La région n’échappe pas à la crise anticipée dans le secteur agricole 

La Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec s’inquiète des résultats alarmants d’un récent sondage de l’UPA sur les conséquences de l’inflation, de l’augmentation des coûts de production et de la flambée des taux d’intérêt sur la situation financière des fermes québécoises. 

« Les résultats du sondage confirment que l’agriculture est plus impactée que d’autres secteurs par le contexte économique défavorable et que l’horizon s’assombrit pour un nombre grandissant de fermes, plus particulièrement les entreprises en démarrage. Il n’est pas trop tard, mais il y a urgence d’agir », a déclaré le président général de l’UPA, Martin Caron. 

« Notre région n’échappe pas à la crise en devenir dans le secteur agricole. À l’instar des gouvernements du Québec et du Canada, nos élus régionaux ont peu réagi jusqu’à maintenant face aux difficultés rencontrées par nos entreprises agricoles. Cette nonchalance, toutes formations politiques confondues, doit cesser immédiatement. L’avenir alimentaire des Québécoises et des Québécois est à leur portée », a ajouté le président de la Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec, Daniel Habel. 

L’augmentation du coût des intrants de production (+27,9%) a été près de trois fois supérieure à l’inflation (+11,8%) entre janvier 2020 et septembre 2022. La hausse importante et rapide des taux d’intérêt, depuis janvier 2022, a quant à elle aggravé de beaucoup la situation. En raison de leur endettement plus élevé, les jeunes de la relève risquent d’être parmi les plus affectés par cette flambée des taux. 

L’impact des augmentations est sans équivoque. Selon les 3675 productrices et producteurs de partout au Québec ayant répondu au sondage de l’UPA le mois dernier, deux entreprises agricoles sur dix rapportent déjà une mauvaise ou très mauvaise santé financière (0-5 ans : près de trois sur dix), près de cinq fermes sur dix anticipent une détérioration de leur situation au cours des douze prochains mois et une ferme sur dix prévoit même fermer définitivement ses portes dans l’année qui vient. 

Au Centre-du-Québec, 14% des entreprises agricoles (448 entreprises) ont répondu au sondage et la situation n’est guère plus reluisante. À témoin, 58% des entreprises interrogées dans la région dénotent que la santé financière de leur entreprise est soit très mauvaise, mauvaise ou moyenne et 52% des entreprises répondent que leur situation financière s’est détériorée depuis les trois dernières années. Plus du tiers des entreprises de la région ont un solde résiduel négatif à la fin de l’année. Les principaux obstacles financiers rencontrés dans la région sont la hausse du prix des intrants, la hausse des taux d’intérêt et les baisses de prix de marché. Malgré cela, près du deux tiers des entreprises au Centre-du-Québec ont une relève potentielle identifiée sur leur ferme. La relève veut reprendre le flambeau, mais à quel prix? 

Ajoutons que le resserrement tous azimuts de la réglementation agroenvironnementale, malgré les nombreux progrès accomplis ces dernières décennies, est mal venu dans le contexte actuel. Le projet d’omnibus réglementaire modifiant 24 règlements, dont le Règlement sur les exploitations agricoles accentue indûment une pression déjà insoutenable pour un nombre grandissant d’entreprises. « Le resserrement excessif de la réglementation agroenvironnementale, au moment où la pérennité de plusieurs entreprises agricoles est compromise, ajoute une pression considérable sur les épaules d’agricultrices et d’agriculteurs qui se questionnent déjà sur leur avenir », a conclu le président de la Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec, Daniel Habel.