La Station récréotouristique du Mont Adstock à vendre

La Cour supérieure du Québec a approuvé, le lundi 7 juillet, une procédure de sollicitation d’investissements et de vente des actifs de la Coopérative de solidarité récréotouristique du Mont Adstock. L’objectif est de trouver un acquéreur qualifié et motivé par l’achat de la station et son développement futur, tout en maintenant les opérations. 

La coopérative a déposé, le 7 mai dernier, un avis d’intention de faire une proposition à ses créanciers. Elle a mandaté la firme Lemieux Nolet inc., un syndic autorisé en insolvabilité, pour l’accompagner. L’organisation fait face à une dette avoisinant les 10,5 millions $ et compte environ 75 créanciers, parmi lesquels figurent Investissement Québec, Desjardins ainsi que plusieurs entreprises ayant participé à la construction du nouveau chalet d’accueil. L’infrastructure est d’ailleurs visée par deux hypothèques légales totalisant plus de 725 000 $.

Le financement du chalet d’accueil et l’acquisition du club de golf ont généré à eux seuls une dette de 8 millions $ que la coopérative devra commencer à rembourser dès 2027. Actuellement, les fonds générés ne suffisent pas à couvrir ses obligations financières.

La Cour supérieure du Québec a également entériné une entente d’achat et de vente de type “Stalking Horse”, conclue le 2 juillet dernier entre la coopérative et la Compagnie des montagnes de ski du Québec inc. Cette offre servira de proposition de référence dans le cadre du processus de sollicitation. Le prix plancher pour l’acquisition des actifs a été établi à 1,4 million $.

Les acquéreurs potentiels devront satisfaire à plusieurs critères, notamment posséder une expérience dans l’exploitation d’une ou plusieurs activités offertes par la station récréotouristique. Ils auront également l’obligation de garantir l’accès du site aux membres de la coopérative ainsi qu’à la communauté régionale, en proposant notamment un accès aux lieux et aux activités contre le versement d’un tarif raisonnable à taux préférentiel.

De plus, les offrants devront s’engager à conserver la station récréotouristique dans son intégralité, tant à court, moyen qu’à long terme, ainsi qu’à investir les fonds nécessaires pour assurer le maintien et le développement des activités proposées, notamment le ski alpin, le ski de fond, le ski hors-piste, le ski de randonnée alpine, le golf, la randonnée pédestre, le vélo de montagne et la restauration.

Enfin, ils devront honorer et poursuivre, dans la mesure du possible, les ententes conclues avec les fournisseurs, dans une perspective de continuité des activités de la station avec ses partenaires commerciaux.

Les promoteurs intéressés ont jusqu’au 6 août, 16 h, pour soumettre une offre au syndic en insolvabilité. Un processus de négociation est prévu et une entente finale devra être conclue au plus tard le 29 août.

“Nous suivons le plan établi dès le départ. Les gens intéressés à acquérir la station récréotouristique auront environ un mois pour se positionner. Nous ne partons toutefois pas de zéro puisqu’un offrant a déjà collaboré avec nous à la préparation de l’appel de propositions. Actuellement, les activités sur place ne sont pas compromises. Le processus suit son cours. J’ai bon espoir que la démarche permettra de sauver la montagne”, a mentionné le syndic Martin Poirier.

Pour sa part, le maire d’Adstock, Pascal Binet, affirme que la Municipalité a la volonté de soutenir une éventuelle reprise des actifs de la coopérative. “Nous militons pour le maintien et la pérennité du site. Sur le plan économique, la station récréotouristique est un moteur important pour toute la région.”

Du point de vue personnel, il aurait préféré que l’organisation bénéficie d’une subvention pour financer la construction du chalet d’accueil, plutôt que d’obtenir un prêt remboursable d’Investissement Québec. “Comme je l’ai déjà dit, le modèle actuel ne fonctionne pas. Une autre option est présentement à l’étude par le syndic et la Municipalité entend soutenir ses démarches.”

Il estime qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter d’une fermeture imminente. “En ce moment, il y a une prise en charge par le syndic pour trouver des solutions et la volonté est claire de conserver l’intégralité des activités autour de la station. Si ce n’était pas le cas, je serais le premier à monter aux barricades. En tant que maire, je ne pourrais pas accepter un démantèlement.”