresterie, du déneigement, de l’exploitation minière et de la manutention, GRYB fait partie de l’AEM depuis huit ans.

“C’est impressionnant tout ce qui est fabriqué, ici, a exprimé le représentant de l’AEM lors de la visite d’usine. GRYB est un atout pour la région. Son apport est considérable et nous sommes très heureux de l’avoir comme membre actif de notre association. C’est l’un de nos joueurs les plus en vue, les plus dynamiques au Québec.”

L’AEM compte au-delà de 1100 membres en Amérique du Nord, dont 148 au Canada et 35 au Québec. Elle couvre cinq secteurs : l’agriculture, la construction, les mines, la foresterie et les équipements utilitaires. “Nous représentons les intérêts de nos membres. On veut s’assurer qu’ils soient entendus par nos élus de tous les ordres de gouvernement, municipal, fédéral, provincial afin de dynamiser, de contribuer au succès de l’industrie manufacturière québécoise et canadienne. Nous agissons pour faire valoir les  intérêts de nos membres, montrer comment l’industrie est importante à l’économie canadienne pour assurer l’avenir, la prospérité du pays”, a expliqué Alexandre Mattard-Michaud.

Au Canada, l’industrie de la fabrication d’équipements représente plus de 150 000 emplois et contribue pour 18 milliards de dollars à l’économie.

GRYB

L’entreprise a construit ses installations actuelles en 2015. Depuis, le bâtiment a été agrandi à deux reprises en 2018 et 2021.

GRYB a aussi des points d’ancrage en Ontario et aux États-Unis où elle compte deux usines. “Nos usines de fabrication se situent au Québec, en Ontario et aux États-Unis, mais on vend à travers l’Amérique du Nord, notre principal marché. Nous touchons aussi à l’Australie, l’Angleterre, l’Irlande et un peu en Amérique du Sud”, indique le vice-président aux ventes, Jason McNeil.

GRYB emploie quelque 350 personnes au Québec, dont 105 à Victoriaville, une cinquantaine en Ontario et 160 aux États-Unis.

GRYB ne prévoit pas d’investissements à Victoriaville pour le moment. “Avec une superficie de 80 000 pieds carrés, nous disposons de l’espace nécessaire pour répondre à la demande et faire face à la croissance anticipée”, a confié Dany Perreault, le directeur général en poste depuis six mois.

“Et cette croissance passera beaucoup par l’efficacité dans les prochaines années”, a renchéri le vice-président des ventes, Jason McNeil, reconnaissant que la dernière année a été difficile. “Mais on s’attend à ce que le marché s’améliore et reprenne de la vigueur dans les prochains six mois, a-t-il estimé.

On s’attend à une meilleure année et on espère que les investissements que fait le gouvernement canadien se traduiront par des besoins en équipements. Pour GRYB, on prévoit encore une croissance pour plusieurs années.”

L’entreprise, a-t-il ajouté, devra devenir plus technologique afin de faciliter la production et assurer une livraison plus rapide.  “Le délai de livraison constitue un enjeu pour nous et nos clients, a-t-il dit. Les clients veulent leurs équipements le plus rapidement possible. On a quand même un bon inventaire pour subvenir aux besoins.”

Pour en arriver à livrer le même produit avec la même qualité dans un temps raccourci, la solution, selon Dany Perreault, passe par l’amélioration du design des produits existants et l’amélioration continue.

L’entreprise doit aussi tenter de se projeter dans le temps, à savoir quels seront les besoins dans 10 ans, les nouvelles technologies et les nouveaux matériaux.

GRYB a la chance de pouvoir compter sur les entrepreneurs locaux. “La beauté de la chose, c’est qu’on a des gens capables de tester nos équipements, a signalé le directeur général. On demande aux entrepreneurs de la région de les tester et de nous livrer leurs commentaires. Ce travail en équipe avec les gens de Victoriaville est très important.”

Main-d’œuvre

La question de la main-d’œuvre demeure un défi pour une entreprise comme GRYB qui doit investir dans le recrutement international. “La question des permis de travail n’est pas un enjeu pour nous en ce moment, mais ça le deviendra avec la croissance qu’on prévoit”, a fait savoir Jason McNeil.

À cela, le député Eric Lefebvre dit prôner le droit acquis. “Il ne fait aucun sens de devoir renvoyer des travailleurs étrangers qui sont plutôt des travailleurs économiques qui contribuent à la vie d’ici”, a-t-il plaidé.

Dany Perreault souligne aussi l’importance du recrutement à l’extérieur et le recours à des firmes pour le faire.

Les gens de GRYB sont aussi bien conscients de l’importance de bien intégrer les travailleurs. “Nous avons un club social qui organise les activités, comme la pêche aux poissons des chenaux. Ça leur permet de socialiser. Ils ont un attachement à l’entreprise, ils portent le chandail GRYB”, observe Dany Perreault.

Les entreprises de la région s’arrachent aussi la main-d’œuvre disponible, de sorte qu’elles doivent s’assurer d’offrir de bonnes conditions. “Il faut faire en sorte que les gens soient heureux et qu’ils évoluent dans un environnement sécuritaire. La santé et la sécurité constituent une priorité pour GRYB”, a soutenu le DG.

Les tarifs douaniers

La question des tarifs douaniers a bien sûr été soulevée lors des échanges. Les tarifs affectent GRYB, mais aussi les Américains, fait remarquer Jason McNeil. “Une de nos deux usines aux États-Unis ressent plus les impacts des tarifs que certaines de nos usines au Canada. Il y a de la pression là-bas”, a-t-il noté, ajoutant toutefois que, tarifs ou non, il est plus difficile pour GRYB  de compétitionner aux États-Unis.

Pour le député de Richmond-Arthabaska, il importe de s’unir. “Présentement, c’est important qu’on travaille ensemble. On veut essayer de collaborer pour qu’on puisse avancer ensemble. Nos meilleurs alliés, a-t-il précisé, ce sont les entrepreneurs américains parce qu’ils vivent aussi des impacts.”

À la question du député Lefebvre à savoir si, dans le contexte actuel avec les voisins du sud le marché canadien s’était ouvert un peu plus pour GRYB, Dany Perreault a répondu que ça ne se voyait pas encore. “Mais, pour y remédier, nous ajoutons un représentant dans le Grand Toronto. Cette personne va entrer en poste sous peu”, a-t-il fait savoir.

Il faut savoir cependant que le marché canadien est très compétitif. “GRYB a beaucoup de compétition à l’intérieur même du Canada. Peu d’Américains d’ailleurs entraient sur le territoire, car la compétition est vraiment forte à l’intérieur du pays, constate Jason McNeil. Et au Québec, des manufacturiers de godet, il doit y en avoir 20. On ne manque pas de compétition. Mais nous sommes le plus important joueur.”

Une entreprise qui fait la fierté de la région, exprime le député Eric Lefebvre. “J’ai vu la progression de GRYB, une belle entreprise que j’ai vu grandir avec beaucoup de fierté. Je la cite souvent en exemple dans la région”, fait-il valoir, tout en saluant l’engagement de la communauté d’affaires de la région, comme GRYB qui s’est impliquée dans le complexe sportif au Collège Clarétain.

“Notre communauté d’affaires est généreuse de son argent et de son temps d’implication, ce qui fait que nous sommes une communauté d’exception”, a-t-il ajouté, tout en rappelant les 14 M $ amassés en un an et demi dans le milieu et qui a mené à l’important projet d’agrandissement et de modernisation de l’Hôtel-Dieu d’Arthabaska, un projet de près de 400 M $.

“On a une force vive ici et c’est cette force-là aussi qu’on retrouve à l’intérieur des entreprises”, a-t-il conclu.